Nord-Kivu: des dizaines de civils blessés et des milliers de personnes déplacées suite aux attaques du M23

Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur l’afflux des blessés de guerre au Nord-Kivu. Particulièrement, dans les structures médicales soutenues par cette organisation non gouvernementale médicale internationale. Pas que. Au même moment, des milliers de personnes fuient les dernières vagues d’affrontements armés dans cette province de l’Est de la RDC.

Suite aux combats, les civils et les structures médicales se retrouvent pris au piège. MSF appelle de toute urgence toutes les parties au conflit à assurer la sécurité des patients, du personnel médical et des structures de santé, et à assurer la protection des civils et un accès sans entrave aux organisations humanitaires.

Selon la source, avec l’intensification des combats à Mweso ces derniers jours, de nombreuses personnes réfugiées à l’hôpital général de référence de Mweso  ont fui vers Kitshanga, Katsiru, Nyanzale, Pinga, Kalembe et  Kashunga.

Cependant, au moins 2.500 personnes, dont des mineurs qui ont perdu leurs parents, continuent de trouver refuge dans l’enceinte de l’hôpital.

«La situation est extrêmement préoccupante. L’hôpital est débordé, avec des milliers de personnes entassées à l’intérieur, essayant de trouver une certaine protection contre les combats. Avec le ministère de la Santé, nous faisons de notre mieux pour fournir des soins à tout le monde. Mais, nous n’avons pas assez de produits de première nécessité comme de la nourriture», explique Çaglar Tahiroglu, coordinatrice du projet MSF à Mweso.

Au cours des deux dernières semaines du mois de janvier, les équipes médicales de MSF et du ministère de la Santé ont soigné 67 blessés de guerre. Principalement pour des blessures par balle ou causées par des explosions.

Plus d’une cinquantaine de ces patients étaient des civils, parmi lesquels 21 enfants de moins de 15 ans. En outre, pour les personnes ayant trouvé refuge dans l’hôpital, les équipes ont apporté un soutien psychologique, distribué des abris temporaires, du savon et des filtres à eau.

Des structures de santé débordées

Dans la province du Sud-Kivu, les récents affrontements ont provoqué une nouvelle vague de déplacements, avec plusieurs milliers de personnes paniquées qui sont arrivées ces derniers jours dans la ville frontalière de Bweremana et, plus au sud, à Minova.

Entre le 2 et le 6 février, indique le même communiqué, à l’hôpital général de référence de Minova, appuyé par MSF, le  personnel médical a soigné une trentaine de blessés  dont quatre enfants, dix femmes et douze patients nécessitant une intervention chirurgicale.

La route entre Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu, et le village de Shasha, 27 kilomètres plus à l’ouest, étant actuellement inaccessible en raison des combats, les patients des centres de santé de cette zone sont référés au Sud-Kivu vers l’hôpital général de référence de Minova et d’autres structures de soins du Sud-Kivu.

 Ces structures se retrouvent débordées de patients, dont un grand nombre de victimes de violences sexuelles. «Aujourd’hui, les structures de santé de la zone de santé de Minova sont débordées et font face à des pénuries de médicaments essentiels pour traiter les pathologies courantes telles que le paludisme, les maladies diarrhéiques, la malnutrition et les infections respiratoires», explique Rabia Ben Alí, coordinatrice de l’équipe d’urgence de MSF au Sud-Kivu. 

«Au cours des quatre dernières semaines, nous avons vu doubler le nombre de cas hebdomadaires de violence sexuelle pris en charge à l’hôpital de Minova», a-t-il alerté.

Relocalisation du personnel

Le 2 février, la zone située entre l’hôpital de Mweso et la base de MSF a été touchée par un explosif et, une semaine plus tôt, des balles provenant de tirs croisés ont touché la base de MSF et l’hôpital de Mweso, blessant un personnel soignant. 

Inquiète pour la sécurité de ses équipes, MSF a décidé de relocaliser temporairement une partie de son personnel de Mweso et de Minova.  «Nous continuons à fournir un soutien la plupart du temps à distance, à l’hôpital de Mweso, ainsi qu’à neuf autres structures de santé dans la zone», explique Çaglar Tahiroglu. 

«Les équipes de MSF y retourneront dès que la situation sécuritaire le permettra. Nous ne pouvons fournir de soins dans les conditions actuelles, car les structures de soins ne sont pas protégées et les équipes médicales sont prises entre deux feux». Fyfy Solange TANGAMU

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