Tshangu : Pas de majoration du prix de la course, retour à la pratique de « demi-terrain »

Pas de changement majeur de prix de la course constaté dans le district de la Tshangu, dans la partie Est de Kinshasa à la suite de l’augmentation du prix du carburant à la pompe intervenue le lundi dernier. Le prix de la course de transport en commun dans cette partie de la capitale reste le même, donc celui qui était pratiqué unilatéralement par les conducteurs pendant la période « de crise ». Cependant, certains transporteurs s’illustrent par la pratique du phénomène demi-terrain pour combler des pertes.

La nouvelle grille tarifaire sur la majoration du prix du litre à la pompe décrétée par le secrétaire général au ministère de l’Economie, Célestin Twite qui est passé de 2095 à 2345 francs congolais (1,17 USD) est entrée en application depuis le lundi 30 mai dernier. Les conducteurs de bus et taxis-bus se frottent les mains. Sans attendre un consensus avec l’hôtel de ville, les chauffeurs continuent à appliquer le prix fixé à leur gré pendant que le prix du carburant était resté inchangé.

La preuve, la ligne Sainte-Thérèse – Super Lemba est maintenu à 1.000 Fc/taxi, Sainte-Thérèse – Gambela 1.000 Fc/bus, Sainte – Thérèse – Q.1 : 500 Fc/taxi, le taxi-bus, Q.1 – Centre-ville oscille entre 1.500 et 200 Fc/taxi et taxis-bus, Q. 1/N’Djili – ISC/Gombe 1.000 fc… Mais seulement, comme pour éviter des «ayant droit», les transporteurs exigent l’argent avant de monter dans le bus. 

«Avec le prix actuel à la pompe et le prix de la course nous réconforte. Pour contraindre les clients à payer ce nouveau tarif, nous exigeons d’encaisser l’argent avant l’embarquement des passagers à bord du bus.

Une condition sine qua none à laquelle nous soumettons tous les passagers», soutient un chauffeur croisé sur le trajet sainte Thérèse-Gambela.

RETOUR AU demi-terrain

Malgré le prix appliqué pour la course, la plupart de conducteurs des taxis et taxis-bus recourent à la pratique des demi-terrains à moitié prix. « Le demi-terrain est une alternative qui nous permet de compenser le temps perdu dans des embouteillages et de gagner plus avec de courtes distances. C’est ainsi que de temps en temps, nous optons pour la ligne sainte Thérèse-Quartier1 ou Quartier1-Debonhomme », témoigne Kazo, un conducteur de bus. 

Un autre chauffeur de la Tshangu s’en remet à la décision de l’autorité urbaine: «Si l’hôtel de ville décide de revoir le prix de la course de transport en commun que ça soit à la hausse ou à la baisse, nous allons nous courber. Mais tant qu’il n’a pas encore fixé le prix, chacun y va au gré de son humeur», souligne Papa Paul, un chauffeur desservant la ligne Kimbanseke–ISC. Un passager rencontré à bord de ce bus estime que «ce genre de réajustements des prix de la course devraient avoir comme fondement la circulaire de l’autorité fixant la nouvelle grille de tarification du transport en commun. Dans le cas contraire, cela va susciter des tiraillements entre chauffeurs et passagers tel que nous y assistons actuellement, chaque chauffeur fixant son prix de manière unilatérale. Et cela, nous met, nous la population devant un fait accompli».

Depuis une semaine, des files de véhicules et motos sont  observées devant les stations services de la Tshangu, en quête du carburant. Certaines stations-services ne vendent pas. Cette rareté de carburant avait poussé les transporteurs de la Tshangu à revoir à la hausse le prix du transport en commun sans se référer à l’autorité compétente. Cette précédente augmentation avait été justifiée jadis par la pénurie du carburant et faisait suite au contrôle de la vignette et aux embouteillages.

Maintenant que le nouveau prix du carburant à la pompe est connu, la balle se trouve dans le camp de l’autorité urbaine qui devrait fixer le tarif de la course à appliquer.

Rachidi MABANDU & Dina BUHAKE

Laisser un commentaire

Suivez-nous sur Twitter