Insalubrité, insécurité, embouteillages… le lot quotidien des Kinois

Kinshasa avec ses plus de 16 millions d’habitants est une ville vivante, bruyante. Y vivre c’est un peu comme faire du sport au quotidien. A ce jour, la population est confrontée à de nombreux problèmes  tels que les embouteillages, l’insalubrité, l’insécurité… Circuler dans cette mégapole, relève d’un véritable parcours de combattant. La plupart des routes sont criblées de nids de poule. Les artères principales ou secondaires sont dans un état de délabrement avancé ou en travaux de réhabilitation qui n’en finissent pas.  La résurgence du phénomène   »Kuluna », les pickpockets, les enlèvements des paisibles citoyens dans les taxis, communément appelés  »Ketch », vols à main armée, braquages, extorsions continuent de peser sur le moral des Kinois.

En cette année 2022 qui touche à sa fin, la promesse des autorités provinciales de moderniser les infrastructures, de rétablir la sécurité et d’assainir la ville n’a pas connu un virement de cent quatre-vingt degrés. Les kinois circulent avec peine à travers leur capitale, surtout pendant les heures de pointe. Ça roule au ralenti. Les grandes artères ont une forte affluence, la plupart des routes secondaires ne sont pas en bon état ou sont quasi inexistants. Bien que le gouvernement provincial ait lancé des travaux de réhabilitation de certaines artères de la ville, le trafic est toujours loin d’être fluide.

Pour une circulation plus fluide, les congolais comptaient sur la fin des travaux de réhabilitation et de construction des routes Elengesa, Kikwit, Mombele et Cecomaf, ce qui aurait pu désengorger les artères principales et ainsi diminuer sensiblement les bouchons. Malheureusement, cette année encore, ils doivent prendre leur mal en patience. Bien que quelques tronçons des grandes avenues aient fait peau neuve, notamment  les avenues de la Paix, Makanza, Ngiri Ngiri et Birmanie, le pont Bongolo,  la situation de la voirie ne s’est pas améliorée pour autant.

Des programmes non satisfassent, insalubrité

D’autres projets de construction, réhabilitation, entretien et reconstruction notamment ont été mis en œuvre  à travers la capitale, dans le but de désenclaver certains quartiers ou désengorger certaines routes principales aux heures de pointe. Ceci n’a pas donné de résultats escomptés. La circulation sur la plupart des routes principales n’est pas fluidifiée. Même la construction des sauts-de mouton sur les avenues Lumumba, de la Libération ex 24 novembre, Boulevard du 30 juin et Pompage n’a, en fait, pas soulagé la peine des usagers.

Si sur la liste des éléments à la base des bouchons certains observateurs notent l’augmentation de trafic, soit 40 à 50.000 véhicules par jour, le manque d’entretien et le vieillissement des infrastructures contribuent à la détérioration des routes. Au niveau du gouvernement provincial, on parle de l’insuffisance des moyens financiers pour mener à bien les différents travaux entrepris. Une situation qui rend le réseau urbain kinois plus vulnérable.

Les mesures prises par l’autorité municipale dans le cadre du programme Kinshasa Bopeto, pour assainir la ville n’ont pas atteint la vitesse de croisière cette année. En effet, l’insalubrité est visible à travers Kinshasa, surtout après la pluie. Les eaux stagnent, les déchets plastiques et autres jonchent les rues, les poubelles publiques sont pratiquement inexistantes. Des odeurs nauséabondes provenant des immondices rendent l’environnement malsain dans la plupart des marchés. L’évacuation des poubelles continue de poser problème. Les rivières et caniveaux servent toujours de dépotoir à la population et ce malgré les campagnes de sensibilisation.

Recrudescence de l’insécurité  

En 2022, de jour comme de nuit les kinois n’ont cessé de se lamenter sur les agressions, les vols, braquages dont ils ont été victimes. L’insécurité bat son plein dans les 24 communes de la capitale congolaise. Bien que nombreux, les sous-ciat installés dans certains points chauds de la ville n’ont jusque-là pas réussi à mettre fin à insécurité. Et pourtant au cours de l’année, des vagues des délinquants ont été arrêtés. Accusés de semer la terreur. Cependant, la population reste confrontée à ce mal qui dans certains quartiers pousse les habitants à passer des nuits blanches au lieu de dormir paisiblement. Les kinois espèrent qu’en 2023 leur train de vie connaîtra des changements et comptent sur le gouvernement provincial pour mettre en application les mesures nécessaire pour y parvenir.

Pour rappel, à sa nomination à la tête de la capitale de la République démocratique du Congo, Gentiny Ngobila  avait présenté devant les députés provinciaux son vaste programme intitulé  » Kinshasa Bopeto ». Le 35ème gouverneur de Kinshasa, avait chiffré son programme quinquennal à 2 milliards 64 millions 87 mille 598,50 dollars américains. Il est articulé sur cinq axes prioritaires, à savoir : l’amélioration de la gouvernance et le rétablissement de la sécurité ; la protection de l’environnement et l’assainissement de la ville ; la modernisation des infrastructures de base ; le développement des activités économiques et la création d’emplois ; et l’amélioration de la qualité des services sociaux de base. Fyfy Solange TANGAMU

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