Le marché de Kinshasa exposé à la surenchère!

* A un mois des festivités de fin d’année, la nouvelle structure des prix rendue publique hier, fait craindre une explosion des biens et services dans la capitale.

Très mauvaise nouvelle de fin d’année pour les Congolais ! Tenez, les prix de produits pétroliers ont été revus à la hausse, hier lundi 28 novembre sur l’ensemble du territoire national. Ainsi, dans toutes les stations-services de la zone Ouest du pays, dont la ville de Kinshasa, le coût d’un litre de super passe désormais de 2.695 à 2.855 Fc. Soit, une augmentation de 160 fc. C’est ce qui ressort d’un communiqué du ministère de l’Économie nationale, largement partagé hier sur les réseaux sociaux.

Selon ce document signé par Célestin Twite Yamwembo, Secrétaire général à ce ministère, un litre de gasoil dans la zone Ouest passe de 2.685,00 à 2.845 FC. Par contre, celui du pétrole vendu jusqu’hier à 2.300,00 fc coûte dorénavant 2.450,00 FC. Toutefois, dans les zones Nord et Est du pays, les prix n’ont pas bougé d’un iota. Les consommateurs des produits pétroliers continueront ainsi à payer 3.400,00 FC pour un litre d’essence.

Cependant, une légère augmentation est observée dans le prix d’un litre de gasoil qui passe de 3.350,00fc à 3.450,00 FC, contre 2.900,00 FC au lieu de 2.750 FC pour un litre de pétrole. Dans les mêmes proportions, un  litre d’essence coûte négocié à 3.400,00fc dans la zone Sud du pays, se vendra à partir de ce mardi 3.345,00 fc. Celui de gasoil passe de 3.350,00fc à 3.485fc et de 2.850,00fc à 3.000fc pour un litre de pétrole.

En ce qui concerne le carburant d’avion (Jet 1), le prix du litre pour les vols internationaux passe de 2.822,28 FC  à 2.855,58 FC dans la zone Ouest. Toutefois, pour les mêmes vols dans la zone Est, la valeur marchande du  litre chute de 3. 218,41 FC à 2.952,64 FC. Dans la zone Sud, un litre de kérosène jusqu’alors à 2.964,25 FC, coûtera 3.110,05 fc.    

« Cette décision fait suite à l’évolution des paramètres de la structure des prix desdits produits. Elle vise également à soulager la trésorerie des sociétés pétrolières et à maintenir l’équilibre du système d’approvisionnement en carburants dans le pays« , explique dans son communiqué, le numéro 1 du Secrétariat  général à l’Économie nationale.

A UN MOIS DES FESTIVITES DE FIN D’ANNEE, CA CRAINT !

Ainsi qu’on l’aura remarqué, c’est la deuxième fois que les prix du carburant augmentent sur le marché congolais, rien qu’en ce second semestre de l’année 2022. La nouvelle structure de prix rendue publique hier, intervient après celle du mois de septembre dernier, décidée à la suite d’une sévère crise de carburant à Kinshasa et qui a fait craindre une implosion sociale.

A priori, le ministre de l’Economie nationale n’a peut-être pas tort, quand il évoque la même raison de l’évolution des paramètres de la structure des prix des produits pétroliers, pour justifier les réajustements opérés-en l’espace d’un peu plus de deux mois- sur le marché congolais. L’indice des prix étant fixé à l’international, il va donc de soit que les pays importateurs de cette denrée énergétique obéissent à la fameuse loi de l’offre et de la demande.

le gouvernement prend des mesures d’encadrement

Cependant, les échos d’ailleurs renseignent que dans pareille circonstance, le gouvernement prend des mesures d’encadrement pour maintenir l’équilibre sur le marché des biens et services. En l’espèce, soit il allège certaines charges des pétroliers en termes d’exonération, soit il prend le différentiel à sa charge. Ceci, justement, pour ne pas donner prétexte aux opérateurs économiques du secteur, de fixer librement les prix. Sur un marché local comme celui de la RD Congo en général et de Kinshasa en particulier, où n’existe pas de  structure officielle des prix des biens de consommation courante, chaque commerçant se voit donc libre de vendre ses marchandises au prix de son choix. Il va donc sans dire.

Dès lors que le coût du carburant a toujours été la variable dépendante du prix de transport en commun, il y a lieu de redouter les effets pervers, consécutifs au nouveau tarif des produits pétroliers rendu public hier. Evidemment, les proportions de ces réajustements ne sauraient justifier l’augmentation du prix de la course chez les transporteurs en commun tant privés qu’officiels. Hélas. L’expérience renseigne que des transporteurs en commun véreux, prétextant ces réalignements, surenchérissent sur leurs services. Ce qui pousse les autres acteurs, notamment ceux qui doivent leur survie à leurs petits commerces, d’emboiter le pas.

Compte tenu de cette triste réalité kinoise, bien connue de tous y compris des officiels, d’aucuns pensent la nouvelle hausse de prix à la pompe sur le marché congolais, expose le marché de la capitale à la surenchère. A un mois des festivités de fin d’année, ces réajustements de prix du carburant fait craindre des effets pervers qui se traduiraient par une flambée incontrôlée des prix sur le marché des biens et services.

C’est ici, l’occasion de rappeler que plusieurs mois auparavant, s’observe une surchauffe des prix sur les marchés des biens et services sur le marché de Kinshasa. En ce qui concerne le transport en commun, par exemple, la plupart des conducteurs prétendant le changement de prix du carburant en septembre, ont carrément doublé la valeur de leurs services. Ils n’ont peut-être pas tort. Une augmentation de 200fc ou de 800 FC sur le prix d’un litre n’est sans doute pas excessive. Mais le chiffre devient important quand le transporteur doit acheter 10 litres d’essence ou plus. Dès lors que les commerçants font payer la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), au dernier consommateur de leurs marchandises ou services, mutatis mutandis les transporteurs en commun mettent à charge de leurs passagers, le surplus du nouveau prix à la pompe. Il va de soi. Grevisse KABREL et Rachidi MABANDU 

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