« Muyaya aux journalistes : Nous devons tenir le front médiatique « 

* Le ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement exhortent les hommes des médias  à éviter de faire le jeu de l’ennemi en temps de guerre.

Le Ministre de la Communication et Médias et Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a co-animé hier lundi 24 octobre, avec son collègue des Finances, Nicolas Kazadi,  un briefing hebdomadaire consacré aux délibérations de la 74ème réunion du Conseil des ministres.

En liminaire de cet exercice de rédevabilité,  le ministre Muyaya  a rappelé combien il a été choqué de voir dans les médias circuler un audio des militaires sur le théâtre des opérations. Ce son, fait-il savoir, a été relayé par un journaliste de la presse international dont le ministre s’est abstenu de citer le nom.

Muyaya appelle les journalistes à  » éviter de faire le jeu de l’ennemi « .  » Lorsque vous diffusez le son des militaires qui sont engagés sur le front,  vous les exposez. Parce que ce son, comment vous l’avez eu, cela suscite des interrogations. Est-ce par le désir de scoop que vous avez voulu utiliser les militaires, les pousser à enregistrer ? Tout ça nécessite des réflexions profondes qui se font au niveau de l’Etat-major général. Nous devons tenir le front médiatique. Il y a beaucoup de manipulations qui sont en cours « , dit-il.

 Le ministre de la Communication et Médias cite l’exemple d’un message qui a abondamment circulé, et dans lequel  on allègue « avoir créé une cinquième langue nationale alors que les langues nationales sont bien fixées dans la Constitution du pays ».

Ce n’est pas tout. Professionnel des médias lui-même, Patrick Muyaya conseil de prendre de distances sur tout ce qui circule sur les réseaux sociaux. Le ministre affirme avoir mis depuis son arrivée à la tête de ce ministère, « un dispositif qui permet aux journalistes de discuter des questions militaires avec les concernés directement. En plus,  au niveau de l’armée il existe un service de communication et de l’information. « 

Prendre du recul et toujours vérifier

 « Prenez toujours les soins, exhorte le ministre Patrick Muyaya,  lors que vous recevez les informations, d’où qu’elles viennent de la situation du front, ayez toujours les soins de vérifier. En tant que Gouvernement, la ligne qui est la nôtre, nous ne pouvons pas venir communiquer si nous n’avons pas pu recouper toutes les informations, parce que les informations sur un terrain des opérations peuvent évoluer. On peut vous dire telle ville est tombée à 10h, mais la même ville peut être récupérée à 13h. Vous ne savez pas si c’était peut-être par stratégie qu’on a décidé de reculer pour encercler l’ennemi…. Lorsque vous manipulez ces informations, il faut prendre le recul qu’il faut « , insiste le ministre.

Dans la foulée, Muyaya a rappelé la directive qui avait été faite par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) à ce propos pour que les professionnels des médias puissent s’assurer qu’ils s’acquittent de  leur métier d’informer en tenant compte  de sensibilité dela population, et aussi du fait que le pays est en guerre.  Et de ne pas oublier qu’au-delà de tout,  on est journaliste et également citoyen.

Le buzz fait beaucoup mal

Sans demander au journaliste de faire le choix entre son métier et le pays, Muyaya estime qu’  » il est important que chacun connaisse sa ligne lorsqu’il s’agit d’une information bonne à diffuser, une information qui requiert une vérification de plus, le journaliste ne perdra  rien à attendre  une heure ou deux. Le buzz, explique le ministre, fait beaucoup de mal. Vous n’avez aucune idée de ce que les mauvaises informations peuvent avoir comme effet sur les troupes  qui sont engagées sur le front pour la défense de la patrie « , fait-il savoir.  

Aux côtés de Muyaya, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, a éclairé la lanterne des Congolais sur les observations qui ont été faites au Gouvernement par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale au-delà de bonnes cotations auxquelles le pays est habitué sous la direction du Premier ministre Sama Lukonde.

L’argentier national explique que les assemblées annuelles FMI-BM,  sont une occasion de discuter à la fois des problèmes mondiaux à caractère économique et financier, et  aussi de parler de problèmes qui concernent la RDC soit avec les institutions elles-mêmes soit en bilatéral avec le gouvernement américain.

Sur le plan mondial, a fait savoir Nicolas Kazadi,  » nous sommes tous inquiets par l’évolution de la situation mondiale sur le plan économique qui demeure très impactée par la guerre en Ukraine avec une perspective de la baisse de la croissance économique. On tablait sur 26%, cette année on sera autour de 3%, et pour l’année prochaine en dessous de 3% en terme de taux de croissance moyen à l’échelle mondiale », a indiqué Nicolas Kazadi.

S’agissant de la RDC, le ministre des Finances a révélé plutôt une progression. « Nous nous allons dans un sens différent. On prévoyait 6% pour 2022, on pourrait être à 7% si tout va bien cette année. Et pour l’année prochaine, on aura également un taux de croissance supérieur à 6%. C’est la particularité de notre économie qui est beaucoup plus résiliente que les autres dans un contexte qui est plutôt morose au niveau international. »

Par ailleurs, Nicolas Kazadi a évoqué la préoccupation majeure qui demeure l’inflation qui a redémarré partout dans le monde avec la hausse du prix du carburant ainsi que celle des denrées alimentaires. Didier KEBONGO

Laisser un commentaire

Suivez-nous sur Twitter
eskort eskişehir - adana eskort - escort - izmit eskort - mersin eskort