Felix Tshisekedi : « Il est suicidaire pour un pays de notre sous-région de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits avec ses voisins»

Le président Félix-Antoine Tshisekedi a ouvert, le samedi 26 février, la XIIème conférence diplomatique de la RDC. S’adressant aux ambassadeurs accrédités en RDC, le Chef de l’Etat congolais a exprimé toute la considération qu’il attache à la coopération entre son pays et tous les pays africains en général, et en particulier, ceux de la sous-région de Grands lacs.

Pour le président Félix-Antoine Tshisekedi, s’ouvrir au monde revient tout d’abord à vivre en paix et en sécurité avec ses voisins, ceux avec qui on partage la vie au quotidien. A ce sujet, argue-t-il, il est à l’évidence impensable de croire qu’un pays de la sous-région des grands lacs peut prospérer dans la paix et dans la sécurité et se stabiliser durablement tant que son voisin est en ébullition et surtout si ce pays sert de base arrière à des groupes armés ou encore en  devient le parrain. 

«Je suis profondément convaincu qu’il est un devoir sacré de chaque État de notre sous-région d’éviter tout acte générateur de tensions et de conflits avec les autres, ou à tout le moins, d’en minimiser les risques. Il est irréaliste et improductif, voire suicidaire pour un pays de notre sous-région, de penser qu’il tirerait toujours des dividendes en entretenant des conflits ou des tensions avec ses voisins», a déclaré le président congolais sur un ton ferme.

Et d’ajouter : «En ce qui concerne notre pays, je m’emploie sans naïveté ni faiblesse et avec beaucoup de lucidité, depuis mon arrivée à la tête de cette République, à restaurer la confiance dans les relations avec nos voisins, ainsi qu’à développer la coopération multiséctorielle bénéfique à nos peuples respectifs par la conclusion d’accords bilatéraux et multilatéraux, la réalisation des projets d’intérêt commun et les concertations régulières entre nos gouvernements».

Pour le Chef de l’État congolais, c’est dans cette perspective qu’il convient notamment, de situer les opérations militaires ciblées et concertées que mènent conjointement, depuis le 30 novembre dernier, les FARDC et les Forces de défense du peuple Ougandais, afin de neutraliser les groupes armés, les terroristes qui sèment la terreur dans le Nord-est de la RDC et circulent le long des frontières que le pays partage avec la république d’Ouganda, plus précisément au Nord-Kivu et en Ituri. 

«Ces opérations sont fondées sur des accords fondamentaux existant entre les deux pays et les instruments juridiques pertinents de la CIRGL dont les deux Etats sont membres. Ces opérations sont limitées dans le temps et ont pour principe sacro-saint de ne pas porter atteinte aux droits de l’homme», a-t-il martelé.

Cette déclaration de Félix Tshisekedi a le mérite de recadrer, au regard des propos tenus récemment par le président Rwandais, Paul Kagame, qui a affirmé que son pays n’hésiterait pas à mener la guerre dans les pays voisins s’il se sent menacé.

Le président congolais a, par ailleurs parlé du retrait de la Monusco. Tout en se disant favorable pour ce départ progressif des troupes, le chef de l’État congolais a, séance tenante, demandé au gouvernement de s’y atteler pour le respect de l’échéance convenue de 2024, afin de permettre au pays de prendre la responsabilité de ses missions régaliennes d’assurer la paix et la sécurité de sa population.

«…Toutes choses égales par ailleurs, la mise en œuvre effective du plan de transition pour le retrait échelonné, responsable et durable de la Monusco de notre pays, élaboré par le comité conjoint RDC – Monusco, en application de la résolution 25-56 / 2020 du Conseil de sécurité de l’ONU, est une exigence de responsabilité à laquelle j’attache une importance particulière. Je demande au gouvernement de la République de s’y atteler, pour qu’à l’échéance de 2024 convenue, l’Etat congolais assume pleinement la responsabilité de ses charges régaliennes», a-t-il déclaré.

Le président Félix Tshisekedi a profité de cette tribune pour remercier les Nations-unis pour le rôle de maintient de la paix joué sur le sol congolais des années post indépendance à ce jour. Quelles que soient ses faiblesses, soutient-il, l’ONU reste le cadre institutionnel idoine, ainsi que l’outil indispensable du maintien de la paix et de la sécurité internationale.

«Cependant, il est essentiel que nous comprenions tous que la résolution des problèmes du Congo relève d’abord de la responsabilité des congolais eux-mêmes. Par conséquent, l’appui de la communauté internationale n’est pas la solution définitive à nos crises et ne peut se prolonger à l’infini au risque d’anesthesier le dynamisme interne. Nous devons nous prendre en charge et promouvoir nous-mêmes des perspectives de paix et de stabilité institutionnelle durable», a-t-il martelé.

Le chef de l’État congolais a aussi saisi cette occasion pour lancer un message fort à la conscience des congolais se trouvant dans les pays étrangers. Il leur a demandé de faire preuve d’un comportement digne qui sauvegarde leur honneur et l’image de leur pays, la RDC.

«Je demande à tous les congolais de la diaspora d’adopter un comportement digne qui sauvegarde leur honneur et l’image de notre pays à l’étranger. On ne peut pas se prévaloir du droit à la protection de son pays et en même temps s’employer à le discréditer par des actes moralement inadmissibles et légalement répréhensibles», a-t-il déclaré.

Pour le président Félix-Antoine Tshisekedi, le meilleur ambassadeur de la RDC à l’étranger est la diaspora dynamique, citoyenne et qui fait preuve d’une valeur ajoutée. Il demande au vice-premier ministre, ministre des Affaires Étrangères, Christophe Lutundula, de proposer au gouvernement les mesures appropriées et d’entreprendre des actions efficaces afin de faire participer la diaspora congolaise aux efforts du développement du pays.

«Notre meilleur ambassadeur à l’étranger est la diaspora dynamique. Car elle est dotée des compétences, des ressources et d’expériences diverses. Je me demande pourquoi la diaspora congolaise ne peut-elle pas devenir l’un des acteurs clés du développement de la RDC, à l’instar d’autres pays africains. Pour ce faire, elle doit être citoyenne, laborieuse et pénétrer les réalités du Congo comme leurs compatriotes restés au pays. J’instruis le VPM Lutundula de proposer au gouvernement les mesures appropriées et d’entreprendre des actions efficaces afin que les congolais de la diaspora s’impliquent positivement dans l’effort national de développement du pays, a-t-il indiqué. Orly-Darel NGIAMBUKULU

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