Rien de nouveau sous la guerre d’agression

Ni « Eureka« , ni pot aux roses, ni scoop. L’hypocrisie voire la complicité des « grands de ce monde » alias « communauté internationale » n’est pas née de la guerre d’agression en cours.

L’appui multiforme de certaines capitales occidentales au régime rwandais ne saurait constituer une révélation. Encore moins un scoop.   Kigali a même réussi le tour de force d’être dans les bonnes grâces à la fois du bloc anglo-saxon et de jouer et gagner dans la galaxie franco-européenne.

Fossoyeur du français, Paul Kagamé a reçu en prime le secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Paradoxe apparent puisque l’homme fort de Kigali se sert avec maestria d’autres leviers comme la rente mémorielle notamment le génocide de 1994 pour lequel une partie de l’establishment français de l’époque est gênée aux entournures.

Le Rwanda de Kagamé c’est aussi ces militaires opportunément largués au Mozambique pour lutter contre des groupes armés affiliés à l’Etat islamique et…sécuriser le projet Total. L’odeur du pétrole absout tout péché. Y compris celui d’avoir rétrogradé, dévalué et presque démonétisé la langue de Molière au profit de celle de Shakespeare.

Autorité morale du M23, Paul Kagamé n’a pas non plus changé. Il est le même depuis un quart de siècle. Droit dans ses bottes de conquistador, l’homme fort de Kigali joue à la perfection son rôle dans ce qui a tout l’air d’un complot international contre la RDC. Vu de la RDC, il n’y a jamais eu le « bon Paul » que l’on a « dédiabolisé » jusqu’à lui offrir un standing ovation au stade des… Martyrs à Kinshasa et le « méchant Kagamé » que l’on semble découvrir à la suite de la résurrection du   M23.  

Problème, la Fatshisphère donne à penser que la guerre d’agression a commencé avec le M23 sponsorisé par le Président Kagamé. Lequel a opéré une espèce de mue. Voire un virage à 180 degrés ! Nenni. C’est Kinshasa qui, dans sa tabula rasa anti-Kabila, a jeté le bébé avec l’eau du bain.  

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil des grands lacs. Ce qui est a été. A savoir que l’agression rwandaise sous couvert du M23 est la version actualisée de la guerre à la fois  géopolitique et… affairiste que les régimes rwandais et ougandais mènent par procuration depuis plus de deux décennies.

 La difficulté c’est que l’absence de consensus même sur l’essentiel fait qu’hier dans l’opposition, les tenants actuels du pouvoir étaient abonnés au service minimum face à la même agression lorsqu’ils ne mettaient pas carrément la guerre sur le compte d’absence de « démocratie« . Un narratif qui faisait les affaires de Kagamé et de ses soutiens qui vendaient au monde la version d’un conflit congolo-congolais ! Alors que les mêmes appels à la mobilisation générale étaient régulièrement lancés par les Présidents successifs face aux mêmes agresseurs.

La leçon du triste retour de la manivelle dans l’agression répétitive du Rwanda sous couvert des rébellions de service est que le patriotisme ne saurait être à géométrie variable. On n’est pas plus ou moins patriote en fonction de la personne qui est aux commandes du pays. On est et demeure patriote. Et que la réaction à toute atteinte à la souveraineté et à l’intégrité du territoire ne devrait souffrir d’aucun relativisme.           José NAWEJ

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