Au-delà des mots sur les maux…

Trop tôt pour parler d’un tournant dans le sempiternel conflit dans les Grands lacs avec à l’affiche l’énième « variant » de l’agression rwandaise. Prématuré pour la RDC de faire le V de la victoire, façon UDPS. Encore moins pour le Président d’offrir la paix -salama en swahili- à ses compatriotes de l’Est du pays comme cadeau de Noel.

 S’il n’y a pas donc matière à boire du petit lait, le Gouvernement rd congolais a, néanmoins, des raisons de se féliciter de ce qui a tout l’air d’un début de success story. Il y a, d’une part, ces pressions amicales des capitales occidentales sur leur « protégé » Kagamé « invité » à cesser tout soutien au M23. De Washington à Berlin en passant notamment par Paris, Londres, Bruxelles. Le message est le même. La tonalité aussi.

Il y a, d’autre part, la levée de cet embargo sur l’achat d’achat d’armes qui ne disait pas son nom. Proposée et portée par Paris, cette résolution avait pour héraut le tandem Pékin-Moscou.

 A n’en point douter, la lame de fond populaire -manifestation anti-Monusco, marche des chrétiens et des forces vives, sit-in devant certaines représentations diplomatiques occidentales…- est pour beaucoup dans ce revirement. Une dynamique sur laquelle le Pouvoir Fatshi a embrayé diplomatiquement avec succès.

Dans ce contexte d’éveil citoyen, l’onde de choc du massacre de Kishishe -130 morts au bas mot- a fini par avoir un retentissement autrement plus interpellateur. Au point de commencer à peser sur les consciences de ceux qui, pour des raisons géopolitiques et de pillage des ressources naturelles de l’eldorado est-congolais savent fermer les yeux sur la violation du droit international par le duo Rwanda-Ouganda. Et sur les pires exactions que les corps expéditionnaires de ces deux pays ainsi que leurs supplétifs congolais respectifs commettent depuis un quart de siècle.

Pour autant, commencer à mettre les mots sur les maux ne suffit pas. Encore faudra-t-il que des actes suivent. En l’occurrence, les populations martyres de l’Est de la RDC attendent  depuis des lustres  que justice leur soit rendue. Eux qui sont contraints à l’errance en toute déshérence pour échapper à la terreur des forces d’occupation et de « rebelles » de service qui changent d’étiquette selon les saisons.

Aller au-delà des discours signifie aussi et surtout condamner l’agression dont la RDC est victime et ne plus entretenir la confusion dans la partie orientale de la RDC en sous-traitant les régimes rwandais et ougandais pour cette sale besogne. Car, le redoux observé en ce moment n’est pas une première.

Sous l’administration Kabila fils, les parrains du Rwanda avaient haussé le ton. Certains étaient allés jusqu’à suspendre leur aide financière à Kigali. Après, bonjour le bon vieux « chasser le naturel, il revient au galop« .

Normal donc que les Congolais restent dubitatifs face au nouveau discours. Eux qui ont achevé de comprendre que pour nombre d’intervenants masqués, leurs exécutants ainsi que des groupes armés opportunistes, la guerre dans le Kivu et l’Ituri est plus rentable que la paix. Le désordre ambiant, façon far west, est plus bénéfique que le retour à la normale. Au finish, l’unique perdant, c’est le  peuple congolais. José NAWEJ      

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