2022 : l’économie congolaise a fait preuve de résilience

«En 2022, malgré les chocs externes (crises russo-ukrainienne) et interne (guerre contre le M23, Covid-19 et autres facteurs), l’économie de la République démocratique du Congo a fait preuve d’une forte résilience, assurant la sécurité du panier de la ménagère congolaise », estime l’économiste Nlungu Kweta Yannick. Pour ce Congolais, expert en gestion des politiques économiques de l’Université de Kinshasa (UNIKIN),  c’est «une note positive pour l’économie Rd-congolaise».

D’une manière globale, l’évolution des prix sur le marché national, de janvier à décembre 2022, a révélé une stabilité relative des prix de biens et services. L’économie de la RDC a résisté aux perturbations causées entre autres par la guerre entre la Russie et l’Ukraine, et aux effets de la Covid-19.

L’économiste Nlungu Kweta Yannick se base sur divers facteurs. «Malgré la stabilité relative des prix de produits vivriers observée depuis le début du mois de mai-2022 sur les différents marchés suivis, la tendance reste à la hausse. Les prix des principaux produits vivriers importés, notamment l’huile végétale, les céréales et autres affichent des tendances de hausse, comparativement à la situation du premier trimestre de l’année 2022».

Bien que la nouvelle tarification des prix du litre de carburant soit publiée officiellement par le Gouvernement, le prix du carburant demeure volatil. Par exemple à Bukavu, le litre à la pompe varie entre 3.000 CDF et 3.500 CDF, comparé à son prix officiel de 2850 CDF. Cette situation n’épargne guère les prix des principales denrées alimentaires sur le marché, alors qu’en année typique, durant cette période, des baisses saisonnières sont observées à la suite des récoltes vertes de deuxième quinzaine de mois de mai.

La situation de la crise russo-ukrainienne n’ayant pas épargné l’Afrique, des baisses saisonnières de denrées importées ont été observées mais, le coût du panier alimentaire standard est resté stable soit entre 28.000 CDF et 30000 CDF.

La farine de manioc affiche une stabilité de manière générale, sauf une petite fluctuation ne dépassant pas 5% comme pic.

La farine de maïs a plutôt connu une tendance à la hausse, le kilogramme passant de 1190 CDF en moyenne au début de l’année à une moyenne de 1356 CDF à la fin.

Le kilo de haricots a connu une stabilité autour de 2400 FC durant l’année. Le prix du litre d’huile de palme a connu des fluctuations importantes, dépassant les 5%. Le prix du sel a été relativement stable, le Kg a varié favorablement entre 1760 et 1750 CDF.

Le taux de change aussi a connu une dégradation passant de 1USD = 1995 CDF au début de l’année pour clôturer avec le terme d’échange de 1 USD = 2056 CDF.

Certes, il a été constaté, pendant une certaine période de l’année 2022, la montée des prix de certains produits agricoles dont le maïs et le manioc. Mais cette situation a été attribuée soit à la rareté de ces produits sur le marché, conséquence des pluies diluviennes ou des récoltes, soit la détérioration des routes qui rend le déplacement difficile entre les centres de production et de consommation. Les effets négatifs de cette rareté se sont fait ressentir dans certaines provinces qui ont le maïs comme denrée de base. Il est à noter qu’à la deuxième quinzaine du mois de décembre 2023, les prix des denrées alimentaires de première nécessité ont connu une légère augmentation. La plupart de commerçants profitent de cette période des fêtes de fin d’année pour jouer à la spéculation des prix.

Entreprendre des réformes pour éviter la dépréciation de la monnaie nationale

Pour éviter la dépréciation de la monnaie nationale, certains analystes pensent que le pays devrait entreprendre une série des réformes pour revenir à la position d’antan. Le Gouvernement devrait prendre des mesures visant à faire en sorte que la monnaie puisse s’apprécier. Le pays devra produire. Il faudra diversifier l’économie afin d’éviter qu’elle ne dépende seulement de la vente des matières premières.  Selon certains observateurs, «la flambée des prix observée a mis en lumière, la faiblesse du système alimentaire national, la politique publique dans ce domaine. L’exportation des produits alimentaires représente des milliards des FC par an, pour l’approvisionnement en poisson, viande, oignon, farine, huile».

C’est ainsi qu’ils suggèrent «la codification de la liste des produits de première nécessité et la mise en place d’un comité de suivi des prix de ces produits». «Le comité de suivi devrait avoir pour mission d’analyser et suivre les déterminants sur l’évolution des prix aux plans national et international ; d’adapter les mécanismes de fixation des prix aux contraintes économiques. Il faut qu’il y ait un plafonnement des prix de grande consommation, entre autres de l’huile végétale, de l’huile de palme, du poisson, de la viande, du riz, du lait. Et appliquer le taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée sur la liste des produits qui seront ciblés. Dina BUHAKE

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