Evie Ndandu, une passionnée du volant

Les femmes sont à l’honneur en ce mois de mars leur dédié. Occasion propice pour braquer les projecteurs sur ces créatures braves et courageuses pour , les mettre en avant, parler de leurs vies, leurs parcours professionnels, entendre leurs voix, leurs idées… C’est le cas d’une d’elles : Evie Ndandu. Qualifiée de l’as du volant dans son entourage, Evie Ndandu, chauffeur à l’Agence belge de développement (Enabel) a partagé son quotidien de femme chauffeur à Forum des As. Reportage.

La trentaine, célibataire sans enfant, Evie Ndandu, est une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux. Passionnée d’automobile, surtout les grosses cylindrées, Evie exerce le métier de chauffeur chez Enabel depuis plus d’une année. « Après des études supérieures en Afrique du Sud où j’ai pu faire une formation d’auto-école,  à mon retour au pays, en 2017 j’ai commencé à conduire des voitures particulièrement des Land Cruiser. C’est par le canal d’une amie que j’ai appris que l’on recrutait des chauffeurs à Enabel et j’ai tenté ma chance. Je suis là depuis octobre 2021 et j’aime mon métier bien qu’au départ rien ne m’ait prédestinée à exercer ce boulot. Parce qu’au départ après l’obtention de mon diplôme d’Etat, j’ai fait des études en économie et ressources humaines en Afrique du Sud. Donc, c’est pour montrer que les chauffeurs sont des gens instruits et que ce métier n’est pas réservé seulement à une catégorie de personnes. Aujourd’hui, je suis en train de suivre une formation en logistique, et vu ma passion pour ce que je fais j’améliore aussi mes connaissances en mécanique« , explique la conductrice.

Du haut de son 1 mètre 70 environ, un regard franc, un corps ferme, torse et bras charnus, Evie nous confie ne pas rencontrer beaucoup de difficultés avec ses collègues masculins dans sa profession. « J’ai des bons rapports avec mes collègues masculins, ici à Enabel au niveau de l’ambassade de Belgique, je suis la seule femme chauffeur. Je ne suis pas victime de discrimination où des remarques désobligeantes par rapport à mon sexe. Je m’épanouie pleinement dans mon travail. Beaucoup me félicitent et m’encouragent à aller de l’avant. Il est aussi vrai que lorsque je suis au volant j’ai une attitude d’homme.  Entre eux et moi il n’y a pas de différence. Les vrombissements du moteur sont comme une musique à mes oreilles, cela m’attire. Lorsque je conduis, j’ai une sensation de liberté et je suis plus à l’aise dans les grands véhicules que dans les petits. Cependant, les embouteillages sont un cauchemar pour nous, d’autant plus que l’on est parfois contraint de répondre à plusieurs demandes et ça vous met la pression. Dans ces cas, je dois parfois slalomer sur les routes entre les voitures pour arriver à temps et finir toutes les tâches à exécuter.  En dehors du bureau, par contre, il arrive que des chauffeurs de taxi bus ou leurs contrôleurs fassent des remarques du genre  »cède-moi ta place et rentre à la maison t’occuper des enfants. Ou encore cherche-toi un autre métier »(rires). Sinon dans l’ensemble j’assume ma féminité dans mon travail « .

La femme, un être PLEIN de compétence

A la question de savoir que représente la journée du 8 mars, la conductrice de Land Cruiser, répond que cette date est significative pour la femme. « La femme est un être à qui l’on doit beaucoup de respect. Elle est pleine de compétence, capable d’exercer les mêmes métiers que les hommes. D’ailleurs le thème national de cette année à savoir l’éducation numérique égalitaire pour la paix et l’autonomisation des femmes et filles en RDC, prouve à suffisance que la femme a le potentiel pour développer le secteur du numérique. Personnellement, je suggère à toutes les femmes de travailler bien que je ne sois pas contre les femmes au foyer face qui sont obligés de rester à la maison, à cause de certaines contraintes. Quand l’opportunité d’un emploi se présente, qu’elle le fasse, car le travail épanouit, nous rend autonome. Aujourd’hui avec l’évolution de la technologie, les choses évoluent aussi dans le domaine de l’automobile. Il y a de plus en plus de voitures intelligentes. Pour les conduire, nous devons nous tourner vers le numérique. Donc, ce secteur devient de plus en plus incontournable et la femme doit s’y conformer. J’en profite pour lancer un appel aux femmes pour qu’elles suivent des formations ceci leur permet d’élargir des horizons« , affirme notre interlocutrice.

Bien qu’elle en soit à son premier poste de chauffeur, Evie Ndandu a le privilège de conduire le numéro 1 d’Enabel dans ses déplacements et a également fait partie du cortège du couple royal  belge lors de son séjour en juin 2022 dans la capitale congolaise. Fyfy Solange TANGAMU

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