Les douaniers du Grand Katanga en formation de lutte contre la corruption et les antivaleurs

Les douaniers du Grand Katanga à l’école pour mieux servir la nation. C’est le moins que l’on puisse dire après le démarrage le lundi 6 mars 2022 au Chapiteau de Pullman Hôtel de Lubumbashi de la grande session de formation sur le changement des mentalités dans les activités douanières. Le formateur en chef pour le premier module, faisant office de professeur face à ses étudiants, n’a été autre que Jacques Kangudia, le coordonnateur de la coordination pour le changement des mentalités (CCM).

Mais avant lui, le mot de circonstance a été lu par le Directeur de ce projet de prévention, de lutte contre la corruption dans le secteur douanier, Jacques Kambala Tshilombo qui s’exprimait ainsi au nom du Chef de l’État. D’après lui, cette formation vise à donner l’orientation pour que le douanier congolais accomplisse bien sa mission. «Notre pays a besoin de prouver qu’il y a des hommes et des femmes capables d’amener ce pays vers sa destinée. Avec au total 9 pays voisins, les enjeux sont énormes pour le douanier congolais», a déclaré Monsieur Kambala en liminaire.

Pour sa part, Jacques Kangudia, coordonnateur de la CCM, a planché sur l’éthique des responsabilités. Selon lui, si nous avons des douaniers à mentalité changée en matière d’éthique, notre pays va aller de l’avant.

S’adressant aux apprenants douaniers, une bonne centaine, Monsieur Kangudia a insisté sur le fait que le douanier est un agent particulier au service de l’Etat à double titre : D’un côté, il permet, grâce à un travail bien fait, à l’Etat d’avoir des moyens d’accomplir des missions, et de l’autre, il veille sur la sécurité de l’État à travers la vérification et l’identification rigoureuses des produits qui entrent au pays. Et ces mots de Kangudia qui interpellent: «Ceux qui sont dans les frontières doivent se rendre compte du rôle qu’ils ont pour sécuriser le pays». Il n’a pas manqué de fustiger le comportement de certains douaniers véreux qui ont favorisé l’insécurité à cause d’un travail bâclé ou simplement parce que corrompus.

Les maux qui gangrènent le secteur douanier

Monsieur Kangudia a fini par étaler et expliquer les maux qui gangrènent le secteur douanier : corruption, fraude, détournement, interférences, clientélisme et autres.

Après une pause de quelques minutes, la session a continué avec le deuxième module présenté par Jacques Kambala, directeur du projet. Il a commencé par la projection d’une vidéo où l’on voit Madame le Directeur général de la DGDA, Blandine Kawanda s’exprimer en revenant sur ce qui ressemble à un credo : Le changement des mentalités qui rime avec le refus d’exécution des ordres mal donnés.

« l’homme congolais est le probleme du congo »

Pour Kambala Tshilombo, la démarche dans laquelle sont engagées la CCM et la DGDA se veut irréversible. Question alors, qu’est-ce qui en est le socle? Réponse : C’est le patriotisme. Une autre question : Qu’est-ce qui fait qu’on n’ait pas des résultats escomptés après tant de moyens, tant d’énergie ? La réponse renvoie à une triste réalité : «L’homme congolais est le problème du Congo. Le patriotisme échappe à l’homme congolais, a déclaré Monsieur Kangudia. Voilà qui veut dire que la dose du patriotisme congolais est lamentable. Il y a un problème de conscience collective avec souvent cette phrase : «Est ce que yo nde okobongisa mboka?» (Est-ce toi qui va développer ce pays? NDLR)Ce sont là des indicateurs de la conscience individuelle et collective. Et ce constat amer de Monsieur Kambala: «Depuis plusieurs décennies, lorsqu’on observe le fonctionnement de la RDC, il s’avère que celle-ci est malade de ses hommes et de ses femmes. Toutes les structures sociétales se sont détériorées de manière considérable, provoquant ainsi un nivellement des capacités par le bas. La douane, faisant partie de cet écosystème, n’y fait pas exception». 

Voilà qui doit amener à formater, structurer et développer le patriotisme du douanier congolais. 

«Vous êtes des pionniers pour que la vision du changement des mentalités s’étende sur d’autres régies», a-t-il conclu. G.K.

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