Les dirigeants du monde plaident pour des financements d’urgence contre la pauvreté rurale

Il est impérieux de trouver des solutions innovantes et des financements d’urgence contre la pauvreté rurale des pays les plus pauvres de la planète dans un monde frappé par le réchauffement climatique. C’est l’alerte donnée le mercredi 16 février, par les dirigeants  du monde à l’ouverture de la 45ème session du Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA) à Rome.

 La rencontre s’est focalisée sur le thème général  » Mobiliser l’innovation et la finance pour garantir une relance porteuse d’inclusion et de résilience climatique« . Les Etats membres du FIDA ont explicitement souligné la vulnérabilité de petits producteurs agricoles face aux événements météorologiques violents. Ils ont pris pour illustration le cas des tempêtes qui ont dévasté Madagascar au cours de  dernières semaines. Les dirigeants du monde présents à Rome ont déploré la perte en vies humaines d’au moins 121 personnes et plus de 176 000 hectares de terre détruits, causant davantage de difficultés pour les paysans mais aussi pour le pays. C’est dans cette optique que le président Andry Nirina Rajoelina a invité  les autres dirigeants africains à élaborer un plan continental de développement agricole et à s’attaquer aux risques que font peser les changements climatiques .  » Mutualisons nos forces, nos potentiels et nos savoir-faire afin que nos pays atteignent l’autosuffisance alimentaire et que nos jeunes aient de l’emploi « , a exhorté le président malgache.

Pour sa part, le numéro 1  du FIDA, Gilbert F. Houngbo, reconnait que les petits producteurs sont durement touchés par une crise qu’ils n’ont pas déclenchée et qu’ils ne reçoivent pourtant actuellement que 1,7% des financements climatiques.

«  La pandémie et les changements climatiques ont mis en évidence la vulnérabilité de petits producteurs et l’inéquité suivante : les personnes qui produisent un tiers de la nourriture mondiale ne reçoivent qu’environ six centimes pour chaque dollar de nourriture qu’elles produisent « . Il n’y a pas de développement durable ni de résilience sans davantage d’équité « , a souligné Gilbert F. Houngbo.

   De son côté,  le Premier ministre par intérim des Fidji Aiyaz Sayed-Khaiyum,  pays insulaire qui a été frappé par 14 cyclones depuis 2016, a estimé qu’une attention particulière devrait être accordée aux petits pays. «  Il ne fait aucun doute que l’éradication de la pauvreté rurale exige une approche radicalement nouvelle au renforcement de  la résilience rurale. Et comme ils sont parmi les pays les plus vulnérables du monde, les petits Etats doivent faire l’objet d’une attention particulière, d’un accès rapide aux ressources et de solutions sur mesure. « 

UNE PERSONNE SUR DIX DANS LE MONDE SOUFFRE DE LA FAIM

La solution à ces problèmes nécessitent d’avoir accès à des financements, a également insisté la reine Máxima des Pays-Bas, Mandataire spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la promotion des services financiers accessibles à tous qui favorisent le développement (UNSGSA).  Deux tiers des personnes en Afrique subsaharienne vivent de l’agriculture et représente près d’un tiers du PIB.  » Pourtant, les petits producteurs ruraux sont systématiquement sous-financés et c’est encore plus vrai depuis la pandémie « , a-t-elle fait remarquer.

Dès lors, elle appelle à la prise de conscience du secteur privé qui doit  » prendre conscience de ses responsabilités d’innover et de contribuer à combler le déficit mondial de financement de 170 milliards de dollars, afin d’aider les petits producteurs à accéder au crédit et aux marchés.

Le Président colombien, Iván Duque Márquez a également souligné l’importance de  » faire bon usage des possibilités offertes par l’innovation et par les financements pour parvenir à une reprise inclusive et résiliente face aux changements climatiques dans laquelle les petits producteurs ont, ou vont avoir, un rôle de premier plan.« 

En réponse à la menace que les changements climatiques font peser sur les populations rurales,  le ministre de l’économie et des Finances de la République italienne, Daniele Franco a annoncé que cette année,  l’Italie multipliera par trois sa contribution aux financements climatiques mondiaux, pour atteindre un niveau annuel d’environ 1,5 milliard d’USD par an jusqu’en 2026. 

Selon le FIDA, en 2020, la faim dans le monde a augmenté. Une personne sur 10 dans le monde souffre aujourd’hui de la faim. Cette situation est attribuée en grande partie aux changements climatiques, à la pauvreté et aux conséquences de la COVID-19.

 Le Conseil des gouverneurs est le principal organe de décision du FIDA. Il comprend tous les Etats membres du FIDA et tient une session annuelle, à laquelle participent tous les représentants officiels des Etats membres, à savoir les gouverneurs, leurs suppléants et tout conseiller désigné. Des observateurs sont aussi invités à assister aux sessions. Dina BUHAKE

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