Des Kinois pas suffisamment informés sur l’autisme

Le monde a célébré, hier mardi 2 avril, la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Peu connu en République démocratique du Congo, l’autisme est un handicap de trouble du développement d’origine neurologique. Les personnes atteintes éprouvent des difficultés à communiquer et à interagir dans la société. Interrogés sur le sujet, la plupart des Kinois semblent ne pas avoir des connaissances sur ce handicap. Et pourtant, des cas existent bel et bien dans la société congolaise. Pour y remédier, cette journée devrait être mise à profit pour sensibiliser la population à l’autisme et favoriser une meilleure prise en charge des personnes touchées.

Mère de 3 enfants, la trentaine révolue, Pauline dit entendre parler d’autisme pour la première fois. « Je sais qu’il existe différentes sortes d’handicap, mais l’autisme, c’est la première fois que j’en entends parler », confesse-t-elle.

« C’est vrai qu’il y a des enfants qui ont des attitudes étranges. Ils sont peut-être atteints de ce handicap, mais par manque de connaissance la société pense que l’enfant est possédé par de mauvais esprits ou se comporte ainsi expressément. Il est important que les autorités portent une attention particulière à ce problème afin de donner plus d’informations à la population. Comme il est écrit dans la Bible, mon peuple périt par manque de connaissance« .

Selon les professionnels de santé l’autisme se manifeste dès la petite enfance, à partir de deux ou trois ans. Il nécessite une prise en charge dans des centres spécialisés. Car, les conséquences le plus souvent avec l’autisme est le manque d’autonomie et c’est qui pèse au sein des familles.

«En RDC, les écoles ou centres spécialisés pour les personnes atteintes d’autisme sont à compter sur le bout des doigts. La difficulté se pose au fait que ce type d’infirmité est pratiquement inconnu du Congolais lambda. Les quelques écoles qui existent coûtent cher, donc pas à la portée de toutes les bourses. Une difficulté se pose aussi au niveau des familles, des parents sont livrés à eux-mêmes et pensent qu’il s’agit d’un mauvais sort jeté sur l’enfant», explique un médecin généraliste d’un centre hospitalier dans la commune de Lemba.

Chantal M., pour sa part, dit avoir entendu parler de l’autisme dans des documentaires suivis à la télévision. « J’ai une cousine qui a un enfant dont les comportements sont assez troubles. En l’observant, j’ai fini par comprendre que c’est un enfant autiste. Mais pour sa mère, c’est une histoire de sorcellerie. Elle fait suivre à l’enfant un cursus normal parce que, pour elle, son fils est un enfant normal et qu’à force de prière tout reviendra à la normal ».

« A l’école, ce garçon est souvent traité de zinzin, toqué par ces condisciples ce qui le pousse à se renfermer davantage sur lui-même et à se battre régulièrement lorsqu’on se moque de lui. Il est difficile pour les parents de savoir que leur enfant est atteint d’autisme, aussi longtemps que rien n’est mis en place pour une véritable campagne de sensibilisation au sein de la population».

Prise en charge précoce

A en croire, le médecin généraliste, il est possible pour les responsables d’un enfant de le faire examiner dès que des symptômes tels que la difficulté de communiquer, à comprendre, à interagir sont perceptibles. Un examen d’Electro Encéphalogramme (EEG) qui évalue l’activité électrique du cerveau est nécessaire. «L’autisme n’est pas une fatalité en soi. Une prise en charge précoce peut aider à soulager l’infirmité, bien qu’il existe différents types d’autisme et que la personne reste autiste à vie.

Les causes aussi varient et ne sont pas encore déterminé avec certitude. En ma connaissance, il existe des causes environnementales, les prises des médicaments du type dripaquine… C’est ainsi que durant la grossesse, la prise des médicaments doit se faire obligatoirement avec l’avis du médecin».

Pour d’autres Kinois, parmi lesquels Cyril K., l’autisme est peu connu. Il plaide pour une prise en charge de l’Etat pour les personnes touchées par cette infirmité. «Moi, aussi je ne connais pas l’autisme, mais après les explications reçues, je comprends que bien des personnes sont concernées par le problème et que nous vivons avec elles sans pour autant savoir pourquoi ces personnes en souffrent. Qu’il y ait plus de centres ou d’écoles dédiés à cette catégorie de la population pourrait soulager les familles dans la prise en charge et faciliter leur intégration dans la société». Fyfy Solange TANGAMU

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