Petit commerce: l’exclusivité pour les Congolais dans les oubliettes?

Le gouvernement rd congolais a pris, il y a quelques années, une décision réservant l’exclusivité du petit commerce aux seuls ressortissants de la RDC. Ce n’est pas une mesure extraordinaire étant donné que tous les pays du monde en font autant. L’objectif est de protéger la main-d’œuvre locale contre la concurrence étrangère. En limitant l’accès à ce secteur aux seuls Congolais, l’Etat veut simplement encourager la création d’entreprises locales 

Pour la RDC, cette décision gouvernementale ne devrait susciter aucune controverse au regard de la précarité des conditions de vie des citoyens lambda. Ceux-ci, dans leur très grande majorité, vivent du petit commerce dont ils s’en sortent difficilement d’ailleurs. La seule manière de leur permettre de tenir tête aux aléas de la vie consiste à les laisser se «débrouiller» dans ce secteur. 

Il se fait malheureusement que cette importante décision est foulée aux pieds. Ceux qui devaient en assurer l’exécution et le suivi ne le font pas. C’est pourquoi, certains expatriés ont envahi ce secteur au grand dam des commerçants congolais qui n’ont pas de moyens consistants pour faire face à cette concurrence. Cette situation, comme nous le voyons, est due en grande partie aux dirigeants congolais qui n’assument pas correctement leurs responsabilités.

Non-respect des droits des travailleurs et des lois du pays 

À ce propos, des analystes avisés de la société  congolaise estiment que la corruption parutions justifie cet état des choses. Car il appert que les non nationaux qui exercent le petit commerce sont couverts par certaines autorités politiques, administratives et même sécuritaires. 

Sur le terrain, il est constaté que les étrangers qui exercent le petit commerce bafouent les droits des Congolais qui travaillent chez eux. Les salaires qu’ils leur paient ne représentent rien par rapport aux recettes qu’ils encaissent et ne permettent pas à ces employés de tenir les deux bouts du mois. Concernant les lois du pays, particulièrement le code du travail, ces patrons le foulent aux pieds au vu et au su des inspecteurs du travail. Ce qui blesse le plus dans le comportement indélicat de ces employeurs est le fait qu’ils ne font signer aucun contrat de travail à leurs infortunés agents. Ceux-ci sont à leur merci. Ils peuvent les remercier à tout moment et en toute circonstance, selon leur gré. Les droits fondamentaux ne leur sont pas reconnus, notamment les allocations familiales pour les mariés, le logement, le transport, les primes pour les heures supplémentaires et autres avantages. Le nombre d’heures de prestation, conformément à la réglementation en vigueur, n’est pas respecté. Dans certains magasins, des vendeurs y restent au-delà de 18 heures. Ils en sortent en «tout fatigués» au détriment de leur santé. En cas de maladie, l’employeur ne les prend pas en charge et, si la maladie dure, l’infortuné est révoqué.

Faute d’être affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ces travailleurs ne peuvent pas bénéficier de l’intervention de cette Caisse en cas d’accident de travail. 

Au-delà de l’aspect économique, le petit commerce comprend une dimension culturelle étant donné que les commerces de proximité sont généralement le reflet des traditions et des modes de vie locaux. En réservant ce secteur exclusivement aux nationaux, l’Etat conserve une partie importante de l’identité culturelle du pays. En RDC malheureusement, l’invasion de ce secteur surtout par les Asiatiques fait perdre aux Congolais certaines de leurs valeurs ancestrales, surtout dans le domaine alimentaire. Les conséquences de cette aliénation sont catastrophiques surtout sur le plan sanitaire où on enregistre de nos jours l’apparition de certaines maladies jamais connues à l’époque de nos aïeux. 

Si cette décision de réserver l’exclusivité du petit commerce aux commerçants congolais n’est pas traduite en actes, la faute ne revient pas aux expatriés, mais plutôt aux dirigeants congolais qui ne savent pas faire respecter les lois qu’eux-mêmes édictent. Les autres ne font qu’exploiter ces faiblesses. Les Congolais sont eux-mêmes les fossoyeurs de leur propre État. Dommage !

Muke MUKE

Laisser un commentaire

Suivez-nous sur Twitter