Enfin, Tshisekedi envisage la fin de l’état de siège

Comme on le sait, mercredi 4 mai dernier au cours d’une réunion qu’il avait présidée à la Cité de l’UA et à laquelle assistaient des ministres dont celui de la Défense nationale, le chef de l’Etat a décidé de la convocation prochaine d’une table ronde qui devrait se pencher sur l’état de siège en cours en Ituri et au Nord-Kivu. Ce qui est une évolution notable dans la perspective qu’avait Fatshi sur l’état de siège.

En soumettant la question de l’état de siège à la réflexion d’une Table ronde, c’est-à-dire d’un forum, c’est que Félix Tshisekedi s’est rendu à l’évidence et regarde désormais les choses en face. La Table ronde, c’est-à-dire le forum qu’il convoque quels que soient les statuts de ses participants n’aura inévitablement comme conclusion, la fin imminente de l’état de siège. Déjà lorsque le Premier ministre Jean-Michel Sama s’est récemment rendu en mission dans les deux provinces soumises à l’état de siège, des choses qu’il a entendues de la population qui déversait son venin sur l’état de siège, il a parlé de «requalification». Ce qui veut tout dire. Car, on ne peut requalifier quelque chose qui a réussi. La requalification voulait dire, en d’autres termes, l’échec de l’état de siège. C’est cela la réalité.

Mais, on n’a pas compris comment Félix Tshisekedi n’a pas été conséquent avec ce constat fait par son Premier ministre en mettant un terme à l’état de siège. Mais bien au contraire, le Parlement est allé de prorogation en prorogations tous les 15 jours. Le gouvernement a parlé de requalification alors que l’Assemblée nationale tout comme le Sénat avait proposé à l’Exécutif de faire d’abord une évaluation avant toute autre prorogation.

Malheureusement, le gouvernement ne s’est jamais livré à cet exercice qui allait permettre aux Congolais de se faire une idée sur les résultats de l’état de siège, positif ou négatif pour, le cas échéant, rectifier le tir pour corriger. Pourtant, la majorité des Congolais sont contre l’état de siège car ils savent des témoignages de leurs compatriotes habitant ces deux provinces et des rapports de multiples ONG internationales qui sont sur le terrain que l’état de siège a échoué et exigé sa levée immédiate.

Plus près de nous, les députés nationaux de deux provinces sous état de siège à savoir l’Ituri et le Nord-Kivu qui étaient au fait de la situation dramatique que sont en train d’endurer les populations du fait de l’état de siège ont à diverses reprises, tenté de secouer le cocotier pour dénoncer cet état des choses. En vain. Ces élus ont même décidé de boycotter toutes les plénières de l’Assemblée nationale adoptant les lois de prorogation de l’état de siège. Mais il n’u a pas eu d’effet étant donné que l’état de siège a continué de plus belle. En fin de compte, excédés, ces élus nationaux du caucus de l’Ituri et du Nord-Kivu ont initié une proposition de loi portant la fin de l’état de siège. Comme on le voit, ces députés nationaux ont tout tenté pour obtenir la levée de l’état de siège. Mais le Président Félix Tshisekedi est resté intraitable. Les députés provinciaux de l’Ituri et du Nord-Kivu avaient un tableau reprenant l’ensemble des massacres, des tueries et autres exactions de la population qui avaient quintuplé et que d’une manière générale, la situation sécuritaire de ces deux provinces est pire qu’avant l’instauration de l’état de siège. Les sociétés civiles de ces deux provinces partagent aussi le même constat d’une situation qu’elles sont en train de vivre car se trouvant sur place. On comprend dès lors comment il est rare de trouver un rapport désintéressé conseillant la poursuite de l’état de siège.

Il n’y a pas une seule Ong sérieuse qui a embouché la trompette de la poursuite de l’état de siège. Le «Baromètre sécuritaire du Kivu» qui est l’instrument de communication de l’Ongd américaine «Human Rights Watch» et de GEC rattaché à l’Université de New York et qui documente toute violation des droits de l’homme commise sur l’espace de l’ancien Kivu, a aussi publié son rapport sur la situation des droits de l’homme dans les deux provinces sous état de siège et a recensé 3.000 cas pendant les 12 mois de l’état de siège. Ce qui est le double des violations  commises l’année dernière, avant l’état de siège.

Toutes ces statistiques parlent d’elles-mêmes pour dénoncer une situation catastrophique qui est spéciale qui ne doit pas durer dans le temps et faire tout au plus trois mois. On est aujourd’hui à 12 mois. C’est là où les analystes posent la question de savoir qu’est-ce qu’on peut faire en 12 mois qu’on ne l’a fait en un trimestre en terme  d’opérations militaires.

Heureusement que le Président de la République lui-même a décidé de convoquer cette Table ronde sur l’état de siège. Les plus intéressés sont les députés nationaux du caucus de l’Ituri et du Nord-Kivu qui se sont battus comme des diables dans un bénitier pour la levée de l’état de siège qui sont d’accord avec la tenue d’une Table ronde qui, sont-ils convaincus, va conduire à sa levée.

Même réaction du côté de la Commission « Défense et sécurité » de l’Assemblée nationale qui, exigerait déjà une évaluation de l’état de siège. Celle commission de l’autre Chambre haute avait aussi fait de même et avait menacé de ne plus proroger avant que le gouvernement n’ait déposé un rapport d’évaluation. Mais rien n’y avait fait. Comme quoi, l’état de siège a la peau dure. KANDOLO M.

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