Félix Tshisekedi réussit progressivement le pari de sortir le pays de l’isolement diplomatique

*  » Il suffit de voir les visites diplomatiques qu’enregistre le pays actuellement pour s’en rendre compte », souligne le professeur Franck Nyongolo.

* Il recommande aux décideurs politiques d’éviter de développer une diplomatie orientée vers un seul coin du monde, l’Occident, au mépris de l’Orient.

* La reconnaissance de la RDC comme pays solution à la Cop26 et l’inscription de la Rumba à l’Unesco, constituent deux grands succès diplomatiques à l’actif de Fatshi.

Le 24 janvier, le président Felix-Antoine Tshisekedi totalise trois ans à la tête du pays. Dans son discours d’investiture du 24 janvier 2019, le chef de l’Etat congolais a décliné sa vision en termes des priorités. Dans le domaine de la diplomatie, des promesses ont été faites. Loin d’entrer dans le « qu’est ce qui a été fait, qu’est ce qui n’a pas été fait », façon Zairo-congolaise, nous avons été au département des Relations internationales de l’Université de Kinshasa pour avoir une lecture scientifique du ballet diplomatique de Félix-Antoine durant ce triennal.

Pour les internationalistes interrogés, le Félix Tshisekedi réussit progressivement le pari de sortir le pays de l’isolement diplomatique. Pour le professeur Franck Nyongolo Ngandu, enseignant d’Histoire diplomatique, la diplomatie congolaise est actuellement au sommet. En témoigne, soutient-il, le nombre de visites diplomatiques qu’enregistre actuellement le pays.

« Aujourd’hui, la RDC est en train de rayonner. Parmi les indicateurs du rayonnement diplomatique d’un Etat figure le nombre des visites officielles qu’il enregistre. Combien de visiteurs, combien de chefs d’État et d’officiels avons-nous reçus ces derniers temps dans notre pays ! Chaque mois, nous avons de la visite, pas de moindre. C’est un indicateur criant d’une diplomatie au sommet. Peut-être que le commun de mortels ne le comprend pas. Mais nous qui sommes enseignant de relations internationales devrions bien préciser les choses. Aujourd’hui, le Congo est revenu sur la scène internationale grâce à cette diplomatie agissante du chef de l’État. Aujourd’hui, nos ambassades à travers le monde deviennent de plus en plus respectées. Je le dis comme scientifique que le pays est en train de décoller actuellement sur le plan diplomatique tant au niveau international que régional« , a-t-il fait remarquer.

« RECONNAISSANCE COMME PAYS SOLUTION ET L’INSCRIPTION DE LA RUMBA CONGOLAISE », DEUX GRANDS SUCCÈS DIPLOMATIQUES

Parlant du travail qui a été réalisé concrètement, ce spécialiste de la diplomatie sportive et culturelle a affirmé qu’au-delà des visites des officiels, actuellement la RDC est présente dans tous les grands rendez-vous diplomatiques à travers le monde. Parmi les résultats palpables obtenus, il a  cité la reconnaissance de la RDC comme « pays solution » à la Cop26, par la communauté internationale, et l’inscription de la « Rumba congolaise » au patrimoine immatériel de l’Unesco.

« Aujourd’hui la diplomatie congolaise est au rendez-vous de différents sommets diplomatiques. La Rumba congolaise est inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco. C’est un succès diplomatique de notre pays. En relations internationales, la musique est un moyen de visibilité d’un État, autant que la langue et les autres instruments. Bref, la diplomatie sous Félix Tshisekedi a connu beaucoup d’ascensions même si beaucoup reste à faire« , a-t-il indiqué.

Critiquant la diplomatie déployée par le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi durant ces trois années à la tête du pays, le professeur

Franck Nyongolo Ngandu a fustigé une diplomatie centrée sur un coin du monde, l’Occident, au détriment de l’Orient qui a fait ses preuves dans le développement de plusieurs nations.

NON A UNE DIPLOMATIE ESSENTIELLEMENT TOURNÉE VERS L’OCCIDENT

« En Relations internationales, aucun ne peut se développer seul ou vivre dans l’autarcie. Les États ont besoin de rester dans ce que nous appelons la symbiose internationale. Mais cette symbiose dépend des axes prioritaires. Comme scientifique, ce que nous constatons comme les faiblesses de la diplomatie déployée par le chef de l’État actuel est que c’est une diplomatie axée, orientée sur un seul coin du monde. Une diplomatie tournée beaucoup plus vers l’Occident que l’Orient. Aujourd’hui, nous sommes dans un système international très ambigu, dans une multipolarité. Se focaliser sur un seul coin et négliger les autres peut être considéré que comme un mépris. On ne sait pas d’où proviendrait le salut du pays. Il faut savoir comment renouer avec tous les partenaires. Nous sommes dans la mondialisation. Je ne minimise pas l’Occident, mais ne minimisons pas non plus l’Orient. Aujourd’hui beaucoup d’État  se développent aussi avec l’appui de l’Orient« , a-t-il souligné.

UNE DIPLOMATIE DE PAIX ET DE DÉVELOPPEMENT

Pour le chef des travaux au département des Relations internationales et enseignant de Sociologie du conflit, Alain-Bernard Nseka Lilolo-Mata-Nseka, le président Felix Tshisekedi a, durant les trois années à la tête du pays, déployé une diplomatique de paix et de développement, avec en toile de fond la vision de sortir le pays de l’isolement diplomatique.

Plaçant un bémol, ce scientifique pense que l’approche diplomatique de paix et de développement développée par le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi durant ces trois années à la tête du pays doit se conjuguer avec la prudence et le travail de renforcer notre sécurité interne, gage du développement économique.

« Ça n’engage que moi. Comme scientifique, je pense que c’est une diplomatie de paix et de développement. La guerre n’amène nulle part. Il faut promouvoir une diplomatie de paix tout en étant prudent et résoudre les problèmes.

Parce qu’en relations internationales, l’allié d’aujourd’hui, c’est l’ennemie de demain. Tout en prônant une diplomatie de paix, nous devons aussi nous préparer car, dit-on, qui veut la paix prépare la guerre. C’est un principe de Relations internationales. Améliorons notre sécurité interne car la sécurité externe et le développement sont intimement liées à elle« , a-t-il indiqué.

Le CT Alain-Bernard Nseka Lilolo-Mata-Nseka pense qu’il n’est pas une erreur diplomatique que le président Félix-Antoine Tshisekedi puisse faire du Rwanda et de l’Ouganda, autrefois pays agresseurs, des alliés aujourd’hui pour éradiquer la présence des rebelles des ADF dans la partie Est du pays. Il appelle juste les autorités sécuritaires congolaises à redoubler de prudence et à renforcer la sécurité intérieure et extérieure.

UNE PUISSANCE DOUCHE, LE SOFT POWER

Dans les recommandations, le professeur Franck Nyongolo Ngandu estime qu’il est plus que temps pour la RDC de devenir une puissance douche, le « soft power« . Pour ce faire, martèle-t-il, le pays doit faire un diagnostic rigoureux de ses atouts et vendre une image attractive d’elle sur la scène internationale.

« Aujourd’hui, nous avons besoin de devenir une puissance douche. Pour le devenir, le Congo doit  vendre une image positive sur la scène internationale, une image attractive en attirant les investisseurs et en mettant l’accent sur les secteurs clés de la vie qui étaient jadis négligés, entre autres, le sport et la musique. On vient de faire le tirage au sort des éliminatoires. Si le Congo passe pour aller à la phase finale de la Coupe du monde, il va vendre son image positive sur la scène internationale. C’est de cette manière-là qu’on deviendra non pas une puissance coercitive, mais une puissance sympathisé, une puissance douche, qu’on appelle en relations internationales, le soft power« , a recommandé le professeur Franck Nyongolo.

Pour conclure, ce professeur des Relations internationales demande aux décideurs politiques d’associer l’élite intellectuelle dans la conférence diplomatique qui va se tenir au mois de février prochain à Kinshasa pour réfléchir sur comment contraindre les puissances économiques mondiales à respecter le principe de « pollueur payeur » et sur comment utiliser les atouts naturels de la RDC comme outils géopolitiques et géostratégiques.

« Aujourd’hui, dans la dimension géostratégique, le Congo est considéré comme un pays solution dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cela signifie qu’on ne peut jamais aujourd’hui parler des questions environnementales, sans citer la RDC et le Brésil. Aujourd’hui, nous sommes dans ce qu’on appelle l’internationalisation du fleuve Congo. Le Congo doit secourir les États de l’Afrique du Nord avec ses eaux. Si nous capitalisons cette coopération avec beaucoup plus de rationalité, c’est le Congo qui en sort gagnant. Car, nous entrons dans une nouvelle forme guerre en relations internationales. La guerre frontale est en train de disparaître. Nous partons vers une nouvelle configuration des relations internationales. Dans ce qu’on appelle aujourd’hui la diplomatie du robinet, la diplomatie liquide, qui met l’accent aux questions liées à l’eau, le Congo en sort gagnant parce qu’il a de l’eau partout », a-t-il insisté.

Orly-Darel NGIAMBUKULU

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