Les finances publiques ont bonne mine, les Congolais font grise mine

Comment ne pas crier alléluia ou   sabler le champagne -c’est selon la bourse -lorsque le ministre Kazadi égrène le chapelet de chiffres flatteurs des finances publiques pour 2022 ? Une année rose synonyme des clignotants financiers au vert. Accroissement des recettes du trésor de plus  de 24%. Côté taux de change, la dépréciation du franc congolais face au dollar n’a même pas atteint 1% en moyenne annuelle.  » Nous sommes sur la bonne voie « , conclut, prévisions du FMI de 8 ,5 % de croissance en bandoulière pour cette année,  l’argentier national.

Qui peut reprocher au ministre des Finances de pratiquer le sacrosaint principe de communication  » bien faire et le faire savoir  » ? Qui peut se formaliser de ce que Nicolas Kazadi décline la citation du romancier-dramaturge Alfred Capus à savoir « charité bien ordonnée commence et…continue par soi-même  » ?

Reste que si elles sont perceptibles par les cols blancs et plus globalement par la jet set congolaise,  les  » performances  » du ministre des Finances n’ont pas d’échos dans le pays réel. Faute de répondant social. C’est bien cela le talon d’Achille  de cette stabilité du cadre macro-économique chantée sous tous les airs par les gouvernements successifs depuis le très lointain Kengo. Elle est donc vieille cette chronique -tout en contraste- des  finances publiques qui ont bonne mine face à  des Congolais qui font grise mine.

Des chiffres. Encore et toujours des chiffres à faire saliver. De bons comptes certes, mais  le Congolais lambda n’y trouve pas son compte. C’est à croire qu’il ne compte même pas. 

Quelle est, en définitive, la pertinence, mieux la légitimité des chiffres (budget, taux de croissance,  de change, d’inflation,  réserves de change…) si l’ordinaire du plus grand nombre ne s’améliore pas ? Pis, se dégrade même ? A quand l’adaptation mutatis mutandis de  la citation du baron Louis  au contexte  congolais avec cette formule :  » Faites-nous de bonne politique, je vous ferai du bon social « .

Pour la majorité silencieuse, les chiffres ont fini par être désincarnés. Seul compte, en effet,  le social dont la jauge basique est le ventre qui, affamé n’a point d’oreilles pour écouter encore moins danser  le disque rayé des performances économico-financières.               José NAWEJ

Laisser un commentaire

Suivez-nous sur Twitter