Fatshi propose, l’Est dispose

Alors que le compte à rebours a commencé pour le mandat du Président  Fatshi, impossible d’oublier que le candidat Félix-Antoine  Tshisekedi avait promis de faire du rétablissement de la paix dans l’Est sa priorité. Comme son adversaire Fayulu, l’alors postulant au top job Tshisekedi avait indiqué qu’une fois élu il allait établir son état- major au Kivu.

 Au crépuscule de son bail au Palais de la nation, force est de constater que la paix ressemble toujours à l’Arlésienne. L’ordinaire des  Congolais du Nord Kivu et de l’Ituri est  toujours rythmé par le cycle infernal de tueries et autres massacres à grande échelle. Comme pour valider le proverbe selon lequel « un malheur ne vient jamais seul « , la résurgence du M23- réactivé par le Rwanda et ses parrains tapis dans l’ombre- en rajoute à la sinistrose ambiante. C’est la totale. 

Tout en souhaitant que la paix revienne au plus vite dans l’Est rd congolais, on ne voit cependant  pas comment la promesse de pacifier cette partie du territoire sera tenue en moins de dix mois.  Peut-être que le Président a fait ce qu’il a pu pour tenir son engagement. Peut-être même  qu’il  a tout essayé. La plus belle fille du monde ne pouvant donner que ce qu’elle a. 

Le problème, c’est que dans cet « orient congolais compliqué « , les idées généreuses un tantinet simplistes  faites de  » il n’y qu’à, il suffit de …  » et d’autres poncifs qui faisaient florès dans l’opposition d’hier se heurtent aux dures réalités d’une guerre aux tentacules aussi enchevêtrés qu’insoupçonnés.

 Une guerre-en somme la même- dont  les opposants sous Kabila père et fils  avaient sous-estimé la portée géopolitique et géostratégique. Une agression dont ils ne voulaient -pour certains-  et ne pouvaient -pour d’autres-   prendre l’exacte mesure tout  en espérant en tirer des dividendes politiques. Normal dans ce pays où le « ôte-toi de là que je m’y mette  » tient lieu de l’unique ressort du combat politique. 

Aujourd’hui au pouvoir, l’opposition d’hier réalise que la guerre de prédation dans l’Est est dirigée non contre un régime, mais contre le pays ! Il va donc sans dire que  la réponse à ce défi existentiel ne viendra pas d’un clan politique, fût-il celui qui est aux manettes. La solution sera congolaise ou ne sera pas. Face à l’Est, la démarche est solidaire et non solitaire.     José NAWEJ

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