Capitaliser la visite du Pape

Un zeste de latin pour rester dans l’écosystème du Vatican :  » nunc laborare oportet « . Maintenant, il faut travailler. Vivement donc le service après-vente autour du plaidoyer du Pape en rapport avec la guerre de prédation dans l’Est de la RDC.

 Du haut de son magistère moral et avec sa voix qui porte, le Souverain Pontife a su trouver les mots pour dénoncer les maux que charrie l’agression contre la RDC et  dont le Rwanda n’est  que la partie émergée de l’iceberg. Le Pape François a donc donné le ton en se posant en héraut de la dénonciation de la mainmise des puissances étrangères tapies dans l’ombre notamment de Paul Kagamé  sur les richesses de la RDC. Aux Congolais de devenir les héros de leur propre lutte contre ce que le chef de l’Eglise catholique a appelé le  » néocolonialisme économique « .

 Cela passe, à l’interne, par une vraie réconciliation- sur la base des valeurs et des principes – autour des intérêts vitaux du pays.  Ce pays, on ne dira et on  ne l’écrira jamais assez, a fondamentalement besoin d’un consensus. Ce  compromis historique entre forces politiques et sociales représentatives,  seule matrice sérieuse du nécessaire narratif national qui fait tant cruellement défaut.

 En prêchant en italien facile des vertus comme l’amour, le don de soi, la compassion, le pardon et  la paix, le Pape François a placé les Congolais à être en situation de décliner la thématique de sa visite, à savoir  » Tous réconciliés en Jésus-Christ « .  Sinon, la réconciliation ressemblerait à du vent. Et aurait le seul mérite d’enrichir le musée des slogans et autres poncifs  désincarnés qui tiennent lieu de discours politique. Avec le risque  qu’avant la visite du Pape ne soit pas égale à l’après visite.

 Il y a, pourtant, moyen  de conjurer ce spectre d’un énième rendez-vous vendangé.  L’Evêque de Rome  aura  fait sa part. Après tout, comme le renseigne Saint Augustin, «  Dieu qui nous a créés sans nous, ne peut pas nous sauver sans nous « .      José NAWEJ

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