CSAC: remise et reprise ce jeudi entre Tito Ndombi et Christian Bosembe

Sauf ultime modification d’agenda, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), change officiellement de tête dès ce jeudi 1er décembre. Le Président sortant, Tito Ndombi, procédera en cette matinée à la remise et reprise avec son successeur Christian Bosembe Lokando. Cette cérémonie fait suite au consensus dégagé le 25 novembre dernier, sur le choix des cinq membres du nouveau bureau devant, désormais, présider à la destinée de cette institution d’appui à la démocratie.

 Inévitablement, les autres membres de l’ancien bureau devront se livrer au même exercice avec leurs remplaçants respectifs. A savoir, le vice-président, le Rapporteur et le questeur. Eventuellement, le rapporteur adjoint. Ce qu’il faut retenir, est que neuf membres sur les 15 qui composent le CSAC, avaient convenu de confier la présidence de leur institution à Christian Bosembe. Par ailleurs, Bruno Mboliko Mbolison a été accepté au poste de vice-président. Oscar Kabamba Kasongo, Serge Ndjibu Ngoy et Mme Hadou Luyeye Kundomba, occupent respectivement les postes de Rapporteur, Rapporteur adjoint et de questeur.

On rappelle que les 15 hauts conseillers avaient été investis par Ordonnance n°22/234 du 11 novembre 2022, conformément à la disposition de l’article 26 de la loi organique n°11/001 du 10 janvier 2011 portant composition, attribution et fonctionnement du CSAC. Ils ont été par la suite, présentés à la Nation par l’Assemblée nationale et le Sénat, respectivement les 22 et 25 novembre dernier, suivant l’article 27 de la loi sus-rappelée qui stipule qu' »avant d’entrer en fonction, les membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication sont présentés à la Nation, successivement par l’Assemblée nationale et le Sénat siégeant en séance plénière« .

MISSION DELICATE

Sur pied de son article 212, la Constitution du 18 février 2006 consacre le principe classique de la séparation des pouvoirs et leur adjoint des Institutions d’appui à la démocratie dont le CSAC, entendu comme organe spécialisé destiné à réguler les médias, outils indispensables dans l’édification d’un Etat de droit.

La radioscopie du paysage médiatique en RD Congo renseigne, en effet, que  dès l’avènement de la démocratie le 24 avril 1990 dans l’ex-Zaïre, une nouvelle dynamique des médias avait vu le jour. Celle-ci a été  caractérisée par une floraison de titres de journaux et une ouverture de l’espace audiovisuel aux initiatives privées.

Avec le temps, cette dynamique a pris des proportions inédites au point de provoquer la prolifération des médias, au mépris, aussi bien de la qualification des professionnels du secteur que de la qualité de l’information produite ou des programmes diffusés. Cas des médias en lignes, des télévisions Youtube dont les acteurs et le  contenu échappent visiblement au contrôle des instances régulatrices compétentes.

Dans une première tentative visant à remédier aux différents maux dont souffre le secteur des médias en RD Congo, la Haute Autorité de Médias (HAM) fut instituée pendant la période de la Transition à la suite du Dialogue Intercongolais. Cette institution qui a joué le rôle de la première instance de régulation,  a fonctionné jusqu’à l’organisation des premières élections en 2006.

Cependant, l’histoire renseigne que la HAM avait  souffert, dans sa substance, de nombreuses interférences des opérateurs politiques l’empêchant d’accomplir sa mission. Face à ces faiblesses de son précurseur, le CSAC a donc été créé avec pour mission, de garantir et assurer la liberté et la protection de la presse ainsi que de tous les moyens de communication de masse dans le respect de la loi. Il a également la charge de veiller au respect de la déontologie en matière d’information et à l’accès équitable des partis politiques, des associations et de toute autre personne aux moyens officiels d’information et de communication.

En ce qui concerne le champ d’action, il faut souligner que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication se limite à exercer la régulation des contenus. Le règlement et les infrastructures demeurent du domaine du Gouvernement.

Compte tenu de la composition hétérogène de cette institution, la philosophie qui sous-tend la loi organique portant sa composition, ses attributions et son fonctionnement est de donner à l’instance le caractère de neutralité et d’impartialité ainsi que l’autorité nécessaire pour promouvoir le professionnalisme et l’équité dans le comportement des opérateurs des entreprises des médias.

Rénové dans un contexte politique essentiellement dominé par les préparatifs de nouvelles élections prévues dans une année, soit en décembre 2023, le CSAC a donc la lourde responsabilité de veiller à l’offre plurielle des  médias, gage de la paix sociale et de la cohésion nationale. Face à cette mission délicate, la responsabilité incombe également au Gouvernement appelé à mettre à la disposition de cette institution, les moyens nécessaires de sa politique. Grevisse KABREL

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