La RDC, variable d’ajustement dans les grands lacs ?

Une quadripartite annoncée en terre kenyane  pour calmer les tensions nées du regain d’activisme du M23 ? A priori, c’est pour la cause. Qui s’y opposerait donc ?

Il y a belle lurette que le martyr des populations congolaises habitant l’Est du pays relève de l’indicible. Et la crainte de voir des frictions entre Kampala et Kigali « faux vrais frères ennemis » déboucher sur des affrontements sur le sol rd congolais n’est pas une vue de l’esprit. Le précédent Kisangani faisant foi.

 En 2000, les deux armées d’occupation (rwandaise et ougandaise) s’étaient affrontées à l’arme lourde dans la troisième ville du Congo. Dans la configuration actuelle, l’intervention des forces ougandaises aux côtés des FARDC pour repousser le M23 pourrait voir les masques tomber au profit du vrai visage de cette rébellion pro Rwanda.

L’ennui dans ces conflits cycliques dans l’Est de la RDC, c’est que le territoire congolais serve de champ de lutte d’influence entre pays sous-traitant des desseins géopolitiques et géostratégiques venus d’ailleurs. Pour le coup, un ailleurs très lointain.

 S’étant positionnés depuis la mise en branle du processus d’émasculation du Zaïre devenu RDC du côté des puissances et autres multinationales qui ont décidé de faire main basse sur les ressources naturelles de l’Est du pays, les régimes ougandais et rwandais se livrent à une concurrence sous régionale dont l’enjeu est la RDC.

Vu de Kigali comme de Kampala, Kinshasa est perçu davantage comme un variable d’ajustement que comme un partenaire  autonome défendant ses propres intérêts qui sont distincts de ceux des autres pays des Grands lacs. En somme, si aussi bien le Rwanda que l’Ouganda disposent  d’une politique rd congolaise avec, chacun, un desk bien référencé au cœur de leurs  pouvoirs respectifs ; il n’est pas évident qu’il en soit de même pour le Congo-Kinshasa.

Abonnés à la conception angélique de la politique étrangère, les plénipotentiaires congolais donnent toujours l’impression de réagir par à-coup à des actions planifiées découlant d’une stratégie d’influence ou de  puissance que développent les autres pays de l’espace « Grands lacs« . En ce compris le Burundi dont les incursions sur le territoire congolais n’ont rien d’anodin. Tout se passe comme si contrairement à nous, nos voisins de l’Est ont tous fait leur la citation de Napoléon Bonaparte selon laquelle  tout Etat fait la politique de sa géographie. José NAWEJ    

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