L’Unikin menacée de disparition

* L’alerte a été donnée hier par le recteur de cette université, le Pr Jean-Marie Kayembe.

 » La Colline inspirée  » est en danger. Elle est menacée de disparition, si rien n’est fait. Rongée par les têtes d’érosions, accablée par le délabrement des édifices et de la voirie qui risque d’enclaver ce haut lieu du savoir, l’Université de Kinshasa court le risque de disparaître. Il y a péril en la demeure, alerte le recteur de cette université, le Professeur Jean-Marie Kayembe, la bouche qualifiée pour parler de cette alma mater.

Son cri de cœur, le recteur de l’Unikin l’a adressé hier mercredi 2 mars au bureau du Sénat. La chambre haute du Parlement ayant aussi vocation à être informée de tout ce qui ne va pas dans le pays afin de participer au plaidoyer auprès de l’Exécutif.

Bahati Lukwebo étant empêché, le recteur de la « Colline inspirée » a été reçu par le premier Vice-président de cette institution, Eddy Mundela Kanku. Le professeur Jean-Marie Kayembe en a profité pour lui faire part de quelques doléances pressantes: La vétusté et la destruction d’une partie importante de la voirie du site de l’université de Kinshasa, des Cliniques universitaires, du plateau des professeurs, en passant par les facultés et les résidences estudiantines.

APPEL PRESSANT

Pour le recteur Jean-Marie Kayembe, si rien n’est fait en mode urgence côté Gouvernement, cette université qui a formé la majorité de l’élite politique et intellectuelle de la RDC risque de disparaître en raison des pluies diluviennes qui s’annoncent pour le mois d’avril prochain.

« Le Sénat, c’est la première représentation du peuple au plus haut niveau, au plus haut sommet. Je suis venu, en ma qualité de recteur de la première née de l’enseignement supérieur et universitaire en RDC, l’Unikin, présenter quelques doléances pressantes à l’honorable président du Sénat. Il s’agit notamment de la vétusté et de la destruction très importante de la voirie de l’Université qui risque de nous faire perdre, s’il y a encore des pluies diluviennes comme celle de ce jour, une infrastructure acquise il y a plus de 60 ans, nous léguée par Mgr Gillon, l’Unikin« , a-t-il déclaré.

Parmi les doléances  présentées par le recteur de l’Université de Kinshasa auprès du vice-président du Sénat figurait aussi la problématique des conditions d’études. Il en a appelé à l’aboutissement des travaux de construction des auditoires inachevés, de la réhabilitation de certains bâtiments et de la construction d’autres.

AMÉLIORATION DES CONDITIONS D’ÉTUDES

« Je suis venu également, auprès de la haute autorité de l’État, faire état des conditions d’études de nos étudiants. L’auditoire Laurent Désiré Kabila est dans un état d’inachevement. Ce serait totalement irresponsable de le laisser en l’état où il est aujourd’hui et d’y admettre les étudiants« , a-t-il indiqué.

Parlant du réseau électrique sur le campus de l’université de Kinshasa, le professeur Jean-Marie Kayembe a appelé les autorités du pays à éviter que le drame qui s’est produit à Matadi Kibala puisse se reproduire. Il pense qu’il est temps de penser à la réhabilitation de fond en comble de l’ensemble de ce réseau électrique.

« Nous voulons prédire d’autres Matadi Kibala notamment en pensant à reconstruire correctement l’infrastructure électrique, mais également à donner à nos enfants à l’Unikin les conditions, un tant soit peu, humaines d’encadrement et d’enseignement.

C’est un véritable SOS que je viens de faire auprès du Parlement afin qu’il soit entendu« , a plaidé le professeur Jean-Marie Kayembe.

JE PARS RASSURÉ

 « Ce que nous faisons est un plaidoyer. C’est pourquoi nous cherchons tous les anciens de l’Unikin. Lorsqu’on est nombreux à porter la même vision, chacun peut jouer sa partition pour la reconstruction de notre nation. Une reconstruction qui doit passer aussi par la restructuration de l’enseignement supérieur et universitaire dans ce qu’il a de fondamental et de particulier ».

« Je pars d’ici déterminé à maintenir le rythme et la plaidoirie, dit-il. Je pars confiant également que les décisions, autant que faire se peut, seront prises et que les solutions seront trouvées« .

Il y a peu, le Réseau des professeurs du secteur officiel avait saisi le président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, au sujet des difficultés qu’ils avaient rencontrées dans les négociations avec le gouvernement.

Selon le professeur Rodolphe Iyolo, coordinateur du Rapuco, l’implication personnelle du président de la chambre haute du Parlement était requise pour permettre la résolution du problème. Orly-Darel NGIAMBUKULU

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