Des chefs religieux s’engagent à lutter efficacement contre l’esclavage moderne

Des chefs religieux congolais ont signé, le vendredi 11 mars, une déclaration mondiale pour marquer leur engagement à lutter collectivement contre toutes les formes d’esclave moderne. C’était au cours d’une cérémonie organisée par Global Freedom Network (le réseau mondial pour la liberté) qui est une branche confessionnelle de l’organisation internationale des droits de l’homme Walk Free.

Plusieurs leaders religieux congolais ont apposé leurs signatures sur cette déclaration conjointe. Il s’agit notamment du deuxième vice-président l’Eglise du Christ au Congo (ECC), le Revend docteur Milenge Mweneluata, de l’évêque général Dodo Kamba, président des églises de réveil du Congo, d’Abdallah Mangala et de bien d’autres religieux.

Pour ces religieux, il sera question, après la signature de cette déclaration, de véhiculer, à travers les prédictions, plaidoyers et autres moyens de communication, le message pour l’éradication de ce fléau au sein de la société congolaise.

«C’est un devoir que nous nous sommes donnés en âme et conscience, afin d’éradiquer ce fléau qui gangrène, détruit notre société. Nous allons user de tous les moyens à notre disposition pour véhiculer le message contre toutes les formes de l’esclavage moderne. Nous allons passer par la communication, la vulgarisation pour interpeller et dénoncer les gens qui sont dans ces genres de pratique. Nous allons travailler avec les services de sécurité et la justice. Nous allons passer par nos prédications. Nous allons aussi utiliser des affiches à travers les grandes artères pour véhiculer ce message. Nous pensons que de cette façon-là, nous allons éradiquer ce fléau», a déclaré l’évêque Dodo Kamba, au cours d’une conférence de presse, organisée juste après la signature de la déclaration.

Cette rencontre était l’occasion de lancer l’application pour smartphone «Faith For Freedom « (la foi pour la liberté). Cette application Téléchargeable gratuitement sur l’App Store et Play Store a été développée en collaboration avec des chefs religieux pour les aider à lutter contre l’esclavage moderne dans leurs communautés et congrégations respectives.

Présente à cette cérémonie, la coordonnatrice de l’Agence pour la Prévention et la Lutte contre la Traite des Personnes (APLTP), Cécile Rébecca à Méta Kasanda, a souligné l’importance qu’accorde la RDC à la lutte contre la traite des personnes et toutes les formes d’esclavagisme moderne.

quid de l’esclavage moderne?

«La cérémonie de ce jour s’inscrit dans le cadre de ce que notre agence est appelée à faire. Nous remercions Mme Franca Pellegrini, directrice du Global Freedom Network, pour avoir pensé à organiser cette activité qui nous permet d’entrer en contact direct avec les leaders religieux qui comptent parmi les acteurs de première ligne qui sont en contact avec les victimes», a-t-elle déclaré.

Mme Rébecca Meta définit l’esclavage moderne, aussi appelée la traite des personnes, comme le fait de recruter, de transporter, d’héberger des personnes ou d’exercer un contrôle, ou une influence sur leur mouvement afin de les exploiter personnellement ou de les faire exploiter par des tiers afin de trouver un profit financier. Généralement, soutient la coordonnatrice de l’APLTP, cette exploitation tend plus à des fins sexuelles ou de travail forcé.

Pour elle, de toutes les formes d’esclave moderne, la RDC est championne en exploitation sexuelle, en mendicité forcée, en travail forcé, en mariage forcé, en utilisation des enfants dans les groupes armés, en la vente d’organes et l’esclavage domestique.

hAlte à l’exclavage domestique

«J’insiste sur l’esclavage domestique. Les domestiques que nous avons à la maison n’ont pas de contrat de travail. Le temps de travail n’est pas précisé. Leur salaire est insignifiant. Ils travaillent 24 jeunes sur 24 heures. Nous sommes tous trafiquants de traite de personnes. C’est pourquoi, nous avons commencé la campagne contre la traite des personnes. Il y aura bientôt une loi spéciale sur la traite des personnes en RDC», a-t-elle indiqué.

«Des chefs religieux occupent une position de premier plan et sont bien placés pour mener la lutte contre l’esclavage moderne dans leurs communautés. La philosophie de Global Freedom Network est fondée sur la collaboration interreligieuse. Nous sommes honorés d’être ici aujourd’hui avec des chefs religieux de tant de religions, et de toute la RDC. Global Freedom Network est extrêmement conscient que la pauvreté et les inégalités étaient les forces motrices de nombreuses formes d’esclavage moderne. Elle a déclaré qu’à cause de cela, les pays qui se remettent de la guerre et de l’instabilité, comme la RDC, sont confrontés à une lutte beaucoup plus difficile contre de tels crimes», a indiqué Franca Pellegrini directrice de Global Freedom Network.

C’est en 2014 que le pape François et le grand ayatollah Taqi al-Modarresi se sont joints à d’autres chefs religieux de nombreuses grandes religions du monde pour déclarer que l’esclavage moderne doit être éradiqué.

Branche confessionnelle de Walk Free, Global Freedom Network est un réseau qui met en place une coalition de chefs religieux pour accélérer la fin de l’esclavage moderne. Walk Free croit que les chefs religieux peuvent être un pont entre les victimes et les forces de l’ordre, les travailleurs sociaux et les groupes de soutien aux victimes ainsi que les acteurs politiques. Orly-Darel NGIAMBUKULU

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