Un chef d’Etat sui generis

Le Pape, combien de divisions, s’était interrogé ironiquement Joseph Staline dont la religion était le…rapport de force. Ce que le plus célèbre de dirigeants soviétiques n’a voulu relever, c’est que l’homme fort du Vatican n’est pas que le chef de l’Eglise catholique romaine. Le Pape est aussi un chef d’Etat. Cette deuxième soutane (que dis-je- casquette) charrie une logique protocolaire inhérente au ministère des  princes de ce monde. Ce qui, au regard de la triple vocation -prophétique, missionnaire et évangélique – du premier des dignitaires religieux catholiques, n’est pas sans provoquer quelques tiraillements dans la personne même du Souverain pontife.

Ainsi, le pasteur XXL appelé à prêcher la vérité à temps et à contretemps se voit-il obligé de tenir compte des us et coutumes diplomatiques lorsqu’il est en visite hors Vatican. Une dualité qui amène parfois- c’est un euphémisme – à l’équilibrisme synonyme pour certains du grand écart.

Comment trouver le mot et le ton juste pour à la fois dénoncer la mauvaise gouvernance et ménager les auteurs de celle-ci? Comment plaider la cause des citoyens d’en bas sans que les citoyens d’en haut ne s’en trouvent stigmatisés?

En une expression, comment ménager la chèvre et le chou ? Pas facile. Pas évident.

Historiquement, il est des papes qui sont allés outre le  » diplomatiquement correct » pour en appeler ouvertement au changement de régime. C’est le cas de Jean- Paul II avec son  » N’ayez pas peur » du début de pontificat en 1978. Le successeur de l’éphémère Jean- Paul 1er donnait ainsi le « la » de sa croisade contre l’ordre communiste qui régnait en Europe de l’Est en ce compris dans la très catholique Pologne, son pays d’origine. On connaît la suite.

En l’espèce, comment François connu pour être un pape iconoclaste, particulièrement porté sur les pauvres va articuler son discours en terre rd congolaise, laboratoire s’il en est, de tout ce qu’on peut imaginer en termes de disparités sociales et sociétales? Va-t-il emprunter au logiciel « progressiste » des évêques rd congolais comme feus Malula, Kabanga, Monsengwo ? Ou même au franc légendaire de l’actuel primat de l’Eglise catholique locale Fridolin Ambongo?

Comment le Souverain pontife va consoler les Congolais victimes d’agression incarnée par certains voisins dont le Rwanda ? Va-t-il appeler un chat un chat ou se retrancher derrière la realpolitik en usant du langage diplomatique ? Dilemme quasi cornélien pour le chef suprême des catholiques. Sacré exercice pour François.   José NAWEJ

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