Les FARDC à l’épreuve de la reprise de Bunagana

La trêve n’aura duré que quatre mois. Depuis la matinée du jeudi 20 octobre les tirs à l’arme lourde se fait à nouveau entendre dans l’Est de la RDC. Particulièrement dans le territoire martyr de Rutshuru, province du Nrd-Kivu.  La conquête de la localité de Bunagana assiégée par le Rwanda, via ses affidés du M23, depuis juin dernier  se trouve au cœur des affrontements intenses entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les terroristes du M23. De nouveau, ce sont des morts, des blessés et des déplacés parmi les civils congolais. Mus sous le commandement du nouveau chef d’état-major, Christian Tshiwewe, les FARDC à l’assaut du M23 pour reprendre Bunagana.

 Dans sa communication officielle rendue publique hier dimanche 23 octobre dernier, les FARDC accusent le M23, bras armé du Rwanda, d’avoir relancé les hostilités en attaquant leurs positions sur  l’axe Rangira-Rwanguba-Tchengerero. Pas seulement. Les terroristes du M23, appuyés par le Rwanda, ont lancé une autre offensive sur l’axe Tamugenga où se poursuivent des affrontements entre l’armée loyaliste et le M23. Rangira et Rwanguba deux entités du groupement Jomba situées à une dizaine de Kilomètres de Rutshuru-centre, chef-lieu du territoire portant le nom similaire.

En quatre jours de combats, ces hostilités, accusent les FARDC dans leur communication officielle dont la rédaction de Forum des As pu obtenir copie, ont provoqué la mort de 4 civils et 40 autres personnes blessées sur les deux axes. Sans compter le déplacement de nombreux habitants fuyant les combats.

intention du M23 de s’infiltrer dans Goma

Les FARDC et le M23 s’accusent mutuellement d’avoir relancer les hostilités. Dans un communiqué publié jeudi par son porte-parole, Lawrence Kanyuka, le Mouvement du M23 «accuse l’armée congolaise d’avoir attaqué sa position de Rangira. Les attaques auxquelles ils seraient en train de répliquer en légitime défense», dit-ilcité par une source.La source qui n’a pas pu joindre le porte-parole des opérations militaires Sokala 2 citent la société civile locale à Jomba qui renseigne que les FARDC ont répliqué jeudi à l’assaut des rebelles du M23.

Entre temps, des sources de la Société civile du territoire de Nyiragongo alertent sur les intentions du M23, appuyé par l’armée rwandaise, d’avancer ses positions vers la ville de Goma en s’infiltrant à travers des contrées non contrôlées par des militaires congolais. Ces sources en veulent pour preuve la récente arrestation, dans ce territoire, de 4 éléments dont les nommés Mboneza Gadi et Izabikora Emmanuel qui font partie de ce groupe armé. Aussi l’armée loyaliste appelle la population à la vigilance pendant cette période très cruciale.

option diplomatique sauf pour les groupes armes

La reprise des combats intervient alors que le président Félix Tshisekedi a levé l’option diplomatique à la place d’une approche militaire sauf pour les groupes armés considérés comme terroristes. Il l’a affirmé le 24 juin dernier au Conseil des ministres. Pour le premier des citoyens congolais, l’instauration de la paix dans la partie orientale de la RDC, la voie diplomatique demeure l’option idéale et privilégiée, sauf pour ceux des groupes armés considérés comme terroristes et pour lesquels la voie militaire reste comme la seule option 

Quant aux rebelles du M23, ils ne jurent que par la tenue d’un dialogue avec le gouvernement congolais. Une option rejetée aussi bien par la Société civile du Nord-Kivu, que la majorité des Congolais qui voient mal des terroristes négocier avec un gouvernement. Le M23 a poussé même son outrecuidance plus loin  en menaçant l’Etat congolais de reprendre les armes si celui-ci refusait cette proposition.

Le chef de l’Etat congolais est porteur du même message partout dans le monde. En visite officielle au Ghana le vendredi 21 octobre et au sujet de la cité de Bunagana, il a déclaré auprès de ses compatriotes qui y vivent qu’ « en cas d’échec de la diplomatie, l’option militaire n’est pas à écarter », soulignant que «lLa recherche de la paix avec ses voisins n’ést pas un choix, mais une obligation ».

L’Est de la RDC est déstabilisé depuis près de trois décennies par les activités illicites de plus d’une centaine de groupes armés locaux et étrangers, responsables d’exactions sur les civils. Le Rwanda et l’Ouganda sont toujours accusés de soutenir ces forces négatives. Une accusation que le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi a répété à haute voix à la tribune de la dernière Assemblée générale des Nations Unis. Les chefs d’Etat de l’EAC ont décidé de mettre en place une force régionale en vue de combattre les groupes armés réfractaires au processus de paix qu’ils ont mis en place.

L’UA ne condamne pas l’invasion rwandaise

L’Union africaine, par la voix du président de sa commission, Moussa Faki Mahamat, encourage  la voie du « dialogue » et la «concertation fraternelle » sous la facilitation du Président angolais João Lourenço, président de la conférence internationale pour la région des Grands Lacs. Mais elle ne condamne pas vigoureusement et clairement cette invasion du territoire congolais par son voisin rwandais.

Depuis des années, des voix s’élèvent pour noter l’infiltration de l’armée congolaise par des éléments rwandais. Ce qui prouve, à des moments, l’inefficacité des FARDC devant l’armée. C’est fort de cette critique que le Commandant suprême de l’armée congolaise a procédé à des nouvelles nominations et permutations au sein des FARDC qui ont vu également la mise à l’écart de certains généraux, alors que d’autres ont été envoyés à la retraite.

La restructuration de grande muette ainsi faite, l’opinion attend ses retombées sur le terrain… Kléber KUNGU

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