MOT DE CIRCONSTANCE DE MONSIEUR ALBERT YUMA MULIMBI, PRESIDENT NATIONAL DE LA FEC A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE PRESENTATION DES VŒUX 2023 – KINSHASA, LE 16 FEVRIER 2023

Distingués Invités en vos titres et qualités,

Mesdames et Messieurs,

Par la grâce de Dieu Tout Puissant, nous sommes à nouveau réunis au seuil de cette année nouvelle, pour la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux de la Fédération des Entreprises du Congo aux principaux responsables des institutions de notre pays, au corps diplomatique, aux partenaires bi et multilatéraux, aux partenaires sociaux ainsi qu’à toute la communauté des entreprises.

La présence exceptionnelle du Chef de l’Etat à nos côtés ce matin rend cette cérémonie toute particulière.

Je voudrais donc, très sincèrement, lui exprimer toute notre gratitude et notre reconnaissance pour l’honneur qu’il fait à la FEC en acceptant de se joindre à nous. Cette présence est historique.

Je voudrais également remercier, au nom du Conseil d’Administration de la FEC, chacun de vous ici présents d’avoir honoré de votre présence cette manifestation.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Chers Membres,

La cérémonie d’échange de vœux de ce jour revêt un sens particulier dans la mesure où, comme vous le savez, notre pays fait face à de multiples défis.

Tout d’abord sécuritaire du fait de l’occupation d’une partie de son territoire national par le groupe armé terroristes du M23 soutenu par le Rwanda. Excellence Monsieur le Président, nous ne vous serons jamais assez reconnaissants, ainsi qu’à nos Forces

armées, de l’engagement sans concession qui est le vôtre contre les ennemis de la République. Vous disposez de tout le soutien de la Communauté économique pour repousser les envahisseurs hors de nos frontières et ramener la paix à nos concitoyens de l’Est si durement éprouvés depuis toutes ces années.

Ensuite politique avec l’organisation d’importantes échéances électorales pour l’avenir de notre peuple, mais aussi, et c’est notre préoccupation en tant qu’organisation représentative du secteur privé, pour l’environnement économique dans lequel nos entreprises évolueront pendant toute l’année 2023 et durant laquelle nous ne souhaitons ni immobilisme, et encore moins l’instabilité qui caractérise parfois ces périodes.

Et enfin socioéconomique, pour que cette année favorise le développement de notre pays et contribue, par la relance de notre économie, à sortir le plus grand nombre de nos concitoyens de la pauvreté. Nous savons combien cette préoccupation est au cœur de votre engagement politique.

Avant d’aller plus avant, je voudrais, avant tout m’acquitter d’un agréable devoir, en présentant, au nom du Conseil d’Administration de la FEC, à Son Excellence Monsieur Félix- Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’Etat, les vœux les meilleurs de santé, de succès et de réussite dans la lourde tâche qui est la sienne en cette période si délicate.

Je voudrais également souhaiter pour 2023 à la Distinguée Première DAME, MAMAN DENISE NYAKERU TSHISEKEDI, mes vœux les meilleurs de bonheur et de santé.

Ensuite, à tous les Hauts Responsables des Institutions de la République, au corps diplomatique, aux partenaires bilatéraux et multilatéraux, aux partenaires sociaux, à toute la population congolaise dans sa grande diversité ainsi qu’à tous les opérateurs économiques membres ou non de la FEC, j’adresse également mes vœux les meilleurs.

Considérant la nature si particulière de la rencontre de présentation des vœux de ce jour, due à la présence exceptionnelle de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine TSHISEKEDI-TSHILOMBO, permettez- moi, de profiter de l’opportunité pour vous faire part de nos vœux, vœux pour notre économie en général, et vœux pour le secteur privé en particulier.

…Nous entretenons des relations constantes avec le Gouvernement ainsi qu’avec les Gouvernorats dans l’ensemble des Provinces, mais pouvoir vous faire part directement de nos espoirs pour l’économie du pays et de nos attentes pour le rôle que le secteur

privé et ses représentants pourraient y jouer, constitue une occasion unique de nous adresser à la Plus Haute Autorité de l’Etat.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, les entrepreneurs de ce pays sont l’armée économique de ce pays, à son service. De leur vitalité dépend la création de richesse locale, l’emploi et in fine le développement socio- économique à travers leur contribution à la valeur ajoutée locale.

Une économie forte Excellence, vous donnera les moyens d’avoir une armée puissante.

Nous sommes prêts à nous battre dans l’équipe Congo, nous le faisons déjà et je dois dire que nos entrepreneurs, au regard des défis quotidiens qu’ils relèvent ont déjà démontré leur attachement à travailler au Congo.

Mais que de difficultés sur leur chemin, que d’obstacles à dépasser. Excellence, Votre tâche est d’une complexité infinie, et nous en avons conscience. De nombreux signes encourageants sont donnés de l’implication de votre Gouvernement dans des politiques publiques ambitieuses pour le développement du pays. Mais malheureusement après les annonces, l’exécution pêche souvent et trop d’annonces restent lettres mortes.

Monsieur le Président, nous vous en conjurons, aidez-nous à vous aider par nos contributions dans vos missions et notamment celle de la défense du pays. Aidez-nous à élargir la base fiscale, plutôt qu’à pressurer les mêmes entreprises, en favorisant indirectement l’informel ; aidez-nous à créer des PME qui fourniront les emplois qui manquent dans les villes, aidez-nous à investir dans le centre du pays pour développer l’agriculture locale, pour favoriser l’emploi rural, limiter l’exode rural plutôt que consommer nos réserves de change en importations coûteuses; aidez-nous à protéger nos industries naissantes, comme tous les pays du monde l’ont fait et le font encore aux stades premiers de leur développement.

Monsieur le Président, tous ces défis sont des opportunités, car clairement identifiés. Nous sommes un marché de promesses et de potentiels infinis, où il n’y aurait plus qu’à se baisser pour ramasser les fruits de notre travail. Mais pour cela, nous devons collectivement abolir cette culture de la rente qui nous fait tant de mal. Levez les obstacles qui découragent les motivations des entrepreneurs et entravent les investissements privés et vous verrez combien notre Nation pourrait être forte, très forte.

Ce dont nous avons prioritairement besoin avant toute politique macro-économique sectorielle, c’est que les fondamentaux du développement économique soient mis en place pour réduire le coût des facteurs et favoriser la création d’entreprises.

C’est notamment le cas à travers des infrastructures de communication de qualité au sens large, une offre en énergie stable et accessible et un climat des affaires amélioré.

Nos infrastructures physiques, aussi bien celles de transport que d’énergie, restent insuffisantes et sont de très mauvaise qualité.

Et, en cette matière, il n’est plus besoin de dire que les pays qui ont amélioré leurs stocks d’infrastructures ont connu un essor commercial et une croissance économique rapide. C’est un défi existentiel pour notre pays.

A défaut de quoi, nous continuerons à ne pas pouvoir développer d’industrie clef sur toute l’étendue du territoire et pour le peu qui existe aux frontières, elles continueront à profiter à nos voisins qui parfois financent eux-mêmes les routes pour permettre une exportation facilitée de nos matières premières non transformées. Cela ne tient pas compte, de surcroit, du coût prohibitif de tout ce que nous devons importer, soit par les airs, la mer ou la route.

Bien sûr, nous le savons tous, dans ce domaine, notre pays a accumulé un grand retard. La réalisation optimale du projet de développement des 145 territoires que vous avez initié est susceptible de jeter les bases de cet environnement physique dont a besoin notre économie.

Nous espérons que sous votre autorité, ces projets majeurs pour l’avenir du pays et son développement économique verront enfin le jour.

Nous nous permettons de rappeler à votre intention que toutes les initiatives qui pourraient être prises en faveur d’un partenariat public-privé, comme dans le cadre du port de Banana notamment, constituent un élément essentiel à l’accélération de la matérialisation de ces projets.

Nous ne cesserons cependant de rappeler qu’il faut veiller tout particulièrement à prévoir une composante locale importante dans leur réalisation afin de bénéficier d’un effet de levier de la commande publique pour développer nos propres entreprises de construction, de fournitures de biens et de services.

La FEC, notamment dans le cadre de la loi sur la sous-traitance, se tient à vos côtés pour opérationnaliser ces processus, qui sont une nécessité absolue, si on ne veut pas revivre au pays, la situation des investissements miniers, qui ont profité quasi-exclusivement aux entreprises étrangères. Ces grands projets sont une chance pour développer le pays et faire éclore les entrepreneurs congolais, surtout les jeunes.

Les difficultés physiques que nous rencontrons au quotidien sont certes importantes, mais elles ne sont pas les seules. Les lever débloquerait sans aucun doute le potentiel économique du pays, mais sans un climat des affaires amélioré, il y aurait de toute manière peu de chances que notre secteur privé local puisse en bénéficier.

Car si le coût des facteurs physiques est un handicap certain, il renchérit le coût de la production locale. Un climat des affaires inhospitalier a également un coût et bride bien plus sûrement toute velléité d’investissement et de développement.

Nos préoccupations sont bien connues ; entre les tracasseries administratives, notamment fiscales et douanières et l’insécurité juridique et judiciaire.

L’un des éléments les plus significatifs qui influe négativement sur le climat des affaires est évidemment la problématique fiscale.

La réalité est que le système fiscal appliqué en RDC demeure dissuasif et non attractif. Ce n’est pas nouveau et d’ailleurs un de mes illustres prédécesseurs, Jeannot BEMBA SAOLANA avait eu le courage, car il en fallait du temps du Parti Etat pour critiquer l’Administration, de qualifier notre système de  » terrorisme fiscal « .

Notre système de prélèvement fait à juste titre l’unanimité contre lui  de la part des entreprises quant au niveau jugé asphyxiant des taux des impôts en tous genres, qui frappent toujours les mêmes. C’est un système complexe de prélèvements, hélas avec un rendement faible de mobilisation des recettes de l’Etat.

Nous saluons votre engagement total dans la lutte contre la corruption, pour augmenter les revenus de l’Etat et financer votre programme de développement.

Les entreprises du secteur formel regroupées au sein de la FEC ne cessent de déplorer un système confiscatoire avec un taux effectif minimum d’imposition estimé à plus de 35% en régime intérieur et voir plus de 60% lors des opérations d’importation.

Les recettes mobilisées à l’intérieur du pays auprès des entreprises ont représenté, ces 10 dernières années, en moyenne 75% du budget de l’Etat.

A titre exemplatif, les cimentiers supportent 55 impôts et taxes ; ce nombre s’élève à 77 pour les industries brassicoles et, pour les cosmétiques et les emballages en plastique les charges fiscales pèsent jusqu’à 68% de leurs chiffres d’affaires.

S’agissant de l’effectivité des perceptions, les données en notre possession renseignent que les impôts, droits et taxes à payer à l’initiative de divers services étatiques tant au niveau national que des provinces représentent plus ou moins 54 % du chiffre d’affaires des entreprises. Du chiffre d’affaires, pas du résultat net.

Force est de constater, que si notre Administration est riche en guichets fiscaux et parafiscaux nationaux et provinciaux, son fonctionnement pèse sur le tissu économique et obère ses chances de développement par un effet dissuasif sur l’entrepreneuriat formel.

Ce n’est ni le lieu ni le moment d’entrer dans des détails que nous avons déjà transmis de nombreuses fois aux membres du Gouvernement et Administrations compétentes, mais Monsieur le Président, sachez que nos préoccupations, et nos attentes, portent tout à la fois sur la légalité des perceptions, la fixation du niveau des taux d’imposition, et enfin des règles de procédure relative au contrôle, au recouvrement et au recours.

Sur ce dernier sujet les services étatiques disposent de pouvoirs de contraintes exorbitants du droit commun. C’est la loi du plus fort, qui engendre un déséquilibre dans la relation avec l’entrepreneur.

Il y a néanmoins lieu de souligner, pour s’en féliciter, de l’instruction récente du Premier Président de la cour de cassation interdisant aux magistrats du Ministère public de poursuivre les matières fiscales, douanières et des recettes non fiscales sans réquisition préalable des régies financières. Espérons qu’elle sera suivie d’effets.

Je ne m’étendrais pas sur le sujet de l’insécurité judiciaire, qui constitue le corolaire de l’absence de voies de recours adaptées pour contester les décisions fiscales, mais pas uniquement.

Comme vous l’aviez si bien souligné, lors du Conseil des Ministres du 7 octobre dernier, notre justice souffre de graves dysfonctionnements tant en matière pénale, civile qu’administrative.

Nous ne saurions mieux dire et pouvons vous assurer qu’en matière d’exécution des contrats et de droit de propriété, qui sont les deux institutions majeures de toute activité économique, l’absence d’une justice fonctionnelle condamne à l’inefficacité économique et constitue donc un facteur de sous- développement.

Je n’en veux que pour exemple, parmi tant d’autres la tentative d’expropriation en cours de la parcelle historique, une ferme datant de 1940, de la famille DAMSEAUX à la Gombe.

Quelques mois à peine après le décès de William DAMSEAUX, et après tout ce que cette famille a fait pour le Congo (ils sont arrivés en 1931), constater de tels actes sur leurs titres fonciers, laisse dubitatif sur la capacité du système à protéger les investisseurs.

Beaucoup d’autres congolais, en dehors du monde des affaires, en sont aussi victimes.

Enfin en matière douanière, nous rencontrons exactement les mêmes difficultés.

La douane devrait être a minima la protection du marché intérieur pour favoriser de manière intelligente le développement d’industries naissantes locales.

Dans les faits, elle taxe les exportations congolaises et favorise indument les importations, phénomène qui est renforcé naturellement par notre forte dollarisation. La RDC devient ainsi toujours plus, un marché ouvert aux producteurs étrangers et un désert productif local.

Ainsi à l’Est du Pays, nos agriculteurs préfèrent exporter via les pays voisins où les taux sont largement inférieurs.

La RDC n’a pas vocation à être la plateforme commerciale de la sous- région. Nous avons vocation à être au moins les producteurs de notre propre marché pour les biens de première nécessité, qu’ils soient agricoles ou textiles, pour ne citer que deux industries à forte intensité de main d’œuvre.

Sur ce dernier point, qui a un lien avec le besoin d’industrialisation du pays, je voudrais faire une incise. Il n’y a jamais eu de développement d’industrie locale, dans aucun pays du monde, sans protectionnisme initial. Soit pur et simple avec des barrières douanières fortes, soit plus sophistiqué, avec des dévaluations compétitives.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Chers Membres,

En matière de politiques sectorielles et sous votre autorité, votre Gouvernement a engagé un certain nombre de réformes des politiques publiques qui vont dans le bon sens pour favoriser l’émergence de notre pays comme un acteur économique majeur, notamment dans les secteurs clefs que sont l’agriculture, l’agro- industrie, l’industrie et les PME.

Nous connaissons tous leur importance et la nécessité de les développer pour contrebalancer la domination des revenus miniers dans notre économie et aller vers une économie diversifiée, équilibrée, créatrice d’emplois et réellement souveraine.

C’est pourquoi, je pense qu’au-delà d’avoir un taux de croissance positif sur une longue durée, ce dont nous devons nous féliciter, il est important que les pouvoirs publics mettent l’accent sur une meilleure contribution de chaque secteur économique à la croissance et offrir davantage de possibilités de développement que ce soit en matière agricole, industrielle ou en faveur des PME.

Le secteur agricole est au cœur de vos préoccupations à travers notamment, et je vous cite  » La revanche du sol sur le sous-sol  » tout comme le secteur industriel.

Nous avons donc accueilli favorablement l’initiative prise de construire des Parcs Agro-industriels qui nous l’espérons permettra le développement d’une véritable industrie agricole pour devenir autonome sur le plan alimentaire. Tout comme nous souhaitons voir se développer un tissu d’agriculteurs indépendants implantés dans leurs territoires.

En matière industrielle, nous souscrivons à votre volonté de disposer d’une industrie forte, notamment à travers son fort pouvoir de création d’emplois et de mobilisations de consommations intermédiaires. Mais comme je l’ai dit précédemment, ne pensons pas que notre industrie pourra se débattre toute seule sans être protégée, pour tout article importé substituable par une production locale.

Je voudrais faire une légère incise sur le secteur minier qui constitue une industrie à part dans notre pays.

Nous nous félicitons de l’engagement résolu de Votre Excellence en matière d’intégration de la chaine de valeur des composants des véhicules électriques, à travers la création d’une usine de batterie ou de précurseurs de batterie.

Nous ne pouvons qu’encourager de telles initiatives, mais à la condition qu’elles profitent au pays, c’est-à-dire à ses finances publiques bien évidemment, mais aussi à son tissu économique.

Il est en effet impératif que le développement  industriel de la chaine de valeur des véhicules électriques se fasse avec les entreprises locales.

Pourquoi ? Tout le monde connait le potentiel minier de la RDC, mais trop peu nombreux sont ceux qui rappellent que celui-ci est détenu très majoritairement par des intérêts étrangers qui par le cours de l’histoire, puis les mécanismes de marché, en sont devenus les véritables propriétaires.

Il faut donc prendre garde que cette situation ne se répète pas avec l’intégration de la chaine de valeur des véhicules électriques, mais aussi les énergies renouvelables.

Les entreprises profitent à ceux qui en détiennent les capitaux. Le défi majeur ici est de faire qu’en installant les usines de batteries en RDC nous nous assurions que les capitaux appartiennent majoritairement aux Congolais. Bien sûr cela ne se fera pas du jour au lendemain mais nous comptons sur votre volonté Excellence pour garantir, par des mécanismes légaux la participation progressive des nationaux à l’actionnariat des usines de transformation, dès le début.

Dans le même ordre d’idées nous devons reprendre le contrôle de la production artisanale de cobalt qui est confisquée au profit d’intermédiaires qui agissent en marge de la légalité, de la dignité la plus élémentaire des creuseurs et qui pèse lourdement,

à la baisse, sur les cours mondiaux. C’est une question de justice sociale pour nos concitoyens et de souveraineté sur nos matières premières.

Je suis convaincu que les résultats obtenus par Primera Gold dans le domaine de l’or artisanal, qui est votre initiative que je salue avec force, doivent pouvoir être dupliqués dans le cobalt et tous les minerais stratégiques sur la base du dispositif légal et réglementaire existant.

Voici brièvement ramassées nos principales observations sur les politiques économiques mises en place par votre Gouvernement, dont nous saluons les initiatives positives, afin de créer un cadre macro-économique à même de soutenir une croissance forte, qui devrait être basée principalement sur l’émergence d’acteurs économiques locaux qui seraient la locomotive du développement que nous attendons tous.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,

Distingués invités en vos titres et qualités,

Chers Membres,

Permettez-moi au nom de la Fédération des Entreprises du Congo, à nouveau de très sincèrement vous remercier de votre présence ce jour au milieu des acteurs du secteur privé. Au-delà des mots, votre seule présence témoigne de la sincérité de votre engagement à faire du dialogue public privé un axe de votre action en matière de développement économique.

Je me permettrais donc, pour cette journée exceptionnelle, d’insister auprès de vous sur le rôle que le secteur privé devrait pouvoir jouer dans le développement économique du pays. Nous sommes en effet convaincus, qu’il ne peut y avoir de bonne politique économique, sans une relation franche, indépendante et respectueuse du secteur privé vis-à-vis de l’Etat.

C’est pourquoi, et en priorité nous souhaiterions pouvoir renforcer ce dialogue public privé qui a tendance à s’essouffler quelque peu.

Mais avant toute chose, je tiens à remercier très sincèrement les présidents de deux chambres du parlement pour avoir associé la Fédération aux discussions portant sur les matières concernant la vie des entreprises dans le cadre de leurs travaux.

S’agissant plus spécifiquement de nos relations avec le Gouvernement il y a lieu de relever qu’au regard des expériences vécues, celles-ci ont revêtu un caractère plus cérémonieux qu’opérationnel. On ne peut d’ailleurs que déplorer que la FEC ait été exclue des réunions hebdomadaires sur la conjoncture économique à la Primature.

Nous regrettons également que de manière totalement contraire aux dispositions statutaires du FPI, de l’INPP et du FONER, les récentes nominations d’administrateurs dans ces organismes aient délibérément omis l’obligation de nommer des membres de la FEC, dont je rappelle par ailleurs que par leurs cotisations ils en sont les premiers contributeurs.

Plus largement et bien que nous ayons été consultés par certaines institutions étatiques, les points de vue de la FEC ne sont généralement pas pris en compte par les décideurs politiques.

Et lorsque les mesures sont néanmoins prises, leur mise en œuvre rencontre des difficultés voire parfois nous sommes contraints d’assister à des rétropédalages ou à des discours discordants entre les membres du Gouvernement.

Ainsi, certaines réformes proposées, notamment en matière du climat des affaires ont-elles été transformées en assignations, mais leur mise en œuvre reste encore à accomplir.

A titre d’exemple, voici quelques-unes des décisions du Conseil des Ministres qui posent problème.

Par exemple, celle de la 58ème réunion tenue le 17 juin 2022, relative à la prise des mesures conservatoires face aux tracasseries de l’ONAPAC et à l’organisation d’une table ronde avec tous les acteurs pour revoir le cadre réglementaire lié aux aspects fiscaux et parafiscaux du secteur agricole en RDC.

Contre toute attente, cette décision vient d’être contredite par un Décret du Premier Ministre et un Arrêté du Ministre de l’agriculture reconduisant les mêmes illégalités et erreurs décriées par la FEC alors que la table ronde n’a pas été convoquée ni le Patronat être approché tel que recommandé par vous-même.

Celle de la 61ème réunion tenue le 08 juillet 2022, relative à la rationalisation des perceptions par la suppression de 14 perceptions à l’import-export, inappliquée jusqu’à ce jour.

Enfin, celle prise en date du 18 novembre 2022 pour suspendre, jusqu’au 14 février 2023, les missions de contrôle mais qui n’est pas exécutée alors que le mois de février va bientôt finir.

Au vu de ces exemples, nous insistons auprès de vous en tant que Plus Haute Autorité de l’Etat sur l’importance d’un dialogue franc et constructif entre le secteur public, qui a en charge la responsabilité des politiques de l’Etat et le secteur privé, qui constitue les troupes nécessaires au développement.

C’est pourquoi, sur ces cas et bien d’autres qu’on détaillera à la cellule climat des affaires à la Présidence, nous demandons votre Arbitrage.

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,

Distingués invités en vos titres et qualités respectifs,

Chers Membres,

Je voudrais dire quelques mots au sujet du rôle de notre Fédération, et plus généralement de l’utilité pour notre pays de pouvoir disposer d’un tissu de corps intermédiaires de qualité pour être le relai ou le partenaire de l’Etat dans son action.

Comme vous le savez en 2022, la Fédération des Entreprises du Congo a célébré son jubilé d’or le 27 juillet dernier. Cinquante ans au service du secteur privé congolais. C’est dire que notre Fédération a fait du chemin.

Elle a su, malgré parfois des moments difficiles, toujours porter la voix du secteur privé de notre pays et nous pouvons tous être fiers du chemin parcouru.

Ce chemin a été incarné par de grands anciens, qui sont pour certains dans la salle, comme Pascal KINDUELO, et dont l’exemple montre encore la voie aux plus jeunes.

Ces jeunes sont nombreux ce soir et il leur revient désormais la responsabilité d’animer la vie de la FEC et de contribuer à son rayonnement. Il faut les encourager à entreprendre évidemment, mais aussi comme leur a dit le Pape François, il faut que leur activité porte des valeurs morales pour être de dignes capitaines d’industrie.

Mais rien n’est définitif, ni jamais acquis. Il est important que les pouvoirs publics nous aident et plus largement aident toutes les formes de structuration des opérateurs économiques afin de pouvoir compter sur des interlocuteurs crédibles dans l’exercice de leur mission.

C’est pourquoi, face à l’ampleur des besoins, dans tous les domaines de la vie économique nous sommes toujours désireux d’attirer toujours plus de membres dans tous les secteurs et d’enrichir le rôle de notre Fédération et nos missions. Enrichir notre Fédération et les autres organisations c’est rétablir l’obligation pour commercer en RDC d’être inscrit dans l’une ou l’autre organisation patronale. Cela nous renforcera évidemment, mais contribuera également à assainir la vie économique et à renforcer les acteurs du secteur privé.

Pour l’Etat, cela constituera d’abord une source d’information fiable sur la taille de notre économique et son potentiel fiscal, cela incitera à la réduction de l’économie informelle, cela rendra d’autant plus représentatifs ses partenaires et légitimes leurs revendications.

Plus largement, en matière d’engagement des organisations intermédiaires dans la vie économique générale, je crois que nos organisations voient leur potentiel sous-utilisé par l’Etat.

Il y aurait tant à faire pour drainer et orienter l’investissement public et privé vers le secteur privé local, tant à faire pour gérer des infrastructures collectives économiques nécessaires au développement des activités du secteur privé comme les ports, les aéroports, les centres de congrès. Tant à faire pour former aux métiers de l’entreprise nos jeunes comme les  » business school  » ou les centres de formation professionnelle, que je ne vois que des motifs d’optimisme pour le développement de nos activités à l’avenir, en tant qu’opérateur de services et d’infrastructures économiques au bénéfice de notre économie.

C’est ce qui a été fait dans de nombreux pays, avec succès, où le secteur privé est délégataire et opérateur de certaines missions qu’il remplit pour le compte de l’Etat.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que le Conseil d’Administration de la FEC a placé son mandat sous le signe du renouveau, en lançant depuis deux années le Projet Renaissance qui bénéficie, et nous les en remercions, de l’appui technique et financier du PNUD.

Ce projet vise à conduire une transformation en profondeur de la FEC aussi bien de sa gouvernance que de son organisation, en vue de permettre à l’institution de devenir un acteur et un partenaire de premier choix dans la mise en œuvre opérationnelle de l’agenda national de développement et faisant du secteur privé un acteur opérationnel de l’économie nationale.

Ici, je me dois de dire que le PNUD nous accompagne pour une reprise du dialogue avec le Gouvernement. C’est ainsi qu’en concertation avec le Ministre des Finances, nous avons convenu d’organiser des tables rondes sectorielles (en présence des Ministres concernés) pour débattre des réformes indispensables pour la FEC. Et nous espérons que cette dynamique ne s’arrêtera plus, avec ou sans l’intervention du PNUD.

Il vise également à nous permettre de redevenir ce que la FEC était avant les pillages des années 90, une Fédération ouverte à toutes les catégories d’entrepreneurs, y compris les entreprises du Portefeuille, retirées de force de la FEC/ANEZA en 1997. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,

Honorable Président de l’Assemblée Nationale,

Honorable Président du Sénat,

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Honorables Députés et Sénateurs,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,

Monsieur le Président de la Cour de Cassation,

Monsieur le Président du Conseil Economique et Social,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,

Monsieur le Gouverneur de la Ville de Kinshasa,

Mesdames et Messieurs les Présidents et Secrétaires Généraux des organisations professionnelles d’employeurs et de travailleurs,

Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil d’Administration de la FEC,

Chers Membres de la FEC,

Distingués Invités en vos titres et qualités,

Mesdames et Messieurs,

Avant de conclure, je voudrais de nouveau rappeler qu’au regard de tous les défis qui nous attendent en 2023, la Fédération des Entreprises du Congo voudrait ici, par ma voix, lancer un appel au rassemblement national et à l’esprit de responsabilité de l’ensemble des forces vives de la nation afin de permettre à nos concitoyens de traverser cette période dans le calme et la sécurité.

Nous avons déjà connu ces périodes par le passé qui ont pu être des périodes de tension et d’incertitudes et comme vous le savez, Excellence Monsieur le Président de la République, l’économie en général, l’investissement en particulier, a besoin d’un cadre stable pour se développer.

Enfin pour terminer, j’en appelle à la mobilisation de toutes les femmes et tous les hommes d’affaires de ce pays derrière vous, pour défendre la RDC contre l’oppression et l’agression barbare dont elle fait l’objet. Nous ne vaincrons l’ennemi que tous ensemble dans l’UNITE NATIONALE et LA CONCORDE. Chaque Congolais a un rôle à jouer.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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