Radioscopie de la situation politico-sécuritaire de l’heure en RDC

Observant la situation militaire dans l’est du pays, le méritocrate Lendo s’indigne de tous les bruits qui lui proviennent du front et cherche à comprendre qui fait quoi dans la chaîne de commandement face aux incursions répétitives de nos ennemis ,car l’agression dont il est question ,loin d’être une habitude ou un fait de société, mérite autant d’années après une thérapie peu ordinaire, entraînant conséquemment une remise en cause sévère de tous les axes opérationnels dans notre chaîne de défense.

Loin s’en faut, la vie de nos frères et sœurs ne peut pas être sempiternellement vouée à l’errance inhumaine, mieux infrahumaine …Que de morts atroces, d’atrocités si cruelles, cette aventure belliqueuse ne fait-elle pas subir aux nôtres !

Des images réelles de cette partie du pays imposent ce jour à chacun d’entre nous, si nous sommes sincères et si nous aimons tous ce pays, notre héritage commun des aïeux, un arrêt de conscience, mieux une interpellation gratuite…

Que devons-nous faire ?

En faire une simple affaire des militaires et de ceux qui en subissent les effets dévastateurs serait méchant de notre part … Le confiner dans le seul carcan des institutions établies serait faire montre d’une naïveté citoyenne du reste coupable. Il faut qu’à ce jour, chacun se fasse victime de cette barbarie outrageante … et s’engage aux côtés des autres pour se liguer contre la perpétuation amusante de ce calvaire collectif …

Disons-nous, quel serait le péché de nos compatriotes Kivutiens pour être condamnés, 30 ans après, à l’humiliation rétrograde ?

Oui, la richesse du sol du Kivu, en général, leur attire malheur et convoitise, dirions-nous!

Mais les paradigmes de la simple géographie économique indiquent que le sol congolais est béni de partout : de l’est à l’ouest et du nord au sud …

Par ailleurs, le bois de Mayumbe, de l’Equateur et du Bandundu, le diamant du Kasai et du Bandundu, le pétrole du Kongo central et de Bandundu, les minerais du Katanga, l’eau du fleuve, le courant d’Inga…sont autant de pièces prisées par les puissances économiques humanoïdes du monde …

Ces puissances ne reculent devant rien et occasionnent la faiblesse institutionnelle des États-proie…

Elles n’hésitent devant rien, si seulement la responsabilité patriotique de l’élite gouvernante, le patriotisme du peuple et la prise de conscience effective de chaque Etat-proie de sa vraie nature par rapport à ses richesses…

Le grand stratagème passe par la fabrication de leurs alliés dans les institutions qui se retrouvent dans des portefeuilles publics, tout en étant à la solde des prédateurs internationaux, ils épient nos chefs d’Etat dont la moindre résistance l’expose au chantage, si pas à l’élimination. A cet effet, combien de coups d’Etat et de rébellions ne sont-ils pas l’œuvre de ces donneurs de leçon à l’échelle planétaire?

Ce faisant, le Congo doit se mirer sans aucun état d’âme, ni complaisance, avant de s’affranchir de ce prisme cornélien. Faut-il faire de ce qui se passe dans l’est une réalité accoutumée, »ça a toujours été ainsi … ou se mesurer par rapport au défi et proposer une alternative solutionnelle  cohérente ?

Et à la lumière de ce brin de lumière sur les richesses nationales arrosant tout le territoire, chaque peuple par province doit faire sien ce combat de l’est, car ne dit-on pas que le mal comme l’envie prédatrice sont  très contagieux ? Qui ne dit pas que demain ce serait l’agression du Kongo central à cause de la main basse des humanoïdes sur sa nappe pétrolifère ?

Et que l’Equateur en risque gros pour et par sa forêt ?

Ce questionnement nous ramène à la couverture défensive de nos frontières.

En effet, Luozi qui partage un long terrain frontalier pédestre avec le Congo Brazzaville est dégarni totalement, la base de Kitona est à quel état ? La porte maritime de Bula-Mbemba vers l’embouchure dispose de quelle flotte de la marine, autant le fleuve le long de Maluku jusque vers l’Equateur ou Kisangani?

Le site stratégique du camp Ceta, pour l’encadrement, les entraînements et le logement de nos para fait l’objet de lotissement au grand dam du gouvernement dont les différents ministres des Affaires foncières n’ont jamais été inquiétés, le champ de tir du camp Tshatshi,  du camp Badiadingi, du camp PM à Mitendi, le parage du camp historique en plein cœur de la capitale sont spoliés par les dignitaires eux-mêmes des différents régimes, sans  procès, ni remontrance .

Et cette spoliation des sites militaires stratégiques pour un pays en proie à la convoitise est toujours encadrée ou sécurisée par les mêmes agents dits de la Défense nationale ou de l’ordre public …Mais jusques à quand l’inconscience prendra en otage la vocation magnificence de toute une nation?

Et cela se généralise à travers le pays profond ; cet état de chose fait dire à un ami personnel occidental que  » le plus gros défaut du Congo, l’Etat est orphelin de tous ses dignes fils, au point qu’il ne reste qu’avec des fils et filles inconscients qui n’ont que leurs funestes intérêts particuliers en vue ».

Et pourtant ,la chaîne de défense opérationnelle sous Mobutu était triangulaire. En effet, nous eûmes trois brigades pour la surveillance et la défense du territoire national, toutes tenues par des braves colonels:

* La 41ème  Brigade commandos-choc à Kisangani, ayant le centre de Rumangabo (ayant bénéficié à un certain moment des instructeurs chinois …), pour arroser tout l’Est  et une partie du Centre, colonel ( feu mon papa et pot Félix Budja Mabe),

* La 21ème Brigade à Lubumbashi, pour le sud ( réponse aux incursions des ex-gendarmes katangais avec Mbumb Nathanaël …), colonel Nsau, mort après la guerre de l’AFDL.

* Et la 31ème Brigade para-commandos au camp Ceta (sous instructeurs français), colonel feu mon papa Mokasso mort à Masina, pour la protection des institutions dans la capitale et l’Ouest

* la Brigade blindée de Mbanza-Ngungu, sous le généralissime Somao, pour servir de soupape de sécurité contre toute éventuelle invasion par le Kongo central (Lufu, Kimpangu, Ango-Ango, Bas-Fleuve …et c’est l’Angola qui était visé)

Mais aujourd’hui, combien de structures s’entrechoquent rien au Nord-Kivu, et avec quel résultat 30 ans après ?

Oui, il y a impérieuse nécessité d’auditer la ligne défensive et de l’assainir avec un commandement militaire clairvoyant.

Je me souviens d’un télex du chef EMG d’une certaine époque faisant du gouverneur militaire le pivot dans le commandement des opérations, et gérer en même temps la juteuse administration territoriale du Nord-Kivu. Nous devons concéder à chacun son domaine de prédilection, mais personne ne peut me dénier mon droit à la citoyenneté éclairée de mon pays, de ma patrie que j’aime tant et ce, de manière désintéressée.

En clair, la refonte structurelle et le redéploiement en ressources humaines militaires s’imposent, sous réserve des résultats de l’audit recommandé par des textes plus experts en la matière.

Hormis la question de stratégie militaire, cette situation de l’est emporte quelques points connexes.

A cet effet, la mise sur pied du prochain gouvernement, le premier de la seconde mandature du président Félix Tshisekedi, doit renfermer aussi une réponse idoine dans la résorption de l’équation de l’est…Sans trop de détours, les ministres par habitude de et au nom de l’est, si chefs de regroupements soient-ils, au sein de la majorité parlementaire, doivent accepter sportivement, patriotisme compétitif oblige, de ne plus se retrouver au gouvernement. Il convient de piocher, avec le concours de nos services d’intelligence, des nouvelles figures de l’est pour représenter l’est au sein du gouvernement, tout en étant pro pouvoir post élection ou technocrate avéré.

Ils doivent tout de même avoir de l’ancrage sociologique sûr dans leurs milieux respectifs d’origine ou territoires.

Cependant, le choix des animateurs du gouvernement doit impérativement choquer certaines habitudes établies. C’est ici le lieu de saluer le choix d’une personne non emblématique comme informateur ,et nous pensons que celui du Premier ministre ne péchera pas contre cette logique, un inattendu pour nettoyer les écuries et casser certains maléfiques établis dans la gouvernance de notre pays. Émotion, état d’âme, copinerie ou camaraderie, partisannerie, clan, tribu, religion ,amitié…de côté. Seule l’âme méritocratique doit guider et justifier tout choix à tous les niveaux : exécutif, judiciaire, diplomatique, portefeuilles, etc. Car cette rhétorique instituée par les plus malins pour se retrouver à tour de rôle de régimes,  » avons voté pour…grâce à nous…portons la vision de… », doit céder la place au paradigme de la compétitivité éprouvée. 64 ans après  nous avons des raisons de dire tous  » plus rien ne doit être comme avant ».

Ainsi donc, je propose, à la place d’une autre gouvernance des composantes qui justifient, ,toute honte bue, qu’un président d’un parti x ,puisse fabriquer des groupuscules, comme propriétés privées, afin de prétendre à un quelconque poids politique au prorata des ambitions portées.

Aussi,  autre chose, la pratique de n’avoir que enfants, parents, copines, belle-famille au sein des cabinets doit être sévèrement proscrite par le magistrat suprême, avec le concours des services d’intelligence…

Il est indiqué que la composition motivée de chaque cabinet puisse revêtir le sceau préalable, avis favorable, du Premier ministre à venir…, en réservant copie à l’Administrateur général de Anr.

Aux grands maux, les grands remèdes, dit-on ! Car si on n’y prend garde, cette classe dirigeante déjà étiquetée négativement dans le mental collectif et qui est aussi constipée, risque de faire rater à la patrie ses grandes promesses du renouveau. Et on ne peut plus rien attendre d’elle, du fait de son inféodation aux tares tant décriées de partout.

A titre d’exemple:

1. On fait porter aux joueurs le brassard du deuil, rien que dans un match, alors qu’il n’y a pas deuil national au pays, et au match de classement, plus de deuil sur les joueurs ( Goma toujours dans le sang, incohérence au sommet de notre exécutif.)

2. En décrétant d’autorité la suspension de la RDC aux activités de solidarité de la CAF, au moment où se  poursuit  la Can 2023, le collège socio-culturel et le ministre  des Sports avaient-ils pris soin de brosser à l’attention du Magistrat suprême les règles de la CAF-CAN, en revers d’une telle décision contre notre pays? Cela aurait pour conséquence de faire une déclaration en plein conseil mais à bon escient …

3. De ma petite expérience de citoyen du monde, je n’ai pas appris, ni vu de non sourds-muets recourir aux signes gestuels, sans légende a priori, pour s’exprimer…Encore, conventionnellement, rien ne laisse suinter une quelconque explication à ce geste. Et pourquoi notre gouvernement nous a rabaissés jusqu’à ce point ?

Aider le pays doit être la résultante d’une conjugaison juxtapositionnelle des intelligences ,car le monde se corse contre nous ,et nous n’avons que notre génie intellectuel pour y faire face sous peine de nous faire prendre .la gouvernance doit être celle des talents ,et non plus politiste, c’est-à-dire des composantes avec une arithmétique asymétrique des poids que le plus malin saint bien s’en donner.

Le Président doit s’appuyer sur lui-même, âpres une retraite devant sa conscience et son miroir, pour lever les options directionnelles de ce second mandat qui me paraît à juste titre celui de grands défis.

Autant son cabinet doit subir une purge en profondeur, dans une dynamique restrictive de son personnel, autant les ministres par habitude, les fameuses personnalités dites  emblématiques  à tort et dont les repères de leurs emblèmes ne sont que putatifs, et sans aucun impact louable dans les 64 ans de pays-géant qui continue à sombrer…

Enfin l’heure est grave, et aux grands maux, les grands remèdes sans aucun état d’âme, pour ne plus me répéter.

Telle est ma radioscopie proposée à la patrie dans le souci de booster une autre lecture de nos habitudes permises. Et puisqu’une si haute autorité venait me contraindre à agir même par écrit, au-delà de l’oralité, je m’acquitte ainsi de cette charge citoyenne.

Me Lendo Mfuma wa Malhemba Pathy Joseph, un nom et une légende, Doctorant en droit constitutionnel, Apôtre de la méritocratie, seule et unique voie de salut pour la RDC

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