Mike Hammer, Peter Pham et Jason Stearn: des Américains qui suscitent méfiance en Rdc !

Ils se mêlent de tout, même de ce qui ne relève pas de leurs missions affichées : politique, sécurité, exploitation minière, nationalité, religion, fisc, corruption, médias, manifestations publiques, élections, presse, poulet-mayo, justice, voirie… si bien que ça commence vraiment à agacer l’opinion avisée…

Après avoir introduit auprès du Président de la république des investisseurs américains qui se sont, par la suite, volatilisés, Mike Hammer a douché les espoirs placés en lui par la population congolaise en déclarant le 9 décembre 2021: « Lorsque les gens me demandent pourquoi les investisseurs américains ne viennent pas en Rdc, la réponse est simple: la corruption. Nos lois – notamment le Foreign Corrupt Practices Act – interdisent aux entreprises américaines de faire des affaires lorsqu’il y a de la corruption« . 

Depuis, l’ambassadeur des Etats-Unis en Rdc a cessé d’être un partenaire rassurant. Bon nombre de médias congolais l’épinglent dans leurs articles.

Peter Pham et sa passe d’armes avec l’ambassadeur Zhu Jing

Promoteur de la solution « balkanisation de la Rdc » sous prétexte que ce pays est trop gros pour être bien gouverné, Peter Pham est venu, lui aussi, « faire son numéro » avec des investisseurs américains, repartis sans donner le moindre signe de retour. 

Comme pour distraire les Congolais, il a rejoint Mike Hammer dans sa drôle de « diplomatie » de dresser les Congolais contre les Chinois. On se souvient de la passe d’armes – via Twitter – qu’il a eue avec l’ambassadeur de Chine en RDC, Zhu Jing, dans la foulée du dossier Congo hold-Up. Remis à sa place, il s’est tu.

Jason Stearn cible Kinshasa et… la Chine

Jamais deux sans trois, Jason Stearn s’est jeté dans la bataille, en publiant le 20 janvier 2022, le document intitulé: « Les exonérations douanières en RDC.  Qui gagne ce que perd le Trésor public ? « .

Fondateur du Groupe d’Etudes au Congo (GEC), rattaché à l’Université américaine de New York, Stearn s’est découvert plutôt un créneau qu’une vocation : présenter le Congo aux Congolais en relevant le côté cour du pays. 

Grosse curiosité : alors qu’il soutient dans son mot d’introduction que GEC a été fondé en 2015 « afin de promouvoir une recherche rigoureuse et indépendante sur la violence qui affecte des millions » et que « cela nécessite une approche large« , alors qu’il soutient que « les racines de cette violence se trouvent dans une gouvernance prédatrice qui remonte à la période coloniale et qui relie les versants des collines du Kivu aux intrigues politiques et à la corruption à Kinshasa, ainsi que dans les capitales d’Europe, de Chine et d’Amérique du Nord« , alors qu’il affirme que ses recherches  » visent à expliquer à un large public les interactions complexes entre la politique, la violence et l’économie politique au Congo« , voilà que GEC limite l’essentiel de sa production aux 20 dernières années de la gouvernance en RDC.  Sa cible favorite est constituée des personnes physiques et morales qui gravitent autour de Joseph Kabila et de Félix Tshisekedi.

On en veut pour preuve le fait que, d’un côté, il déclare disposer de la liste complète des personnes impliquées dans les exonérations douanières et exemptions fiscales, liste selon ses termes obtenue des régies financières et de l’IGF qui, à l’en croire, refusent de les publier, de l’autre côté, il en sélectionne quelques-unes appartenant, comme par le fait du hasard, aux camps de Kabila et de Tshisekedi.

Dans sa démarche, il trahit ses intentions en abordant la partie consacrée aux exploitants miniers. Ce paragraphe en dit long: « Ce rapport ne porte que sur deux catégories d’exonérations. Nous n’avons pas eu accès aux données sur ce qui est de loin la plus grande catégorie: « les exonérations prévues par le code minier. Ces dernières se sont élevées à 2,8 milliards de dollars américains entre 2011 et 2020« .

Comment peut-on déclarer n’avoir pas eu accès aux données chiffrées et avancer directement celles-ci sans en indiquer la source et les sources ? On n’a pas besoin d’un dessin pour identifier la cible. Sa retenue n’a qu’une explication : la peur d’une action en justice qui rejaillirait sur ses parrains.

Comme le diable est toujours dans les détails, GEC, qui n’évoque pas dans sa note de présentation les Etats d’Europe et d’Amérique impliqués dans la crise congolaise, en identifie clairement un et l’affiche publiquement : la Chine !  Pire, il indexe Kinshasa qui, avec ses intrigues politiques et sa corruption, affecte « les versants des collines du Kivu« . Or, l’opposé du versant étant l’adret, on devine la position extra-kivutienne des adrets. On est dans le Plan Peter Pham.

 Jamais pour le progrès de la Rdc

Il y a sans doute une action ciblée de ces trois Américains en ce que : Mike Hammer utilise le stratagème des investisseurs annoncés qui ne viendront peut-être jamais tant que la RDC restera debout. Peter Pham, lui, continue de rationaliser son plan de balkanisation de la RDC, et Jason Stearn s’emploie à confirmer la thèse de l’incapacité des Congolais à gouverner leur pays aux plans politique, sécuritaire, économique, voire fiscal.

Aussi, toute personne, physique ou morale, qui tente d’aider la RDC à se redresser est systématiquement combattue. Pour l’étranger, le pays visé est la RPC (République Populaire de Chine). Unique partenaire extérieur dont les investissements dans les infrastructures de base et dans l’exploitation industrielle sont des preuves éloquentes d’une coopération fondée sur le concept « gagnant-gagnant« . Unique partenaire ayant marqué officiellement sa disponibilité à accompagner le Gouvernement congolais dans la réalisation du « Programme de Développement Local des 145 Territoires« .

Ainsi, le 21 janvier 2022, l’ambassadeur Zhu Jing en a donné les assurances au Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde. Il a même fixé les domaines d’interventions : santé publique, agriculture, promotion des investissements et  commerce.

Le même jour, l’ambassadeur Mike Hammer a été reçu par le Premier ministre. Il a osé parler investissements américains pendant qu’il en a déjà exclu la possibilité pour cause d’une corruption chaque fois évoquée, mais jamais prouvée.

Enseignement à tirer ou à retenir : c’est pendant les moments durs comme celui-ci, que traverse leur pays que les Congolais doivent reconnaître ceux qui leur veulent du bien et ceux qui, par contre, ont un schéma tortueux.

Pour l’heure, s’ils comptabilisent et analysent leurs propres faits et gestes, Mike Hammer, Peter Pham et Jason Stearn ne seront pas en mesure de prouver le contraire.  Ils ont fait trop de mal à un pays que Washington présente comme stratégique pour ses intérêts en Afrique…   Molina/CP

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