La veille citoyenne face au réveil des officiels

Ni éveil encore moins réveil. Mais plutôt veille. Par rapport aux velléités belliqueuses du Rwanda, le pays réel  n’a jamais été pris en défaut de sommeil ni même de somnolence. Même en dormant, les Congolais gardent leurs yeux grand ouverts et rivés sur leur voisin hyper problématique.

Seulement voilà, l’attitude faite de vigilance tous azimuts du Congolais d’en bas  contraste souvent avec les postures diplomatiques, calculatrices   et même carriéristes des Congolais d’en haut. Le tout sur fond  des « liaisons dangereuses » qui structurent, restructurent et déstructurent le pouvoir rd congolais depuis 1997. Voire un peu avant lorsque déjà, tel le ver dans le fruit, l’entourage politico-militaire du Maréchal Mobutu a commencé à être  affecté et infesté par des éléments qui préparaient, par petites touches, le plan de déstabilisation du Zaïre.

Blanchi sous le harnais du renseignement, Mobutu savait parfaitement de quoi il parlait lorsqu’il lâcha : « on m’a poignardé dans le dos« . Dans l’esprit, la tête et la bouche du Maréchal-Président qui en avait vu d’autres, le « on » était à très large spectre. De la grande  légion extra-africaine aux sous-traitants régionaux en passant par des cellules actives incrustées et infiltrées dans le dispositif militaro-institutionnel.

Lorsque Mzee Kabila affirme  que le complot était vaste, il fait exactement le même diagnostic instillé par l’implacable  par  la formule « les mêmes causes produisent les mêmes effets« . On peut étoffer cette galerie de constantes historiques avec les déconvenues doublées de « J’accuse » de Joseph Kabila.

L’ennui c’est que sans doute  pour être notamment en harmonie avec ses alliés en particulier Washington,  Kinshasa soit  retombé dans les travers d’autrefois et espérer s’attendre à un résultat différent. Au change, le pouvoir Fatshi paie très cher ce pied de nez conscient ou inconscient au principe de causalité.

Place alors au principe de réalité. Celui auquel demeurent scotchés l’écrasante majorité de  Congolais -tels des chats échaudés- face à un voisin qui a déjà fini de montrer et  démontrer qu’il n’est pas soluble dans des compromis diplomatiques. Lesquels sonnent  finalement comme autant de compromissions pour la RDC. Si dans son machiavélisme, Machiavel écrivit que celui qui a le pouvoir a toujours raison et que le plus faible a toujours tort, l’épopée tragique de l’agression rwandaise renseigne que le peuple congolais  a eu  mille fois raison et que les dirigeants n’ont même pas eu raison d’avoir tort.

 Moralité, la veille permanente face au Rwanda est de loin préférable au réveil conjoncturel et circonstanciel des officiels. José NAWEJ

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