Esther Misheng Mbidi : « Il y a beaucoup d’opportunités au Congo, mais il faut choisir dans quoi se lancer selon son domaine d’investissement»

Au cours de la semaine économique et commerciale belge qui s’est déroulée du 19 au 25 mars 2022, une grande émission a été organisée, appelée « Spécial Grand plateau » sur Télé 50, et dont Esther Misheng Mbidi, manager, banquière, femme entrepreneure et responsable de  l’Asbl Credassur Nord-Sud, ainsi que Laurence Heyblom, conseillère économique et commerciale à l’ambassade de Belgique en Rdc ont donné le contenu de ce grand rendez-vous, qui a permis à près de 90 entreprises belges de nouer des partenariats avec leurs homologues congolais. Elle représente trois régions : bruxelloise, flamande et wallonne. Pour Esther Mbidi, il y a eu beaucoup d’opportunités, mais juste, il faut savoir dans quels domaines on veut investir et comment s’introduire.

Pourquoi une telle mission en Rdc ?

Laurence Heyblom : Depuis 2016, il n’y avait plus une mission politique et économique de cette taille, même si la Covid-19 est venue accentuer cette situation. Cette mission a été planifiée à deux fois, mais annulée à cause du Covid.

Qu’est-ce que la partie belge poursuit comme objectif ?

Laurence Heyblom : Cette mission est présidée par le ministre président bruxellois et originairement par le secrétaire d’Etat bruxellois qui, malheureusement a dû annuler pour des raisons de Covid. Les deux ministres ont pensé qu’il était important de venir avec ce volet politique, mais aussi de coopération, parce qu’il y a un grand accord entre les villes de Bruxelles et de Kinshasa, en plus d’amener une centaine d’entreprises de trois régions, pour trouver des partenaires ici en Rdc.

Quel est le sens du message du Premier ministre congolais qui plaide pour un partenariat gagnant-gagnant ?

Laurence Heyblom : C’est exactement le thème de cette mission, parce que nous portons une centaine d’entreprises. Donc, ce sont des personnes qui cherchent un partenaire pour investir, mais surtout un partenaire congolais pour développer des projets ensemble ici en Rdc.

Vous confirmez qu’il y a beaucoup d’opportunités ?

Esther Misheng Mbidi : Il y en a beaucoup, mais juste il faut savoir dans quels domaines on veut investir et comment s’introduire. C’est un peu ça le but de notre collaboration avec la conseillère commerciale et économique de l’ambassade de Belgique en Rdc. L’année passée, on était venu, pas avec une mission aussi grande que celle-ci. A la foire internationale des entrepreneurs, le but aussi était de créer des partenariats et le focus était beaucoup plus l’entreprenariat des jeunes et des femmes. C’est un événement rassembleur, qui permet de créer des connexions entre les entreprises du Nord et du Sud, qui met ensemble les étudiants, dans le but de faciliter l’émergence d’une classe moyenne congolaise. Je confirme qu’il y a beaucoup d’opportunités, mais il faut choisir dans quoi se lancer et choisir son domaine d’investissement.

Est-ce la suite logique de la première mission en termes de l’entrepreneuriat ?

Esther Misheng Mbidi : Ça coïncide bien, c’est une vraie suite logique, parce qu’on a une autre mission en novembre 2021. Notre souhait était de voir ce genre des missions se réaliser en Rdc, qu’il y ait plusieurs entreprises qui viennent. Et pour moi, c’est un plaisir de voir que Laurence, de l’ambassade de Belgique ait pensé, comme il a dit que ça fait longtemps que cette mission n’a pas eu lieu suite au Covid. C’est un peu comme la continuité de ce qu’on a fait en novembre dernier.

Quel est le regard de ces entreprises ? Sont-elles décidées de repartir sur des bonnes bases ?

Esther Misheng Mbidi : Beaucoup d’entreprises se sont décidées de recommencer tout à zéro,  même celles qui ont eu des échecs. On a eu à interviewer quelques entreprises qui sont venues à cette mission, il y en a qui avaient tenté l’expérience il y a quelques années,  et ont échoué. Du coup, découragées, elles sont retournées en Belgique, d’autres même aux Etats-Unis. Elles sont revenues cette fois-ci. Je pense que c’est un signal positif qui permet d’encourager les entrepreneurs même ceux qui ont échoué dans le passé, à se dire qu’il y a un nouveau vent. Cette relation qui ressuscite, pourquoi ne pas tenter la 2ème chance ? Je les encourage vraiment à ne pas baisser les bras après les échecs.

Vous avez été reçue par le président du Sénat, vous avez annoncé le thème : « Plan industriel de la Rdc, quel besoin du pays, quelle opportunité pour les sociétés belges ». Pouvons-nous dire que la Belgique est prête à aller sur des nouvelles bases ?

Laurence Heyblom : Quand on a informé en Belgique qu’on allait organiser cette mission en Rdc, il y a eu un intérêt de tous les côtés, de toutes les régions, de tous types d’entreprises, dans les différents secteurs. En ce moment, il y a des entreprises de tous les secteurs, des grandes, des petites qui ont chacune leur objectif, parce qu’il y a autant d’opportunités différentes dans ce pays.

Est-ce qu’il y a une réelle volonté politique de revenir ?

Laurence Heyblom : Je dirai que le ciel est quand même bleu, parce qu’il y a deux volets dans cette mission. Le volet politique, disons de coopération, parce qu’il y a un accord parapluie entre la ville de Kinshasa et la ville de Bruxelles. Donc, il y aura beaucoup d’entretiens à ce niveau et des visites de terrain. Les entreprises qui sont ici viennent de trois régions de la Belgique. Plusieurs parmi ces entreprises ont aussi des intérêts dans le reste des pays.

Est-ce qu’il est prévu un déploiement en provinces ?

Esther Misheng Mbidi : Le but n’est pas de s’arrêter à Kinshasa. Tout ce qu’il y a de l’Asbl Credassur Nord-Sud, nous serons en avril à Goma. Vous savez qu’on ne s’est pas arrêté à Kinshasa. On était à Lubumbashi et quelques mois après, du 08 au 13 avril 2022, nous serons à Goma. Et là encore, il y aura plusieurs entrepreneurs, plusieurs entreprises qui viendront de partout, de la Belgique, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun. Du coup, on ne peut pas penser mettre en connexion les entreprises sans passer par la mission économique et commerciale de l’ambassade de Belgique en Rdc. Toute entreprise qui veut s’installer en Rdc a besoin d’un accompagnement, d’un conseil de cette mission économique. Nous, notre focus au niveau de la diaspora, quand on a des entrepreneurs qui sont décidés à retourner en Rdc. On les coache, on les forme et on essaye de voir avec l’ambassade de la Belgique comment on peut matérialiser cet accompagnement dans la mesure du possible.

Est-ce qu’on peut se faire une idée de ceux qui sont venus, ils sont dans quels secteurs ?

Laurence Heyblom : Justement, ils sont dans beaucoup de secteurs. Ils sont dans le secteur des services, médical, agriculture, construction, infrastructure, télécom, l’éducation, parce qu’on a aussi organisé trois panels. Un panel concernant l’entrepreneuriat des femmes, un autre concernant la construction, l’énergie, eau et assainissement. Et jeudi, le Numérique, éducation e-commerce.

Mais quel est le programme ?

Laurence Heyblom : Ce matin (lundi 21 mars dernier), on a eu la grande séance d’ouverture par le Premier ministre Sama Lukonde et la clôture de cette séance, par le président du Sénat Modeste Bahati Lukwebo. On a eu deux panels sur comment faire le business en Rdc et comment financer les projets. Pour le premier panel, comment faire le business en Rdc, l’ambassadeur de l’Union européenne est intervenu. Les deux questions qu’un entrepreneur se pose, est-ce qu’il y a des opportunités ? Une fois qu’il a décidé de vous engager dans une opportunité, comment la financer. A ces deux questions, on a voulu donner une réponse objective. Lundi, c’était l’ouverture, le mardi, le mercredi et le jeudi, la délégation se divisera. Le volet politique et de coopération aura ses entretiens bilatéraux et ses visites de terrain, surtout à Kinshasa. Tandis que les entrepreneurs auront dans la matinée un séminaire, avec la possibilité d’avoir des B to B dans la soirée.

Quid de la contribution de l’Asbl Credassur ?

Esther Misheng Mbidi : La contribution de Credassur dans cette mission, nous accompagnons, nous facilitons, parce que le but n’est pas seulement d’amener les entreprises qui vont se connecter, il faut aussi faire un suivi après. Nous, dans cette mission, nous essayons de prendre contact avec toutes les entreprises qui sont venues chercher un partenariat, voir si elles ont déjà trouvé leur bonheur. Tout au début, on essaye de les connecter avec le public. Parce qu’il y avait plusieurs personnes qui étaient décidées de participer à cette mission. On essaye de connecter des personnes qui n’ont pas pu assister à cette mission. On fait du live, on les connecte pour faire partager à tout le monde. On essaye de voir avec les entreprises congolaises qui sont venues pour les conseiller et savoir si elles ont pu nouer des partenariats. Le but est d’accompagner, même après.  On a été surpris de voir un entrepreneur de la diaspora congolaise signer six contrats avec des entreprises congolaises.

Le jeudi on aura le dernier séminaire présidé par un ministre congolais de ce dossier. On aura le ministre de l’Energie, le ministre du Numérique et dans l’après-midis, le ministre de l’Industrie interviendra pour faire un résumé après ces trois jours d’interaction, quel est le besoin en Rdc et quelles sont les possibles offres par les Belges.

Pourquoi seulement maintenant ?

Cette mission a été planifiée en 2020. Elle a été annulée deux fois pour des raisons de Covid. Du moment que Covid a diminué un peu, nous voici.

Esther Misheng Mbidi donne rendez-vous à tous ceux qui sont intéressés, le 1er juin au Parlement Bruxellois et le 4 juin, dans la salle Madeleine, avec le sponsoring de la ville de Bruxelles.

Elle a terminé par encourager les entreprises à vouloir collaborer dans des partenariats. Pour ceux qui sont en Belgique, c’est le moment de venir en Rdc, il y a plusieurs opportunités  d’investissements. Mais ce qu’il faut, c’est trouver un bon partenaire, maitriser son projet, être motivé et ne pas se décourager après un échec. Pour les entreprises congolaises, il y a des opportunités de collaboration avec des entreprises belges. Vous avez vu plus de 90 entreprises qui sont venues en Rdc pour chercher des partenariats, c’est un bon signal de la volonté de collaboration et de partenariat. Propos rendus par Jean-Marie Nkambua

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