Les communautés rurales camerounaises savourent la CAN grâce à l’aide de la Chine

YAOUNDE, 31 janvier (Xinhua) — C’était un grand jour pour Jackson Bessala Ndongo, un fan de football. Son pays, le Cameroun, devait affronter l’Ethiopie lors de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN).

A 6h du matin, ce père de trois enfants était déjà prêt à accomplir ses tâches domestiques, aller à la ferme et revenir juste à temps pour disposer des chaises chez son oncle où plusieurs autres villageois devaient venir regarder ce match crucial à la télévision.

Il y a trois ans, il était impossible de suivre un match en direct à la télévision dans ce village.

«Avant, ce n’était pas facile de voir le match ici au village. Je faisais plus d’un kilomètre pour aller au centre-ville pour regarder le match et c’était la même distance pour le retour. On avait raté le commencement quelques fois car on était parti tard», se souvient M. Ndongo qui aime aussi regarder la Ligue des champions de l’UEFA.

Beaucoup de foyers n’avaient pas de télévision et même s’il y en avait une, on ne pouvait voir que deux ou trois chaînes, la télévision numérique étant alors une vue de l’esprit, ajoute ce villageois de 34 ans.

C’était à ce moment-là que StarTimes est intervenu. En 2019, cet opérateur de télévision numérique chinois est arrivé dans le village de M. Ndongo, Djounyat, situé à quelque 75km au nord de la capitale camerounaise, Yaoundé, pour aider à la mise en place d’un signal de télévision par satellite dans le cadre du projet d»’Accès à la TV satellite pour 10.000 villages africains» soutenu par la Chine.

Ce service aide les Africains des zones rurales à suivre l’actualité du monde à travers plus de 480 chaînes.

Dans la maison du chef traditionnel du village, Faustin Bessala, où les poulets picorent dans la cour et les oiseaux chantent sur les arbres, StarTimes a érigé une antenne parabolique reliant son poste de télévision à des centaines de chaînes. M. Bessala, qui est aussi l’oncle de M. Ndongo, a utilisé un projecteur – cadeau de StarTimes – et installé un grand écran dans son salon. C’est là que son neveu et d’autres villageois ont pu regarder en direct le match entre le Cameroun et l’Ethiopie.

«Ce projet a été vraiment bien accueilli ici parce qu’on a installé cela chez les gens qui n’avaient pas de télévision. Cela fait que même celui qui ne disposait rien pour se distraire le soir peut s’asseoir devant sa télévision et en jouir. Moi-même, je suis devant la télé tous les soirs», a indiqué le chef du village, qui est aussi un fan de football.

StarTimes veut s’assurer que les Camerounais des communautés rurales profitent de la retransmission en direct du plus grand événement de football africain, la CAN, qui a débuté le 9 janvier dans ce pays d’Afrique centrale.

De temps en temps, Laurent Balla et plusieurs jeunes Camerounais formés par StarTimes patrouillent dans les villages pour maintenir le matériel TV et assurer un flux constant d’images de qualité.

«Au niveau professionnel et de la vie personnelle, StarTimes apporte beaucoup de choses aux jeunes Camerounais. A leur niveau, ils nous ont donné ce qui est important pour nous qui travaillons à StarTimes», fait remarquer M. Balla, qui est devenu le responsable de la région du Centre pour StarTimes.

«Nous avons commencé à travailler sur des installations. Nous avons eu une formation et un examen. Même les techniciens qui faisaient des installations avec nous, beaucoup d’entre eux ont été recrutés et ont dû passer des essais», ajoute ce technicien de 32 ans.

Depuis 2019, StarTimes a installé avec succès des signaux de télévision par satellite gratuits dans 300 villages camerounais, bénéficiant à plus de 6.000 personnes, détaille Laurent Balla.

Pour surmonter le problème des pénuries d’électricité qui est perpétuel dans les zones rurales du Cameroun, StarTimes a fourni des téléviseurs équipés d’un système d’énergie solaire, permettant aux gens de regarder la télévision pendant six heures après le coucher du soleil.

Le projet de StarTimes est l’exemple montrant que des entreprises chinoises peuvent faire des profits et être socialement responsables en même temps, salue Jackson Bessala Ndongo, notant que ce fournisseur de services de télévision par abonnement possède certains des bouquets les plus abordables au monde.

«La comparaison se fait sur deux points. D’abord au niveau des prix, c’est vraiment compétitif par rapport aux autres. Et les batteries d’accompagnement (à énergie solaire) nous permettent en plus d’avoir d’autres utilisations comme charger nos téléphones portables», souligne M. Ndongo alors que la seconde mi-temps reprend.

Il y a eu de réels changements de comportement parmi les villageois depuis que StarTimes a installé le signal TV, confie Faustin Bessala.

«Cela a changé que quelqu’un peut soutenir une discussion avec les autres, parce que quand il regarde sa télé, il voit, il entend et il soutient les débats avec ses arguments. Quand vous n’êtes informé, vous ne pouvez pas soutenir un débat», martèle-t-il.

Dans la seconde moitié du match, le Cameroun a marqué encore et encore et, au coup de sifflet final, le résultat a été une victoire 4-1 sur l’Ethiopie. Cela a suscité une grande joie chez des supporters bruyants, fiers de voir leur pays se qualifier pour les 8es de finale de la compétition.

«Je suis très fier de la prestation de nos ‘Lions Indomptables’, encore plus fier qu’il n’y a pas eu d’interruption du signal de StarTimes. La qualité de l’image était parfaite, on a pu voir tout le match. Nous sommes contents d’autant plus que nous nous qualifions ce soir et on espère qu’on va continuer comme cela avec StarTimes», s’est félicité Jackson Bessala Ndongo.

Le gouvernement attache une grande importance au projet, assure Didier Kaba Aliguen, directeur de l’ingénierie de la communication au ministère de la Communication en charge de la surveillance des installations de TV par satellite dans les villages.

«On espère tout simplement que les 300 villages ne seront pas les derniers. Trois cents villages au Cameroun, c’est le minimum, on peut aller plus loin. C’est vrai qu’on avait fait une répartition sur l’étendue du territoire, mais 300 villages, c’est petit !», insiste-t-il en ajoutant que son pays était en train de travailler avec StarTimes sur d’autres projets.

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