Anthony Nkinzo : « Adapter l’actuel Code des Investissements aux ambitions de développement du pays « 

* D’après le DG de l’ANAPI, dans sa configuration actuelle, ce Code semble être en déphasage avec l’architecture économique actuelle de la RDC.

Le Directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), Anthony Nkinzo Kamole a, au cours d’une conférence de presse tenue hier lundi 31 janvier à Kinshasa, procédé au lancement officiel des activités de commémoration des 20 ans de l’ANAPI. Atteindre 20 ans, c’est une étape importante dans la vie d’une institution.  Pour le staff dirigeant de l’ANAPI, cette célébration n’est pas tant une festivité qu’une opportunité solennelle de marquer une pause pour jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru qui n’a jamais été simple.

Pour mieux faire connaitre l’ANAPI à la presse, le DG Nkinzo a décliné ses missions, à savoir :  » Œuvrer à l’amélioration du climat des affaires ; promouvoir les investissements publics et privés en RDC ; Recevoir et analyser les   projets d’investissements à agréer dans le cadre du Code des investissements ainsi que les projets d’investissements régis par les Lois particulières, et Décider de l’agrément de ceux relevant du Code des investissements et d’émettre des avis techniques sur les autres « .

Mais pas que. Anthony Nkinzo a aussi exposé les responsabilités de cette agence.

Il s’agit entre autres  » d’assurer en permanence un plaidoyer en vue de l’amélioration du climat des investissements et jouer, en cette matière, le rôle de conseil du Gouvernement central et des Gouvernements provinciaux ;  Travailler pour la promotion d’une image positive de la RDC comme pays d’investissements et d’opportunités pour les investisseurs ; Identifier et promouvoir, auprès des investisseurs nationaux et internationaux, les opportunités spécifiques d’investissement en République Démocratique du Congo ; Assurer aux investisseurs qui décident d’établir ou d’étendre leurs activités économiques sur le territoire congolais, un accompagnement qui facilite et accélère les procédures administratives et la création d’entreprises dans les meilleurs conditions de délai et de transparence. « 

Avantages comparatifs indéniables

Il explique que pour faire face à la compétition, l’ANAPI a, depuis quatre ans maintenant, conçu un « Plan stratégique  » qui s’inscrit dans la perspective de modernisation, de mise à niveau des entreprises locales et de promotion de secteurs porteurs pour lesquels la RDC dispose des avantages comparatifs indéniables.

Selon le DG de l’ANAPI, depuis l’entrée en vigueur du Code des investissements en 2002, plus d’une dizaine de textes ont été promulgués au profit des investisseurs.  » Cette situation insinue un effet d’obsolescence du Code des investissements qui, dans sa configuration actuelle, ne concerne que les investissements réalisés dans les activités économiques autres que celles régies par des lois particulières, à l’instar des mines, les hydrocarbures, la banque, les assurances et réassurances, les activités commerciales, etc. « , fait-il savoir.  Dans bien des aspects, souligne Anthony Nkinzo,  » ce Code des investissements semble être en déphasage avec l’architecture économique actuelle du pays « .

C’est ainsi qu’il appelle à faire évoluer ledit Code.  « Ma conviction, c’est que le pays se donnera plus de moyens d’enclencher cette dynamique si nous faisions évoluer notre actuel Code des Investissements afin de l’adapter au contexte économique actuel et aux ambitions de développement du pays « , affirme le DG de l’ANAPI.

Anthony Nkinzo estime que le temps est venu de porter ce débat essentiel à la place publique, au Gouvernement et au Parlement, afin que des réflexions sérieuses soient menées et que des actions correctives soient diligentées dans l’objectif d’assurer une certaine compétitivité à l’économie nationale, à l’heure où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) se concrétise et que la RDC  est sur le point de rejoindre la Communauté des Etats de l’Afrique Orientale.

Le DG de l’ANAPI espère qu’entre aujourd’hui et décembre prochain, qu’ils prendront le temps de réfléchir à cette question. Et ce, en synergie avec le Gouvernement, les  Députés et Sénateurs, le secteur privé, les scientifiques, la société civile, la jeunesse et les médias.

Maintenir le cap

 Certes il y a eu pas mal de réalisations, cependant le DG estime que beaucoup reste encore à faire.  » Après 20 années d’existence, dit-il, l’ANAPI n’est présente qu’à Kinshasa et à Lubumbashi. Avec un effectif réduit et des moyens financiers assez limités, difficile de couvrir tout le territoire national et d’avoir des bureaux de représentation à travers le monde à l’instar d’autres agences sœurs du continent africain.« 

Pour le DG de l’ANAPI, bien que redevenu attractif, le pays n’enregistre pas encore un flux massif d’investissements directs étrangers comme on pouvait l’espérer.  » Sur le plan du climat des affaires, dans de nombreux domaines, la mise en œuvre effective des réformes piétine malgré d’importants efforts consentis. C’est dire à quel point le chantier est vaste. Mais nous devons maintenir le cap. On ne saurait baisser les bras maintenant. Pas après autant de sacrifices consentis. « 

C’est ici le lieu pour l’actuel DG de l’ANAPI de saluer l’apport remarquable de ses prédécesseurs dans le parcours que l’Agence a réalisé depuis 20 ans.  Anthony Nkinzo a exprimé, tour à tour,  sa gratitude et son estime au Professeur Mathias Buabua Wa Kayembe, à Madame Wivine Mumba Matipa, et à  M. Robert Moustafa.  » Nous reconnaissons et honorons votre travail et vos sacrifices. Si nous en sommes ici aujourd’hui, c’est aussi grâce à vous ! Vous avez dû accomplir une course d’obstacles qui a nécessité ardeur et perspicacité. Vous pouvez être fier de votre contribution à la nation « , a-t-il fait savoir. 

Un anniversaire, c’est l’occasion de faire un bilan, mais  aussi d’évoquer des projets d’avenir.  Cet avenir, pour Anthony Nkinzo tient à une question simple : « Pouvons-nous faire plus ? « . La réponse du DG est certes  » oui !« . Il exhorte ses collègues à réfléchir ensemble aux solutions pour développer l’institution ANAPI, la rendre plus forte.   » La qualité de nos services peut et doit être améliorée pour proposer à nos partenaires des solutions à la hauteur de leurs attentes « , fait-il valoir.

Ce qu’Anthony Nkinzo souhaite pour les vingt prochaines années tient en fait en une phrase, qui résume tout son discours:  » Choisir l’excellence. Élever davantage le standard. Payer le prix ; un jour ça marchera. » Le Dg y croit dur comme fer.

Projet d’extension

Dans le cadre de la stratégie d’extension de l’ANAPI, le DG Nkinzo annonce la redynamisation dans les tout prochains jours de l’Antenne de Lubumbashi, dans le haut-Katanga. Celle-ci sera suivie, selon Nkinzo, au courant de l’année, de l’ouverture d’une Antenne à Matadi, dans le Kongo-Central et une autre à Bukavu, dans le Sud-Kivu.

A ce projet d’extension de l’Agence à l’intérieur du pays, s’ajoute l’ambition de l’ANAPI s’assurer une présence à l’international dans de régions stratégiques au fort dynamique économique.

 » Vingt ans plus tard, le mandat de l’ANAPI reste aussi pertinent que jamais. Toutefois, ce mandat doit évoluer pour permettre à cette institution de jouer pleinement son rôle de catalyseur de développement« , affirme son Directeur Général.

 » Notre mission est urgente. Je reste persuadé qu’en travaillant ensemble, nous pourrons créer un environnement propice à la création de richesses, soutenu par un cadre législatif moderne et des institutions fortes et stables rendant possible une croissance soutenue qui permettra de réduire la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée.  » 

Le Président du Conseil d’administration de l’ANAPI, Hugue Toto, sollicite l’accompagnement de tous, et surtout des hommes des médias,  pour faire des activités programmées, une réelle réussite en vue de l’émergence et de l’expansion de l’Agence, outil important pour l’impulsion et le développement économique du pays, par l’amélioration effective du climat des affaires, la promotion des investissements, le plaidoyer et l’accompagnement en faveur des opérateurs économiques ainsi que divers autres services qu’elle accorde aux investisseurs.

De janvier 2003 à ce jour, indique le DG Anthony Nkinzo, 1868 projets ont été admis aux avantages du régime général de la Loi n°004/2002 portant Code des Investissements pour un coût total de 48 422 147 613 USD, susceptibles de générer 237 672 emplois permanents. Didier KEBONGO

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