Présidentielle 2023 : Augustin Matata Ponyo, candidat du LGD

* Entre-temps, le Pg Victor Mumba aurait fixé la sulfureuse affaire Bukanga-Lonzo à la Cour de cassation.

Il sera candidat à la prochaine élection présidentielle, constitutionnellement prévue en 2023. Il s’agit de l’ancien Premier ministre congolais, Augustin Matata. Mais rien encore d’officiel, dans la mesure où on n’en est pas encore à l’étape de dépôt de candidatures à la  Commission électorale nationale indépendante (CENI). Toutefois, l’homme à la très célèbre cravate rouge ne s’en cache plus. Ses ambitions pour le fauteuil présidentiel en RD Congo se lisent, désormais, sans équivoque.

Las de jouer un rôle de second plan dans son ancienne famille politique –le Front commun pour le Congo –cher à l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila – le sénateur élu du Maniema s’est résolu à voler de ses propres ailes. Aussi, a-t-il créé son parti politique labellisé «Leadership et Gouvernance pour le Développement» (LGD). C’est donc cette formation politique qui, à  l’issue de son tout premier congrès le mardi 3 mai à Kinshasa, a investi Augustin Matata Ponyo, à la fois comme son président national et son candidat à l’élection présidentielle de 2023.

«Je vous informe avoir décidé d’accepter votre choix porté sur ma modeste personne comme candidat de notre parti à l’élection présidentielle», laisse entendre Augustin Matata, dans son allocution de circonstance.

Evoquant la situation sécuritaire dans la partie Est du territoire national, le commandant en chef du LGD, tel un médecin spécialiste, y va de son bilan clinique et de sa prescription. «Le viol est utilisé comme arme de guerre contre nos sœurs, nos mamans qui finissent pas perdre le sens de la vie. Des déplacements massifs de nos concitoyens sont observés régulièrement. Cette situation, retenez-le bien, procède fondamentalement d’une malédiction de leadership et de gouvernance qu’il faille exorciser dès aujourd’hui. Le développement économique et inclusif ne peut être envisagé de manière durable sans la paix et la sécurité dans l’ensemble du pays», postule-t-il.

Et d’enchainer : «Le parti a pris la ferme résolution de s’investir à fond dans la recherche de solutions devant résoudre définitivement cette question de l’insécurité dans l’Est du pays».

«DIEU M’A SOUTENU» 

Secret de polichinelle. Le Premier ministre honoraire, Augustin Matata Ponyo, figure parmi les dignitaires du régime Kabila, cités dans plusieurs affaires de détournement des deniers publics. En l’espèce, la mauvaise gestion présumée des fonds décaissés pour le parc agroindustriel de Bukanga-Lonzo, dans la nouvelle province du Kwango. A ce dossier, s’ajoute celui de la Zaïrianisation en 1973.

Cependant, le concerné qui a toujours rejeté en bloc les forfaits mis à sa charge, n’a jamais utilisé le moindre euphémisme, pour qualifier de « complot« , la démarche de ses détracteurs politiques, comptés parmi les sociétaires de l’administration Tshisekedi. Selon lui, les différents épisodes judiciaires montés contre lui ont été ou sont une tentative de le réduire au silence.

«Après avoir été victime de plusieurs montages de faux dossiers (Bukanga Lonzo, Zaïrianisation…) pour m’emprisonner afin de limiter mes droits électoraux et pour me contraindre d’entrer dans l’Union sacrée de la nation, Dieu m’a soutenu ! Aujourd’hui, je suis plus qu’heureux d’avoir partagé ma vision et mes idées-pivots pour le développement de la RD Congo, dans le cadre du premier congrès de LGD mon parti politique». Tel écrit Augustin Matata sur sa page Facebook, relayé par le média en ligne okapi.net

Le nouvel homme fort du LGD dit ne pas du tout ignorer la détermination de ses ennemis politiques à le faire couler. Le précurseur de la bancarisation de la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat congolais sait également que tous ceux qui lui en veulent, vont devoir fouiner pour chercher d’autres dossiers de nature à salir délibérément son casier judiciaire. Toutefois, Augustin Matata Ponyo ne se prend pas aux tripes. Bien au contraire. Il dit croire fermement en la force de la justice du pays.

«Je sais que mes ennemis politiques, en colère, sont à l’affût pour monter d’autres faux dossiers contre moi. Mais, je crois en la force de la Justice et en la puissance de la vérité», ajoute-t-il.

LE DESSOUS DES CARTES

Augustin Matata ne veut plus rien cacher. A tout le moins, il n’entend pas faire des intrigues de toutes les poursuites judiciaires contre sa personne, un secret de confessionnal. Loin, s’en faut ! Bien en illustre, son message publié hier mercredi, sur son compte Tweeter.

«Il m’a été demandé d’intégrer l’Union sacrée de la nation, j’ai refusé. Il m’a été demandé de dire que je ne serai pas candidat Président de la république en 2023, j’ai refusé. Hier (ndlr : mardi 3 mai), j’ai accepté le choix de mon parti LGD, d’être candidat à la présidentielle de 2023 ; Je serai donc candidat Président en 2023« . C’est donc, tout dire et tout comprendre.

Cependant, au moment où Augustin Matata annonce officiellement sa candidature aux prochaines joutes électorales au sommet de l’Etat, on apprend que le Procureur général près la Cour de cassation, Victor Mumba, aurait à nouveau, fixé le dossier Bukanga Lonzo à ladite Cour. Le média en ligne scooprdc.net, qui livre cette information, indique que la première audience pourrait avoir lieu dans les tout prochains jours.

Pendant ce temps, il circule depuis peu, sur les réseaux sociaux, une correspondance attribuée au même Procureur général de la Cour de cassation, datée du 2 février dernier et adressée au Chef de l’Etat.

Dans ce courrier, avec mention «Transmission rapport sur le dossier judiciaire affaire Ministère public contre Matata Ponyo et consorts», reprise en concerne, le numéro 1 de la Cour de cassation donne la conclusion consignée dans ledit rapport, résumée en ces termes : «Toutes les infractions commises par le Premier ministre pendant ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, ne peuvent être jugées que par la Cour constitutionnelle, conformément aux articles 163 et 164 de la Constitution».

Et, au PG de renchérir : «(…) S’étant ainsi déclaré incompétente à connaître des poursuites engagées contre les prévenus Matata Ponyo et consorts, aucune autre juridiction ne peut engager une action pour ces mêmes faits contre l’ancien Premier ministre…Dès lors, mon office ne pourra instruire qu’à charge de ceux qui ont participé à la commission de ces faits, selon l’un de mode de participation criminelle, non revêtus de cette qualité lors de perpétration».

Dans le dernier paragraphe de sa lettre au Chef de l’Etat, le PG près la Cour de cassation écrit : «Votre avis m’obligerait». Question : Si la fixation du dossier Matata à la Cour de cassation s’avérait vérifiée, qu’est-ce qui justifierait alors cette volte-face du PG Victor Mumba, à la lumière de la conclusion de sa lettre au Chef de l’Etat ? Doit-on, dès lors, insinuer qu’il a reçu le quitus de ce dernier, tel que requis tacitement au dernier paragraphe, par la litote «votre avis m’obligerait» ? Trêve de spéculations ! Grevisse KABREL

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