Cavusoglu à Blinken: la vente des F-16 est à dissocier de l’adhésion des pays nordiques à l’OTAN

L’administration Biden devrait faire comprendre au Congrès que les candidatures de la Finlande et de la Suède à l’OTAN sont à dissocier de la vente d’avions de chasse, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

Le ministre américain des Affaires étrangères Antony Blinken a reçu son homologue turc Mevlut Cavusoglu, à Washington, pour la première fois depuis l’entrée en fonction du gouvernement Biden, il y a près de deux ans. Au cours de cette visite, les deux diplomates ont discuté de la guerre en Ukraine, de l’accord sur les F-16, de l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, de la Syrie, de la Grèce et de la situation en Afghanistan. Ankara avait commandé aux Etats-Unis en octobre 2021 des F-16 et des kits de modernisation. L’accord d’un montant de 6 milliards de dollars devait comprendre la vente de 40 jets, ainsi que des kits de modernisation pour 79 avions de guerre de l’armée de l’air turque, que celle-ci possède déjà. L’administration américaine est partisane de la vente, mais certains membres importants du Congrès américain s’y opposent. La notification officielle de la vente n’a pas encore été envoyée aux législateurs. Le ministre turc des Affaires étrangères a affirmé à son homologue américain que l’administration Biden ne devrait pas renoncer à honorer un contrat d’un montant de 20 milliards de dollars. Il a par ailleurs souligné la nécessité de faire comprendre au Congrès que les candidatures de la Finlande et de la Suède à l’OTAN sont à dissocier de la vente d’avions de chasse, ajoutant que l’acquisition prévue était conforme aux «intérêts stratégiques communs» de Washington et d’Ankara. La Turquie, la Finlande et la Suède avaient signé en juin dernier un mémorandum sur l’adhésion des pays nordiques à l’OTAN. Ce mémorandum exige que les deux pays nordiques de la Finlande et de la Suède devaient prendre des mesures pour répondre aux préoccupations d’Ankara en matière de terrorisme, et qu’elles devaient lever l’embargo sur l’expédition d’armes, comme condition préalable à leur adhésion à l’alliance.

La Turquie est membre de l’OTAN depuis plus de 70 ans et possède la deuxième plus grande armée de l’alliance. Cavusoglu a également fait part de ses préoccupations concernant la situation en Syrie et déclaré qu’Ankara était déterminée à éradiquer les groupes terroristes PKK/YPG et FETO. La Turquie est prête à coopérer avec les États-Unis en Syrie, mais ces derniers n’ont pas honoré certains de leurs engagements, a-t-il dit, rappelant à Blinken que Washington avait promis en 2019 de maintenir le groupe terroriste PKK/YPG à 30 km de la frontière turco-syrienne. Au cours de sa campagne de terrorisme de plus de 35 ans, le PKK – inscrit sur la liste des organisations terroristes par la Turquie, les États-Unis et l’UE – est responsable de la mort de 40 000 personnes, dont des femmes, des enfants et des nourrissons. Quant à l’organisation terroriste FETO, elle a orchestré une tentative de coup d’État en Turquie le 15 juillet 2016, au cours de laquelle 252 personnes ont été tuées et 2 734 autres blessées. Qualifiant sa réunion avec Blinken de «fructueuse», Cavusoglu a déclaré que la Turquie a proposé aux États-Unis d’organiser des réunions de «mécanisme stratégique Turquie-US» au moins deux fois par an. Il a également invité Blinken à visiter la Turquie et à participer au forum diplomatique d’Antalya en mars prochain. Interrogé sur la vente de jets F-35 à la Grèce, le ministre turc a affirmé que la politique américaine d’équilibre entre la Turquie et la Grèce s’est «détériorée», faisant remarquer que chaque soutien [américain] accordé à Athènes incitait la Grèce à poursuivre ses politiques provocatrices à l’égard de la Turquie. TRT Français

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