Delly Sesanga dénonce l’accord minerais contre carnet d’adresses

* Le leader d’Envol prône la professionnalisation de la territoriale.

Après deux jours passés à commémorer les héros nationaux Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila, le leader d’Envol a échangé avec la crème intellectuelle du Maniema au cours d’une conférence-débat organisée au Cercle de la SNCC.

Delly Sesanga y a abordé un des thèmes importants de son projet de refondation de la RD Congo, à savoir : la réforme du secteur de la sécurité.

Le président national d’Envol estime que l’on peut mourir de faim, souffrir de certaines maladies, mais ce dont on ne peut se priver, c’est la paix et la sécurité dans le pays.

Après avoir rappelé tous les superlatifs que l’on emploie habituellement pour qualifier la RDC, appris depuis l’école primaire, (un scandale géologique, la plus grande réserve de forêt du monde, 2ème plus grand pays d’Afrique, pays solution pour le réchauffement climatique…), M.Sesanga note l’écart qu’il y a entre ces superlatifs et le quotidien des habitants de ce supposé « paradis« . On a une population pauvre, un pays où on ne sent pas l’autorité de l’Etat, bref qui manque de repères.

Le Congo, un trésor jusqu’à la fin des temps

Il estime que le Congo étant un trésor, jusqu’à la fin des temps il aura toujours des ennemis. C’est aux dirigeants de comprendre cela et se poser de bonnes questions du genre: quelle solution la RD Congo apporte face aux menaces des pays étrangers?

Le leader d’Envol explique que le premier élément de la sécurité c’est administrer l’Etat. Or « la RD Congo aujourd’hui donne l’impression de ne pas être administrée« , soutient-il. « L’administration territoriale est la première défaillance de notre sécurité« , note-t-il.

Et Sesanga d’expliquer que « ‘Nous en sommes là parce que nos dirigeants, depuis plusieurs  années, ont transformé l’administration territoriale en structures politiques qui recrutent des membres pour les aider à conserver le pouvoir et non à administrer la Cité ».

Évaluant l’apport du régime de l’Union sacrée sur la problématique sécuritaire, Sesanga déclare avoir l’impression que l’insécurité s’est accrue, parce qu’une bonne partie du territoire national est présentement entre les mains des armées étrangères.

Et du point de vue de sa souveraineté, le pays a perdu  le contrôle militaire d’une partie du territoire national.

l’etat congolais a sous-traité sa securité

En termes de bilan par rapport à la situation d’avant, celle-ci est pire. Il ne faut pas se voiler la face. « Aujourd’hui l’Etat congolais a sous-traité sa sécurité entre les armées étrangères« , affirme-t-il.

Sesanga prévient ses compatriotes. « Si les Congolais pensent qu’il y aura des gens qui auront plus d’intérêt que les Congolais eux-mêmes à faire la guerre pour défendre l’intégrité territoriale de notre pays, alors on se trompe complètement. Les troupes de l’EAC ne viendront jamais faire la paix à notre place« , soutient Sesanga.

Pour le leader d’Envol, le contexte de la  guerre qui se passe dans l’Est de la RDC nécessite que les Congolais se mobilisent pour dénoncer les agressions dont le pays est victime, mais  se mobiliser également afin que le pays puisse avoir sa propre armée.

La première ligne de défense de la sécurité nationale, c’est l’administration du territoire, insiste Delly Sesanga.  C’est pourquoi dans le projet d’Envol de refondation du Congo, le parti estime que les corps des administrateurs du territoire doivent être des fonctionnaires professionnels et qui sont de carrière pour administrer les territoires.

accord minerais contre carnet d’adresses

Au cours de cette conférence, Sesanga a taclé Félix Tshisekedi pour avoir signé des accords qui font de la RDC un État-client, « celui qui est vassalisé par un autre Etat  auquel on donne tout pour qu’il fasse en notre nom ce que nous pouvons faire par nous-mêmes« .  C’est le cas de l’accord minerais contre carnet d’adresses.

Le leader d’Envol estime que ces accords ont été faits non pas à des fins de paix sous-régionale, mais à des fins de politique intérieure.

Kindu étant également en proie aux problèmes de l’insécurité, les débats étaient très animés, dans une ambiance bon enfant. Depuis Kindu, Didier KEBONGO

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