Le Pape François pour une réconciliation au prix d’un désarmement des cœurs

C’est le jour ‘‘J’’. Ce mardi 31 décembre en effet, Kinshasa s’attend à recevoir un hôte de marque : le Pape François. Le 266ème successeur de Saint Pierre est, en fait, le deuxième Souverain Pontife à fouler le sol de la République démocratique du Congo, après le Pape Jean-Paul II d’heureuse mémoire. Pour nombre de chrétiens catholiques du pays, la venue du Vicaire du Christ est une occasion propice pour amorcer la réconciliation entre les fils et filles du pays. Pas seulement. Ce qui passe par le désarmement des cœurs.

La visite du Pape en ce jour inspire espoir. Espoir en un moment critique de l’histoire d’un Congo déchiré par une longue guerre d’agression et des conflits internes, alimentés par une kyrielle de milices. A la suite du Christ, le Souverain Pontife est appelé à prôner la paix, la réconciliation. Comme le stipule le thème même de sa mission en RDC.

Nombre de Congolais attendent de la hiérarchie catholique un message de réconciliation. Désireux de voir l’Eglise au milieu du village, plusieurs aimeraient le voir s’investir en rassembleur. Que le Pape qui rencontrera le gotha politique, diplomatique, économique… du pays puisse profiter de son séjour pour aider les dirigeants à tenir compte des aspirations d’un peuple paupérisé à outrance, alors qu’il vit dans l’un des pays les plus nantis en ressources.

Du Pape, l’on attend un message de paix qui permettra de réconcilier les dirigeants et les dirigés. D’exhorter ses interlocuteurs, la classe politique en particulier, à désarmer leurs cœurs pour que s’installe un climat de dialogue qui aidera les protagonistes à surmonter les clivages ethniques, régionaux, religieux, sociaux…     

Un discours qui pourra tomber à point nommé en cette période sensible où le pays se prépare aux joutes électorales. Un tel message aura l’avantage de baisser des tensions et de favoriser un climat de confiance qui devra aider le pays à panser ses plaies.

C’est d’ailleurs dans cette optique que l’on voit de bon œil la résurgence de l’esprit œcuménique qui a pris corps depuis les préparatifs de cet évènement. Le clergé catholique de Kinshasa ne cesse de répéter que le Pape ne vient pas que pour les catholiques. Point donc besoin d’exclusion pour les autres confessions religieuses qui sont les bienvenues aux rendez-vous du numéro un du Vatican, le plus petit pays de la planète. Mais pas le moins influent.

L’occasion sera propice pour interpeller aussi ses pays voisins, plus particulièrement le Rwanda, qui alimentent des conflits en RDC et martyrisent des peuples qui vivent sur des terres riches en minerais. Proche des pauvres, le Souverain Pontife s’attend à plaider aussi la cause des victimes de guerre de l’Est avec qui il s’entretiendra pendant son bref séjour à Kinshasa.   Yves KALIKAT   

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