Le gouvernement s’engage à changer de narratif dans le secteur de l’autisme

Le gouvernement de la République démocratique du Congo s’est engagé mardi à Kinshasa, à apporter un changement de narratif dans le secteur de l’autisme, lors de l’atelier de célébration de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. 

«Reconnaissant les interventions des partenaires locaux notamment les différentes structures congolaises qui, jusque-là ont travaillé quasiment seules dans le secteur de l’autisme, le gouvernement s’engage à s’impliquer dans ce travail et à vous apporter un appui nécessaire pour un changement de narratif dans le secteur de l’autisme», a déclaré Eve Bazaiba, ministre de l’Environnement, qui a représenté le Premier ministre sortant Jean Michel Sama Lukonde. Depuis 2019, suite à la vision novatrice du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, la République démocratique du Congo, notre pays, s’est engagé dans un élan nouveau de l’inclusion sociale des catégories des personnes longtemps marginalisées, à savoir les personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, a-t-elle rappelé, soulignant qu’ aux termes de l’article 2 point K de la loi organique n°22/003 du 3 mai 2022 portant protection et promotion de la personne avec handicap, les personnes autistes font partie intégrante des groupes des personnes vivant avec handicap dans notre pays, « De ce fait, l’État à travers le gouvernement a pris l’option de mettre parmi les priorités de la République la question de la prise en charge psycho médicale, l’intégration dans les milieux de l’éducation et l’inclusion socioprofessionnelle des personnes autistes», a-t-elle souligné, «Suivant l’agenda de la semaine de l’autisme, édition 2024, il est prévu, en plus de présente célébration, un atelier des experts venant de différents ministères sectoriels, des organisations locales du domaine de l’autisme ainsi que d’autres partenaires d’appui financiers et techniques», a-t-elle annoncé.

L’autisme est une réalité présente dans les milieux urbains et ruraux en RDC

Pour Irène Esambo Diata, ministre en charge des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, «L’autisme est une réalité très présente aussi bien dans les milieux urbains que ruraux de notre pays. Cependant, les pouvoirs publics, particulièrement le gouvernement, n’ont apporté que très peu d’attention à la question de l’autisme. Pendant des années, cette question est restée l’apanage de quelques associations des particuliers, notamment de certains parents ayant des enfants autistes».  «En tant que ministre ders personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables (PVH-APV), nous avons essayé d’investiguer pour comprendre la réalité du domaine de l’autisme en RDC. Plusieurs problèmes ont été identifiés tels que la stigmatisation, la pauvreté des parents, les difficultés d’accès à l’éducation et aux soins de santé et autres», a dit Mme Irène Esambo. De cette liste, a-t-elle souligné, il convient de mettre en relief la démission de l’Etat pendant des années dans le domaine de l’autisme entrainant avec elle le manque de coordination de différents acteurs qui essaient de faire quelque chose pour soulager les parents et les enfants autistes. Selon la ministre en charge des PVH-APV, «en matière de l’autisme il convient de souligner qu’une inclusion sociale réussie ne se limite pas à la simple présence physique des personnes autistes, mais nécessite également un véritable engagement à créer un environnement inclusif où elles sont valorisées et respectées».

La célébration de la journée à l’autisme en RDC saluée

De son côté, la directrice adjointe du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits humains (BCNUDH), Anné-Marie Dongui a salué la ministre des PVH-APV pour cette brave initiative prise en vue de la première célébration de la journée de sensibilisation à l’autisme par le gouvernement de la République démocratique du Congo sous le thème national «Gouvernance de la multisectorialité de l’autisme : rôle des parties prenantes gouvernementales, société civile et partenaires». « Selon l’OMS, l’autisme est un trouble permanent du développement qui se manifeste au cours des trois premières années de la vie et résulte d’un dysfonctionnement neurologique compromettant le fonctionnement du cerveau, qui touche principalement les enfants sans distinction de sexe, de race ou de situation socioéconomique, dans de nombreux pays, et qui se caractérise par des troubles de la socialisation et de la communication verbale et non verbale (…) », a –t-elle expliqué. «Depuis que l’Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 2 avril comme journée mondiale de sensibilisation à l’autisme par la résolution (A/RES/62/139) adoptée 18 décembre 2007, les Nations Unies ont observé cette journée comme un moyen d’affirmer et de promouvoir la pleine réalisation de tous les droits de l’homme et libertés fondamentales des personnes autistes», a rappelé Mme Anne-Marie Dangui. Pour la directrice adjointe du BCNUDH, les Nations Unies prévoient pour la célébration de 2024 un événement virtuel ce 02 avril de 10 h à 13 h, heure de New-York. Cet évènement cherchera pour la première fois à fournir un aperçu véritablement global de la situation à cet égard, du point   de vue des personnes autistes elles-mêmes.

Par la célébration de cette journée,  les Nations Unies tiennent à rappeler aux Etats leurs obligations au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, selon lesquelles les enfants handicapées doivent mener une vie pleine et décente, dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitant leur participation active à la vie de la collectivité, ainsi que la pleine jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales, sur base de l’égalité avec les autres enfants a dit Mme Anne-Marie Dangui. Notez que  des stands des œuvres des enfants autistes ont été présentés à l’issue de l’activité.                          ACP

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