Relance de la MIBA : il faut 453 millions USD

*Le redressement de cette entreprise relancera l’économie du Kasaï, en même temps qu’il remettra sur orbite la RDC s’agissant de la compétitivité sur le marché du diamant industriel.

La MIBA, société minière de diamants, peine à relancer ses activités. D’après le plan élaboré par le Comité de pilotage de la réforme des entreprises du portefeuille de l’Etat (COPIREP) à la demande du gouvernement, il faut une enveloppe de 453 millions pour redresser la Société minière de Bakwanga (Miba), presqu’en faillite. C’est ce qui ressort de l’atelier de restitution et de validation du plan de relance de cette société mixte tenu le 6 janvier à Kinshasa.

Sortir la Miba de son état comateux. C’est ce à quoi se sont attelées les différentes parties prenantes qu’un atelier a réunies à Kinshasa. Au terme de ce forum, un plan de relance de 453 millions à exécuter en 5 ans a été adopté et validé par les participants. Ce plan est accompagné d’un autre d’investissement de 161 millions de dollars à réaliser en 3 ans. Cette société a donc besoin des capitaux frais pour sa relance. 

La Société minière d’extraction de diamants de Bakwanga a été pendant longtemps l’un des fleurons de l’économie de la RDC aux côtés de la Gécamines. Dans les années 1980, elle faisait vivre 40.000 personnes, employés et leurs dépendants. Mais minée par la mauvaise gestion, le délabrement de ses installations, les détournements et le pillage des ressources, l’entreprise a inexorablement baissé en activité. Elle est même au bord d’une faillite qui ne dit pas son nom. 

Il va donc sans dire que le redressement de la MIBA boostera l’économie de l’espace kasaïen en même temps qu’il remettra sur orbite la RDC quant à la compétitivité sur le marché du diamant industriel.

Ce n’est pas tout. La relance de cette entreprise mixte aura également l’avantage de freiner l’exode des jeunes kasaïens vers Kinshasa et le Katanga.

Mais en attendant, le diagnostic de la Miba est catastrophique, rapportent les experts. Pour y remédier ils préconisent l’injection des capitaux frais devant provenir dans la mesure du possible des deux principaux actionnaires de cette société que sont l’Etat congolais (80%) et la Sibeka (20%). Une partie des finances pourraient être puisée des créances de la Miba sur l’Etat. Du solde que le Sacim devrait payer à l’Etat congolais et qui doit être versé à la Miba  tel qu’il a été résolu par le ministère des Mines. A défaut, il pourrait être envisagé l’ouverture du capital à d’autres actionnaires pour trouver les capitaux nécessaires en vue de la relance de cette société.

Forte implication de la ministre du Portefeuille

Pour la sauvegarde effective de la Miba, les participants ont également recommandé la mise en place d’un modèle économique approprié, la proposition de financement de la relance ainsi que des mesures d’accompagnement.

La ministre d’Etat, ministre du portefeuille, Adèle Kayinda, a pour sa part, promis son implication pour prioriser ce plan de relance auprès du gouvernement.  «A cet effet  je me fais forte de solliciter un appui budgétaire conséquent qui sera évalué au niveau du gouvernement. Si aujourd’hui, la Miba est une entreprise en faillite non déclaré c’est par la volonté exclusive du chef de l’Etat et deuxièmement c’est grâce aux potentiels que regorge la Miba. Voilà pourquoi  nous parlons de la transformation de la Miba, elle sera restructurée et aura son plan de relance pour son redressement» a déclaré adèle Kayinda.

Les participants à cet atelier ont adopté à l’unanimité ce plan de relance. Ils ont 15 jours pour déposer au ministère du Portefeuille, le plan final de relance de la Miba, en tenant compte des observations.

 La Société minière de Bakwanga (MIBA SA) connaît, depuis une vingtaine d’années, de sérieuses difficultés dont les premiers indices visibles sont apparus vers  1998. Elles sont aggravées avec le temps pour aboutir à l’arrêt de la production en novembre 2008 et reprendre timidement en 2011 jusqu’à ce jour à un niveau insignifiant.

Saisi par le Conseil Présidentiel de Veille Stratégique (CPVS) sur cette situation de quasi-faillite, le Chef de l’Etat a instruit le Gouvernement de faire élaborer par le Copirep un plan de sauvetage de la Miba. Fyfy Solange TANGAMU

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