Comme un air de la CEPGL, mais…

S’il n’a pas-encore- réussi le tour de force d’organiser un triumvirat RDC- Rwanda – Burundi, le Président Fatshi a tout de même relancé la coopération avec Kigali et Gitega. Peut-être que,  par petite touche, la Communauté économique des pays des Grands Lacs pourrait finir par renaître de ses cendres. Perspective qui réjouirait outre-tombe les présidents Mobutu, Habyarimana et Micombero puis Bagaza, fondateurs de la CPGEL en septembre 1976. On n’en est, évidemment, pas encore là.

Pour l’heure, on peut à priori se féliciter du dégel de l’ensemble de  lacs qui constituent l’écosystème de l’Est rd congolais en partage avec ses deux voisins. Voire ses trois pays limitrophes si on élargit à l’Ouganda.

Pour autant, les comptes  du passé… récent n’étant pas encore soldés,  Kinshasa devrait se garder de plonger dans un optimisme béat. La véritable paix des braves postule que l’on ait évacué les différends. En particulier avec le Rwanda et l’Ouganda.

Mettre les contentieux sous le tapis ou pratiquer la politique de l’autruche au nom de la paix sonnerait  comme un palliatif à très court terme. Surtout que les voisins de la RDC ne disent ni ne font rien qui ressemble directement ou indirectement  au « mea culpa« .

 Plus grave, et si nos voisins des Grands lacs faisaient leur la thèse du célébrissime stratège militaire prussien Clausewitz  inversée par le philosophe Michel Foucault  selon laquelle la politique et-ici par extension la diplomatie -est la continuation de la guerre par d’autres moyens ? Et si, dans cette logique, les mêmes voisins de l’Est tentaient d’achever d’obtenir par la politique ce qu’ils avaient entrepris d’arracher par les guerres sponsorisées par certaines grandes puissances en ce compris des multinationales?

Face à ces plus qu’hypothèses d’école  en forme d’hypothèques, il serait indiqué que la RDC se dote d’une vraie diplomatie que lui dictent sa géographie, sa démographie  et ses ressources naturelles. Cette politique ne saurait être le fait d’un homme, fût-il Président de la république. Elle devrait plutôt résulter d’un consensus national.

 Les différentes forces politiques, sociales représentatives  et les notables de l’Est devraient être associés à l’élaboration de cette vision -stratégie existentielle.  L’on devrait éviter des arrangements particuliers inspirés  par des calculs d’accession ou de conservation du pouvoir, selon le cas. Les Congolais devraient savoir ce qu’il en est des accords que les officiels de leur pays signent avec nos agresseurs d’hier si tant qu’ils aient cessé de l’être.

 En 1969, au plus fort de la guerre froide, le chancelier allemand d’alors Willy Brandt avait lancé l’Ostpolitik. C’est-à-dire la politique de  la RFA envers l’Europe et l’Allemagne de l’Est (RDA). Mutatis, mutandis, pourquoi pas une « Ostpolitik » hic et nunc pour la RDC ?

Il est plus que temps, car en la matière le Rwanda par exemple possède tout un desk RDC au ministère rwandais des Affaires étrangères. De bonne guerre, la diplomatie pour paraphraser Mao Zedong  qui parlait, lui de la Révolution, n’est pas non plus un dîner de gala.    

José NAWEJ

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