Climat : l’érosion côtière, un risque de déplacement de la population de Muanda 

Une moyenne de 3 mètres de terre de la cité de Muanda dans la province du Kongo central, sont érodés chaque année par l’Océan Atlantique. Cette ville risque de compter, au fil des années, un nombre important des déplacés climatiques à travers la République démocratique du Congo. 

La montée des eaux en partie du au changement climatique cause des dégâts sur le littoral de cette cité. A environ 20 Kilomètre de là, se trouve le célèbre village Vista dont l’histoire remonte à l’époque coloniale. Rebaptisé du nom de Ntiamfumu, Vista a déjà perdu 13 belles villas contemporaines à cause de l’avancée de l’Océan. Selon les autorités locales, « l’océan se trouvait à environ 60 mètres d’ici, cinquante ans après, l’eau est maintenant à moins de 10 mètres “.

La pêche est l’une des principale activités de la population de Muanda. Cependant, avec le changement climatique la vie des professionnels de la mer n’est plus ce qu’elle était. Les poissons se font de plus en plus rare, avec la montée des eaux. Daniel, la soixantaine, pêcheur de son état explique les mutations que connaît son métier. « Nous ne ramenons plus de poisson comme avant. C’est à peine 15 Kilogrammes de poissons que nous péchons actuellement et pourtant il y’a quelques années l’on pouvait ramener en moyenne cinq fois plus que ça ». 

La pêche dans cette zone est de moins en moins rentable qu’il y’a dix ans, cela à cause de la diminution de la taille et de la quantité des poissons. Une situation qui suscite beaucoup d’inquiétudes pour les villageois.

 « Mon père avait construit sa maison en matériaux durables grâce aux revenus de la pêche. Mais aujourd’hui, c’est difficile car la pêche ne rapporte plus assez. Il y’a trente ans, tout cet espace était couvert de forêt, au fil du temps la forêt a disparu laissant la place au sable. Et pourtant les poissons n’aiment pas la lumière du soleil et ne se reproduisent pas dans le sable. C’est pourquoi nous sommes obligés d’aller pêcher plus loin, avec tous les risques…» précise le sexagénaire. 

Selon certaines études, la diminution des poissons dans les zones de pêche le long de la côte congolaise est surtout aggravée par la destruction des zones de frayère. A cela s’ajoute la surpêche et l’utilisation des matériels de pêche non-conventionnels. 

Sauver la côte de Muanda

Outre la diminution sensible de ressources halieutiques, l’érosion côtière à Muanda gagne du terrain et détruit tout sur son passage. Plusieurs  infrastructures socioéconomique de base notamment une bonne partie de la Route national n•1 ont subi la rigueur des érosions, rapportent les autorités administratives. 


Toutefois, la vulnérabilité de la côte congolaise serait aussi accentuée par le développement urbain de la cité côtière de Muanda. A en croire, certaines sources, les habitants recouraient de temps en temps aux matériaux rocheux qui soutenaient la falaise pour la construction de leurs habitations. La cité de Muanda ne disposant pas de carrière l’unique moyen pour les villageois était de recourir aux moellons installés depuis l’époque coloniale pour protéger la cité. 

“ C’est à peine qu’ils viennent de se rendre compte qu’ils sont aussi responsables de conséquences actuelles », constate les autorités, ce par manque de connaissance. 

Depuis novembre 2015, le gouvernement congolais a lancé un vaste projet de stabilisation de la côte. Le projet PANA – ZONE COTIERE, dont le coût est estimé à 21 millions de dollars américains vise premièrement l’intégration de l’information des risques liés à l’érosion côtière dans les plans de développement au niveau local, provincial et national, la stabilisation de 18 kilomètres de la côte congolaise, et la réduction de la vulnérabilité des communautés en créant d’autres moyens de subsistance climatiquement résilients. Il est financé en grande partie par le gouvernement à hauteur de 9 million USD, a reçu l’apport de 5 million USD du Fonds mondial pour l’Environnement et du Programme des Nations-Unies pour le développement 1,4 million USD et du secteur privé 6 million USD. 

Fyfy Solange TANGAMU 

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