Moïse Moni DELLA : Florent Ibenge, un modèle pour l’Afrique

Alors membre de la coordination de V. Club, j’ai vu venir en 2013 Florent Ibenge comme chef du staff technique de cette formation kinoise. 

En l’observant entraîner cette équipe et le fond du jeu que celle-ci produisait sur les terrains, il avait quelque chose de spécial qui m’avait convaincu qu’on avait trouvé une perle rare, un nouveau Kalambay Ngoy qui avait permis au club de décrocher son premier trophée continental. 

La suite, ça se passe de commentaire. Le rayonnement d’Ibenge sur le plan international ne me surprend donc pas. 

Ses performances dans V.Club et dans l’équipe nationale n’ont fait que confirmer ma prédiction sur celui que je considère comme l’un des meilleurs entraîneurs du continent, récemment nominé par la CAF.

Son talent est reconnu aujourd’hui dans les quatre coins du monde. Une petite balade dans sa carrière montre qu’il a commencé à entraîner en Europe en France, avant d’aller en Asie en Chine, la RDC, puis au Maroc, la bête noire des équipes congolaises (équipes nationales et clubs) à une exception près de Mazembe.

Un jour, au cours d’une rencontre fortuite avec notre ami commun Mopele, membre du Conseil suprême de V. Club, j’ai dit tout ce que je pensais de Florent IBENGE : « Tu es un grand entraîneur. C’est une des raisons pour lesquelles que je n’ai pas toléré ta réplique face à un fanatique qui a proféré des injures à ton égard». La dernière fois que je l’ai rencontré à l’hôtel Sultani, à un moment de doute dans la performance de la sélection et du club, je lui ai dit : «Cela n’enlevait en rien tes compétences».

Toujours aussi réceptif, il m’avait remercié pour les compliments et les conseils. 

Les performances de Florent Ibenge dans V. Club et dans les équipes nationales des Léopards A et A’ (deux fois vice -champion d’Afrique avec V.club, champion du Chan avec les Léopards A’, champion de la Coupe de la Confédération avec Renaissance Berkane du Maroc) a changé les regards condescendants à l’égard des entraîneurs africains en général et de l’Afrique noire en particulier. Un autre entraîneur congolais avant lui, Santos Muitubile, avait réussi à remporter la première édition du CHAN 2009 face au Ghana qui alignait un entraîneur occidental.

Le succès d’Ibenge explique la confiance que plusieurs fédérations africaines accordent depuis aux techniciens locaux : le Cameroun avec Rigobert Song, le Sénégal avec Aliou Cissé, le Mali avec Mohamed Magasuba…

Ferme dans ma conviction qu’un entraîneur congolais compétent mis dans les meilleures conditions est capable des meilleurs résultats que son collègue européen ou autres, c’est ainsi que j’avais salué l’avènement de Mihayo chez Mazembe en remplacement du Français Hubert Velud. Il a offert avec panache une Coupe de la Confédération au club de Lubumbashi en 2016.

Dans cet ordre d’idée, j’ai une grande considération pour le Sénégalais Lamine Ndiaye (un frère de religion avec qui on discutait beaucoup sur la rivalité entre V. Club et Mazembe qu’il qualifiait d’une bonne émulation pour le football congolais) qui a permis à Mazembe de devenir vice-champion du monde en 2010, en battant un club brésilien en demi-finale. Arriver à ce stade de la compétition était une première pour un club africain. Il reste pour moi le meilleur entraîneur du TP Mazembe de tous les temps.

Tous les exemples sont réunis pour nous décomplexer des «sorciers blancs», ces entraîneurs européens que nos fédérations recrutent à prix d’or en espérant des résultats qui n’arrivent pas forcément. Il est temps de miser sur ses propres compétences, car elles sont bien présentes. Elles demandent seulement qu’on leur donne confiance et les moyens pour briller. Simon Kimbangu ne disait-il pas qu’un jour, l’homme noir deviendra blanc? Ibenge vient de montrer sur le plan théorique (diplôme de Licence CAF Pro) et pratique que la science, la compétence et l’expérience n’ont pas de race. Sinon, celle du savoir-faire et du vouloir. Ce qui correspond à la prédiction de Lumumba qui soulignait que l’homme noir, une fois indépendant, est capable des merveilles. Le Coran souligne que Dieu a créé les différentes races juste pour que les gens puissent se connaître. Il n’y a donc pas de race supérieure à une autre. Ce qui est valable dans le football, l’est dans tous les domaines. 

L’Afrique ou le Congo peut gagner la Coupe du monde avec un entraîneur africain.

Moïse Moni DELLA

Membre du Conseil suprême de V. Club

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