Ceni : l’impasse est totale !

*A l’absence de consensus entre les confessions religieuses pour désigner le candidat président de la Centrale électorale s’ajoute le refus de nombre de forces politiques représentées au Parlement d’envoyer leurs délégués devant faire partie de cette institution d’appui à la démocratie.

Statu quo dans la désignation du nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), par les huit confessions religieuses en RD Congo. Jusqu’hier mardi 11 août, les catholiques et les protestants s’arc-boutent sur leur position commune, brandissant ainsi leur Procès-verbal de carence, quant au consensus autour du choix du candidat commun des chefs d’églises, à la tête de la Centrale électorale.

Par contre, les six autres confessions relieuses, notamment les Kimbanguistes, les Musulmans et les églises de réveil, s’en tiennent mordicus à leur PV du 27 juillet dernier, dans lequel elles présentent Denis Kadima comme le candidat du consensus de leur plateforme, à la présidence de la Ceni.

De leur côté, les principales forces politiques parlementaires, refusent de manière courtoise, à envoyer leurs délégués devant faire partie de la plénière de cette institution technique, chargée de l’organisation des élections en RD Congo.

Dès lors, tous ces éléments mis ensemble, amènent à croire que l’impasse est totale dans le dossier Ceni. Entretemps, le temps coule vite. Et même très vite. Plus les jours passent, plus les Congolais s’approchent des échéances électorales, constitutionnellement  prévues pour 2023, même si nombre d’observateurs semblent ne plus y croire.

LE BUREAU MBOSO DEVANT UN DILEMME CORNELIEN?

« L’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle est capable de résoudre« , disait Karl Marx. Doit-on dès lors, déduire que le dossier Ceni est un cas de figure pour les acteurs politiques et les chefs de confessions religieuses en RD Congo? Sinon, jusqu’où irait le blocage et à qui profite-t-il ?

Le moins que l’on puisse savoir est que le processus de désignation d’un président de la CENI ne commence et ne s’arrête pas au niveau de la plateforme Confession religieuse. Il s’agit plutôt d’une première étape, certes la plus importante d’un processus devant aboutir à l’Assemblée nationale. En d’autres termes, les confessions religieuses transmettent à la Chambre basse, leur PV avec le nom du candidat désigné consensuellement, pour entérinement.

Hélas ! Il se trouve en l’espèce que la Représentation nationale se retrouve à ce jour, face à deux procès-verbaux concurrents, établis par les confessions religieuses. D’un côté, le rapport des Catholiques et des Protestants qui atteste qu’il n’y a pas eu consensus autour du candidat commun des confessions religieuses à la présidence de la Ceni. De l’autre, le PV signé par les chefs des six confessions, reconnaissant Denis Kadima comme le candidat agrée par tous.

Question : lequel des deux rapports sera pris en compte au niveau de l’Assemblée nationale? A priori, la décision du Bureau Mbosso ne semble pas facile. Bien au contraire, le perchoir de la chambre basse du parlement se trouve devant un dilemme cornélien. Devra-t-il renvoyer les deux PV à leurs auteurs et demander à ces derniers d’entamer de nouveaux pourparlers ? Devra-t-il s’engager dans une logique de passage en force ? Possible. Mais pour quelle finalité ?

D’ores été déjà, d’aucuns pensent que Christophe Mboso, l’un des architectes majeurs de la nouvelle Majorité parlementaire post-coalition FCC-CACH, gagnerait en « neutralité« , en privilégiant la voie de la conciliation des parties en désaccord. En l’occurrence, le bloc (radical ?) Catholiques-Protestants et les six autres confessions religieuses.

UNE COMMISSION MIXTE MAJORITE -OPPOSITION ?

Compte tenu de la délicatesse de la question, certains analystes pensent que la mise en place d’une Commission mixte Opposition-Majorité, pourrait être l’issue du problème. Cette hypothèse n’est pas à exclure d’emblée. Cependant, elle présente une faiblesse notoire, quand on sait que l’opposition parlementaire, majoritairement représentée par le FCC, dit ne pas du tout être intéressée.

Côté majorité, les députés Ensemble pour la République, de Moïse Katumbi, rejettent eux aussi cette proposition et s’en tiennent au retour des huit confessions religieuses au tour d’une même table, en vue de trouver un consensus. Toute porte donc à croire que l’idée de créer une commission mixte ne fait pas l’unanimité. D’où, un autre blocage.

Toutes proportions gardées, Jamais la procédure de désignation du Président de la Centrale électorale en RD Congo, n’a suscité autant de vague qu’elle ne l’est à ce jour. Toujours est-il que tout va avec le contexte politique. Dit autrement, Autre contexte politique, autres mœurs.

Grevisse KABREL et KANDOLO M.

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