Kumbuku Makila Anny : «le travail valorise la femme»

Elle a décidé d’ôter momentanément sa tenue militaire pour se mettre en pagne. Journée du 08 mars oblige ! Elle, c’est Mme Kumbuku Makila Anny, adjudant-chef, au bataillon Ravitaillement habillement militaire à la Base logistique centrale de Kinshasa. Malgré sa tenue «civile», la journée des droits des femmes ne l’a pas empêchée d’accomplir sa tâche quotidienne. «Le travail valorise la femme», déclare-t-elle à Forum des As qui l’a surprise dans son bureau le mardi 8 mars.

Etre une femme dans l’armée n’a plus rien de surprenant. Les mentalités ont évolué. Les femmes qui ont choisi de servir le pays sous le drapeau exercent divers métiers. Kumbuku Makila Annie, adjudant-chef, sert dans le bataillon Ravitaillement habillement militaire, à la Base logistique centrale depuis plus de quatre ans. Elle travaille avec une vingtaine d’hommes au service de manutention. A la Base logistique, elle preste aux côtés d’autres femmes qui elles, sont entre autres, couturières et mécaniciennes. «Le Bataillon de Ravi, explique-elle, c’est une unité qui s’occupe de tout ce qui est comme  tenue de l’armée (uniformes, bottines, T-shirts, bérets.. .) de la classe B pour toute l’étendue de la République».

«Mon rôle est de coordonner tout ce qui a trait à l’habillement des militaires, c’est-à-dire, de la réception au dépôt jusqu’au dispatching». Son travail, elle le fait avec  conscience. «Dans le dépôt, chaque accessoire a sa place de manière que quand on a besoin d’autant de bérets par exemple, on les retrouve facilement», explique-t-elle.

L’adjudant-chef Kumbuku ne quitte pas d’une semelle le cheminement d’un colis à expédier. «S’il faut aller déposer un colis à l’aéroport, je dois accompagner l’équipe, afin de faire le suivi jusqu’au moment du chargement (tarmac). Je dois m’assurer, jusqu’au moindre détail,  que le colis a été chargé dans l’avion pour la vraie destination. A la fin, je signe le document, ensuite, je rentre calmement au bureau pour faire rapport à la hiérarchie», rassure-t-elle

Pour elle, être affecté à ce poste demande une endurance «Il y a des hommes qui ont été affectés à ce poste par le passé. D’autres n’ont pas pu tenir au regard de la complexité du travail. Je fais preuve d’une endurance remarquable. Je suis de nature forte».

A la question de savoir si elle est censée rester à la maison pour «fêter», parce que c’est la journée de la femme, elle est catégorique : «le 8 mars ne peut pas m’empêcher de travailler. Je ne peux pas rester à la maison sous prétexte que je suis femme. Venir travailler n’enlève rien de ma qualité de femme. Mais comme c’est une journée dédiée à la femme, j’ai porté mon pagne pour montrer à mes chefs et à la face du monde que je suis fière d’être femme. Je vais exécuter mes tâches comme pour un jour ordinaire», soutient cette Congolaise qui a choisi de servir son pays sous le drapeau

Mère de huit enfants, Kumbuku Makila insiste pour dire «qu’à la maison je suis femme au foyer. Au bureau, au regard de ma prestation, on ne sait pas dire exactement de quel sexe je suis.

« C’est dans ce cadre que j’ai porté le pagne comme les grandes dames les portent et je suis fière d’être dans cette tenue ordinaire aujourd’hui« , se réjouit-elle.

Elle n’encourage pas les femmes qui attendent tout de leurs maris. Pour elle, cette attitude ne se justifie plus. J’invite les femmes militaires qui sont dans diverses divisions à donner davantage le meilleur d’elles-mêmes avec conscience et détermination.

« Le travail nous valorise. Nous avons choisi de servir notre pays sous le drapeau, faisons-le avec amour. Au travail nous sommes tous militaires, il n’y a pas question de femmes ni d’hommes. Nous devons forcer. Du moment qu’on le veut, tout est possible« , encourage-t-elle.

L’adjudant-chef travaille avec conscience et fait attention au moindre détail au point que tous les colis arrivent à destination sans problème. «Jamais. Cela ne peut pas m’arriver parce que je contrôle tous minutieusement. Si je me trompe et que mes chefs se rendent compte qu’un colis a suivi un autre itinéraire, je suis cuite. On va m’arrêter, parce que c’est de ma faute ». Kumbu Makila fait savoir que si sa fille opte pour un service militaire, elle ne l’empêchera pas. Dina BUHAKE

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