Réconciliation autour des leaders politiques, une constante

Rien de nouveau sous le soleil zairo-congolais. Avant-hier, hier comme aujourd’hui, réconciliation rime avec rabibochage entre acteurs politiques majeurs. Faudrait-il s’en féliciter, le déplorer, en pleurer  ou, -au pays à la comédie chevillée au corps et au cœur-, en rire? Libre à chacun.

   Ainsi, sans remonter jusqu’au déluge,  en était-il le cas par exemple  entre le Maréchal Mobutu et Tshisekedi-père. Plus d’une fois, les démarches tendant au rapprochement entre ces deux amis politiques  intimes devenus adversaires politiques  tout aussi intimes a été comme la quête de la réconciliation nationale.

La Conférence nationale souveraine (CNS)  a, elle-même, a fait de  la cohabitation  Mobutu -Tshisekedi la consécration de la … réconciliation nationale. Du haut du perchoir, Monseigneur Monsengwo déploya tout le trésor d’exégèse  et même de diplomatie pour obtenir le binôme Mobutu-Tshisekedi comme solution à l’équation politique d’alors.

    Rebelote dans l’ère post-Maréchal-président.  Des tentatives ratées d’attelage Kabila-père -Ya Tshitshi avaient pour justification la recherche de la  réconciliation nationale.

Au dialogue inter congolais de Sun City, la réconciliation nationale a été vue sous le même prisme du rapprochement entre leaders politiques et politico-militaires  qui devaient fumer le calumet de la paix.

La réconciliation nationale a toujours eu une saveur politique. On a  très rarement vu -c’est un euphémisme- telle et  telle autre composante du peuple loger à la même enseigne en terme de misère proverbiale  se réconcilier effectivement.

Les retrouvailles Kabila-Katumbi s’inscrivent dans la très  longue tradition de «  réconciliation  » à congolaise. Pour le coup, les deux poids lourds de la scène politique n’ont pas réinventé la roue.

 Au passage, on ne peut pas épiloguer à longueur de journée sur les contradictions secondaires voire des querelles byzantines de la classe politique, source de tension dans le pays et ne pas saluer l’extinction potentielle  d’une de ces nombreuses flammes.  Quels qu’en soient les ressorts et les visées,  la poignée de main Kabila-Katumbi devrait signifier un conflit, politicien soit-il, en moins. Tant mieux si cette « réconciliation  »  fait baisser la tension politique de quelques crans.

 Que ce rapprochement ne soit pas du goût de ceux  qui tiraient profit de la fâcherie  entre les leaders du FCC et d’Ensemble, ainsi va la politique. Mais, que ce rabibochage n’arrange pas ceux qui en appellent matin, midi et soir  à la cohésion nationale à partir de la base, il y a de quoi perdre son swahili. 

            José NAWEJ

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