Le pasteur Masengo Ntambo relate l’itinéraire de la chorale « Les exilés de Sion »

Ce samedi 30 avril, Lubumbashi va vibrer au rythme de la très célèbre chorale  » Les Exilés de Sion  » qui totalise 20 ans d’existence.

Forum des As publie des témoignages des choristes de ce groupe chrétien né des compatriotes dans des circonstances douloureuses, celles de la guerre où l’on a vu le RCD occuper Kalemie. Le Seigneur avait utilisé l’un de ses serviteurs, en l’occurrence, le Révérend Flory Kabange Numbi, pour parrainer ces frères et sœurs en Christ. Aujourd’hui, la chorale  » Les Exilés de Sion  » fait la fierté du Katanga et de tout le pays.

Bonjour pasteur, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Pasteur Masengo

Pouvez-vous nous parler du groupe Les Exilés de Sion ?

C’est un groupe musical. Sa première chanson s’intitule « Kulu Sese« , la deuxième « Ku Ngulu ya Mabwe« . Le groupe a évolué tout d’abord sous la dénomination Ku Ngulu ya Mabwe« . Il était composé des papas et des mamans venus de Kalemie  de Kolwezi et de Lubumbashi, après la guerre. Ils chantaient  selon le rythme Asafa.

Qui est maman Kasongo de Kolwezi ?

C’est la seule que je peux citer et que je connais. Nous avons papa pasteur Claude, pasteur Masengo lui-même, frère Henry Disala, frère Nuido, John Thiza et le pasteur André Kumuimba.

Pouvez-vous nous parler des débuts des Exilés de Sion ?

C’était une idée du Révérend pasteur Flory Kabange, qui a eu une révélation de Dieu par un songe. Dieu lui avait dit :  » Le groupe que tu écoutes, tu ne l’écouteras plus « . Et ce message est arrivé à plusieurs reprises et lui-même n’avait pas compris. Un jour, on lui donna l’exemple d’un groupe synodal… Synode qui chantait chez les Méthodistes les Kapia. « Tu ne vas plus les écouter ». Quand il a mis son intelligence, et le Saint-Esprit aidant, il a compris que, comme les Kapia chantent et que leurs chansons ne sont pas enregistrées sur des supports, cela veut dire qu’elles vont mourir et ainsi disparaître. Si avant, on avait cité les Kapia, le rythme Asafia aussi, avec le temps, ne va plus exister, il faudrait quand même réunir les chanteurs. Il nous a alors réunis et nous avons démarré avec ce groupe.

Vous a-t-il adressé un message particulier ?

Oui, oui. Dans ses idées comme il restait à Pierre Angulaire et que c’est là que nous restions, le pasteur Claude et moi, il m’a contacté et m’a montré différentes personnes. C’est le cas de maman Mélanie, sa fille Mamie, Sophie, Papa Kibawa, paix à son âme, sa femme et maman Pichou. Ce sont ces personnes que j’ai vues chanter à l’Eglise 8ème CEPAC. Maman Dalamika et autres. Et vous, pouvez-vous vous mettre ensemble et chanter au rythme Asafia.

Alors, c’est lui le sponsor ?

C’est lui le missionnaire et sponsor. C’est lui qui est tout.

Pouvons-nous connaître les chansons qui composent l’album « Ku Ngulu ya Mabwe » » ?

Dans Ku Ngulu ya Mabwe« , il y a eu plusieurs chansons. Je veux les citer pour que le public le connaisse bien. Dans Ku Ngulu ya Mabwe« , qui est devenu le titre de l’album, il y a eu : Njuba, Tekefila. Il y a eu la chanson Aya yayaTumwibileni mwanta wetu Yesu qui est une sélection. Et il y a eu une chanson en swahili Yerusalem wa bwa.

Quel a été l’apport de maman Doris ?

Coordonnatrice de Nabii Samueli House, Maman Doris, c’est la première personne. Avec maman Sama Ngoy, elle a donné cette idée. Les personnes qui ne nous connaissaient pas pensaient que nous étions des Zambiens, des Sud-Africains. Après, elles ont vu que nous étions des personnes venues de Kolwezi, Kalemie et Lubumbashi. A cette époque, maman Doris n’était pas encore coordonnatrice, ni membre de Nabii Samueli house. C’est pour cela que nous disons qu’elle était Exilée de réserve. Dieu l’avait déjà choisie puisqu’elle était kinoise. Elle a évolué ici et elle a apporté une touche particulière. Elle n’était rien à nos yeux, mais Dieu connaissait plus que ce que nous disions.

Que ressentez-vous après la sortie des chansons qui ont du succès ?

Nous le savions et pasteur Claude est témoin. Dieu nous avait déjà parlé lorsqu’on chantait Asafia, le Mukweso et lorsqu’on jouait du tam-tam. Il nous a dit : « Vous serez connus. Vous irez très loin ». Lorsqu’on est passé chez maman Lunda Mukala à Kolwezi, elle nous avait dit que Dieu lui avait dit que nous serons connus et que nous irons très loin. A cette époque, nous évoluions dans la ville de Kolwezi. On n’avait aucune idée de ce qui allait arriver. Nous nous sommes dit que c’était des hommes qui parlaient. Nous étions très jeunes à cette époque. Nous étions peut-être dans la vingtaine. Que les chansons sont sorties. Et  cela a bien marché. Le succès s’en est suivi. Cela ne nous a pas étonnés. Nous avons chanté et Dieu a mis sa touche.

Quand vous chantez, les chansons sont accompagnées de miracles de Dieu. Normalement, c’est notre devoir et notre souci. Nous avons beaucoup de témoignages palpables. Nous ne saurons pas les citer tous ici. Lorsque nous chantons, de grandes choses se passent. Des Apostolo, par exemple, quittent leur  » sèche ?? » et acceptent Jésus-Christ. Pendant que nous chantons dans le bar, on balance ces chansons, certaines personnes en écoutant disent  » la bière que je prends aujourd’hui est ma dernière. J’arrête « .

Une autre femme a été guérie, après avoir prié Dieu demandant la guérison, pendant que je jouais la chanson  » Ku Ngulu ya Mabwe«  », qu’elle avait demandé à son mari de jouer.

20 ans après, comment vous sentez-vous ?

20 ans après, j’ai la chair de poule. A 20 ans, un enfant a beaucoup grandi. Dieu nous a donné la vie. Nous entrons maintenant à Canaan.

Quelles sont les perspectives ?

Nous voulons travailler avec Dieu plus que pendant les 20 ans. C’est cela notre prière. Nous allons travailler dans la chanson. Nous sommes des pasteurs, mais des chanteurs plus précisément. Nous voulons placer tout le groupe dans une dynamique de travail pour Dieu dans la vérité.

Un mot sur maman Isabelle de Kolwezi ?

Dans le groupe Ku Ngulu ya Mabwe » avec le rythme Asafa, nous n’étions pas très nombreux. Etant de Bukavu, Maman Isabelle aimait les chansons en kiluba. Mais, lorsqu’elle écoutait les chansons, elle disait que les promesses de Dieu vont s’accomplir. Aujourd’hui encore, elle continue à penser à nous. Elle est maintenant mère de trois enfants. Propos receuillis par GB

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