Bahati Lukwebo pour un examen approfondi de la question

* »Je pense qu’il faudra engager un débat franc sur la question de prix dans notre pays », estime le speaker de la Haute assemblée et, par ailleurs, professeur d’économie.

Pénurie réelle ou artificielle de carburant à Kinshasa ? Doit-on s’attendre dans les prochains jours à une hausse des prix des produits pétroliers à la pompe? Ces questions qui sont sur toutes les lèvres dans les rues de la capitale congolaise se sont invitées au Sénat. Au cours de la plénière du lundi 4 avril, la sénatrice Francine Muyumba a présenté une motion d’information sur ces questions afin de mettre les sénateurs au parfum de la situation observée aussi bien dans les stations essence que sur les principales artères de Kinshasa.

Cette élue du Haut-Katanga a exposé à la plénière les difficultés que les populations kinoises ont rencontrées au courant des deux journées à s’approvisionner en produits pétroliers. Elle a peint les longues files qui se formaient des heures durant devant des stations-service à travers Kinshasa.

Une situation qui, selon la sénatrice Francine Muyumba, a entraîné la hausse de prix du litre de carburant et, par conséquent, du coût de transport en commun sur plusieurs tronçons de la capitale congolaise.

En réaction à cette motion d’information, le président du Sénat Modeste Bahati Lukwebo a encouragé sa collègue Francine Muyumba à saisir officiellement son bureau à travers les mécanismes prévus par la Constitution afin que les ministres sectoriels viennent s’expliquer devant les élus des élus sur ces matières.

Comme dans son discours d’ouverture de la session, le 15 mars dernier, le speaker de la chambre haute du Parlement a décrié la Politique du gouvernement tendant à bloquer des prix de carburant par des subventions. Il estime que cette situation observée actuellement en RDC est l’occasion de réfléchir à fond sur cette problématique en vue des solutions durables.

«Je pense qu’il faudra engager un débat franc sur la question de prix dans notre pays. Je l’ai dit dans mon discours d’ouverture de la session le 15 mars 2022. J’avais stigmatisé la politique du gouvernement de bloquer les prix de carburant par des subventions et je me disais qu’avec cela, à un moment donné, le gouvernement risque d’être essoufflé. Je pense qu’il faudrait qu’on puisse examiner cette question froidement parce que je me rappelle que les prix qui étaient jusque-là d’application, étaient basés sur un prix moyen frontière du carburant qui était de 35 dollars le baril. Tout le monde sait aujourd’hui que le baril a franchi le cap de 100 dollars. Donc c’est un débat pour que nous ayons l’occasion d’inviter les ministres concernés pour qu’on puisse tenir ce débat et c’est même urgent parce que, vous le savez, quand on n’a pas de carburant, tout risque d’être paralysé», a-t-il déclaré.

Il s’est observé, l’après-midi du dimanche et les journées du lundi et mardi derniers une pénurie de carburant à travers la capitale congolaise. Des véhicules devraient former de longues files devant les stations d’essence pour s’approvisionner en cette denrée.

«Ce qui est rare est cher», dit-on. Cette situation a, par effet d’entraînement, occasionné la haute du prix de carburant et de celui des transports en commun durant ces deux journées dans la capitale congolaise.

Dans sa réaction le Gouvernement a affirmé qu’il n’est nullement question d’une certaine pénurie. Il s’agit, a affirmé le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu, d’une rareté artificielle fabriquée de toutes pièces par les opérateurs économiques qui veulent augmenter le prix de ce produit. Il a annoncé l’arrivée de près de 25.000 tonnes de carburant par le port de Boma, au Kongo – Central.

A la suite de cette annonce, la situation s’est visiblement améliorée quelque peu. Si certaines stations d’essence ont normalement fonctionné, d’autres par contre sont restées fermées toute la journée. On a aussi observé une légère hausse de prix de cette denrée dans certains points de vente. La population redoute une hausse de prix qui ne sera pas sans conséquence sur le prix de la course à Kinshasa. Orly-Darel NGIAMBUKULU

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