Patrick Muyaya : « Fatshi n’a signé aucun accord au noir le liant à Kigali « 

*Le porte-parole du Gouvernement fait plutôt état de trois accords commerciaux conclus en juin 2021 entre la RDC et le Rwanda,  suspendus à la demande du Conseil supérieur de la défense en réponse à l’agression rwandaise.

Ceux qui voient dans l’agression rwandaise contre la RDC sous couvert du M23 la conséquence du non-respect d’un deal entre le Président de la République, Félix Tshisekedi et le Rwandais, font fausse route.  » Il n’existe aucun accord obscur signé par le Président Tshisekedi et le Rwanda « , soutient formellement le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya au cours du briefing presse, co-animé le vendredi 11 novembre avec le Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, sur l’évolution au  front diplomatique.

« Le Président de la République ne signe pas d’accords. Parce que j’entends dire souvent le Président de la République a signé des accords avec le Rwanda. Il n’y a aucun accord qui a été signé par le Président de la République avec le Rwanda. La signature des accords n’est pas de la compétence du Président de la République« , a déclaré Patrick Muyaya.

Le porte-parole du Gouvernement a rappelé, par ailleurs, que c’est plutôt la RDC et le Rwanda qui ont conclu, en juin 2021 au jardin de l’hôtel Serena à Goma, trois accords de coopération bilatérale. Et qu’à ce jour, ces 3 accords ont été tous suspendus.

« En juin 2021, la République démocratique du Congo et le Rwanda ont conclu trois accords commerciaux. Le premier porte sur la promotion et la protection des investissements entre les deux pays. Le second est une convention en vue d’éviter la double imposition et prévenir l’évasion fiscale en matière d’impôts sur le revenu. Le troisième protocole d’accord concerne l’exploitation de l’or et implique la société congolaise aurifère (SAKIMA SA) ainsi que la société rwandaise Dither LTD« , explique le porte-parole du Gouvernement, ajoutant que « leur suspension est une forme de sanction économique pour répondre à l’agression rwandaise« .

Selon Patrick Muyaya, il y a eu d’abord la suspension des vols de Rwandair, compagnie nationale rwandaise qui venait d’inaugurer des vols bihebdomadaires à destination de Lubumbashi et de Goma, en plus de Kinshasa qui faisait déjà partie de son réseau

Le ministre Muyaya souligne qu’« en dehors de ces accords, il n’y en a aucun  qui existe et qui aurait été signé dans le noir ou dans l’imagination qui lierait le Président de la République au Rwanda« .

De son côté, le VPM Christophe Lutundula ne dit pas autre chose. Le patron de la diplomatie congolaise a embouché la même trompette, faisant savoir que ces accords resteront suspendus jusqu’à ce que de nouvelles conditions de coopération soient créées.

 » Le Conseil supérieur de la défense a demandé au gouvernement de suspendre tous les protocoles d’accord, accords et conventions conclus avec le Rwanda. Ces accords ne servent plus à rien maintenant. Ils vont rester suspendus jusqu’à ce que les conditions de coopération vont se créer. Cette mesure a été prise à la suite de l’appui du Rwanda aux rebelles du M23 qui ont lancé des hostilités depuis octobre 2021 dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) », a souligné Christophe Lutundula. 

Il sied de rappeler qu’au moment de la signature desdits accords entre la RDC et le Rwanda au mois de juin de l’année dernière,  les deux Chefs d’Etat, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, s’étaient engagés à mutualiser leurs efforts pour mettre fin à l’insécurité dans la région et créer les conditions favorables au développement du commerce transfrontalier. De même que la coopération économique entre les deux pays en vue de consolider la paix et promouvoir une prospérité partagée.

A la lumière de la situation qui prévaut actuellement en RDC, ces engagements se révèlent un simple chapelet de bonnes intentions, Kigali préférant faire prospérer son économie avec des minerais issus de la contrebande. Pire, Kigali fait la guerre à la RDC sous couvert des terroristes du M23.

Au ministère des Affaires étrangères, on dit croire encore à la médiation assurée par le président angolais Joâo Lourenco et aux efforts de l’ancien président Kényan Uhuru Kenyatta. Didier KEBONGO

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