Trois ans après, la diplomatie de Fatshi n’agit toujours pas sur le social des congolais

Sur le plan diplomatique, Félix-Antoine Tshisekedi a placé son mandat notamment sous le signe d’ouverture du pays au monde.  Dès son arrivée au pouvoir, le chef de l’Etat avait constaté la quasi-absence du pays sur la scène internationale.  Il s’est engagé à faire une diplomatie agissante en vue de reconquérir la confiance de la communauté internationale.

Porté par l’Américain Mike Hummer, Félix Tshisekedi a noué de contacts efficaces et prometteurs avec les Etats-Unis.  La restauration de l’Etat de droit, la lutte contre la corruption, l’impunité et toute forme d’antivaleurs, ainsi qu’une justice distributive en faveur de tous les  congolais, ont été des éléments fondamentaux qui  ont permis aux Etats-Unis d’Amérique de soutenir le mandat de Félix Tshisekedi.

Le pays de Joe Biden a même promis des merveilles à la RDC.  Mais trois ans après, rien de concret sur le plan socio-économique.  Seulement la reprise de la coopération militaire entre la RDC et les USA, avec, à la clé, la formation des officiers congolais par l’armée américaine. Les États-Unis pourraient aussi relancer la question de l’installation en RDC de la base de l’Africom.  Cette reprise de coopération militaire intervient après quelques années de relations tendues avec le régime de l’ex-président Joseph Kabila qui  s’opposait à la demande de l’armée américaine d’installer dans le pays la base du commandement militaire américain pour l’Afrique, l’Africom.

« Faire de la RDC l’Allemagne d’Afrique », un slogan creux ?

Au niveau européen, le voyage de Félix-Antoine Tshisekedi en Allemagne a marqué les esprits des Congolais de la diaspora et ceux duterroir.  Car, le chef de l’Etat, foi des contacts noués avec des investisseurs allemands, a promis de faire de la RDC l’Allemagne d’Afrique.  On en parle plus à ce jour.

« Toute l’Allemagne officielle m’a reçu et je suis heureux de vous dire que l’intérêt et les attentes que l’Allemagne officielle a manifesté à mon égard, mais en réalité à l’égard de la République démocratique du Congo, m’ont tellement ému et je suis d’autant plus heureux que l’Allemagne n’est pas n’importe quel pays: c’est le monteur de l’Europe« , avait déclaré le chef de l’Etat congolais devant la communauté congolaise en Allemagne.

Il a poursuit en disant que: « si l’Allemagne a décidé de franchir ce pas pour accompagner le Congo dans son développement par la coopération bilatérale, mais également par ses investisseurs qui se bousculent pour l’intérêt qu’ils ont à venir chez nous, cela veut dire que l’avenir de notre pays est à espérer meilleur et radieux« .

Quid de l’érection d’une ville moderne à l’est de Kinshasa ?

Au plan africain, Félix-Tshisekedi est rentré de l’Egypte avec un projet ambitieux de l’érection d’une ville moderne dans la partie est de la ville de Kinshasa.  Les travaux ont été annoncés. Au Caire, le gouvernement congolais s’est engagé dans le processus de développement de cette nouvelle ville conçue par le groupe ATEPA. Tout a été finalisé lors du passage du président Félix Tshisekedi. C’est donc un prestataire égyptien qui devrait en assurer la réalisation, pour qu’enfin la capitale congolaise puisse connaître une grande attractivité.

« Kitoko« , cette nouvelle ville devrait s’étendra sur une superficie totale de 30.000 hectares, dont 20.000 seront alloués à la première phase du projet, comprenant plusieurs zones urbaines de standard moderne et écologique. La ville sera érigée à 40 km à l’Est de Kinshasa, à seulement 15 km de l’aéroport international de N’djili, entre le fleuve Congo et la rivière Nsele, au sud de Maluku. Elle sera divisée en cinq (5) zones urbaines qui couvriront les 20.000 hectares et une ceinture agricole de 10.000 hectares.  A ce jour, on ne sait pas pourquoi le projet tarde à démarrer.

Barrage de la Renaissance : Échec des négociations sous la médiation de Fatshi

Les négociations entre L’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan autour de la construction du méga-barrage hydroélectrique de la Renaissance sur le fleuve du Nil par Addis-Abeba, entamées sous la médiation du président de la RDC et Président en exercice de l’Union africaine, Félix Tshisekedi, ont échoué après deux jours de discussions et une nuit blanche dans un hôtel à Kinshasa.

Initialement prévues pour durer deux jours, dimanche et lundi, les discussions se sont poursuivies jusqu’à mardi sans qu’un compromis ne soit trouvé entre les trois protagonistes représentés par les ministres des affaires étrangères et ceux en charge des eaux et de l’électricité. Peu avant la fin de ces négociations, l’Égypte avait déjà annoncé l’échec des pourparlers qui n’ont pas progressé et n’ont pas débouché sur un accord sur la relance des négociations.

Alors que le pays tout entier attendait voir le drapeau de la république flotter au Conseil de sécurité des Nations unies, c’est avec surprise que la population apprendra le retrait officiel de la RDC à la course au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu pour la période de 2022 à 2023, laissant libre court au Gabon de postuler seul et dont la candidature est l’unique dans la sous-région réservée à l’Afrique centrale. 

La RDC a décidé de jeter l’éponge face au Gabon à la suite des concertations avec certains de ses pairs d’une part, et d’autre part, avec le Président de la commission de l’Union Africaine.  Alors que Félix Tshisekedi avait annoncé officiellement le samedi 29 mai 2021, la candidature de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2022-2023. Cette annonce avait suscité la colère de la République du Gabon qui, d’après ce pays, était désignée pour représenter l’Afrique centrale.

Sachant que gagner un siège au Conseil de sécurité est un prestige et une marque de reconnaissance internationale, l’élection d’un pays au Conseil de sécurité est ainsi perçue par la grande majorité des Etats comme une « victoire géopolitique« , pensent plusieurs analystes.

Sur le plan économique, il faut noter que la reprise des relations diplomatiques avec les USA a facilité également la reprise d’un programme économique avec le FMI.  C’est ainsi que les services du FMI et la RDC ont trouvé un accord au niveau des services sur un plan de financement de 1.5 Md de dollars américains sur trois ans.

De même, grâce à l’implication du chef de l’Etat au dernier sommet sur le climat (Cop 26), tenue au mois de novembre 2021, à Glasgow, en Ecosse, où il a proposé la RDC comme pays solution au problème de réchauffement climatique dans le monde, la RDC s’en est sorti avec un financement de 500 millions USD pour la protection de la forêt de la RDC.  Ce qui ne signifie presque rien par rapport par exemple aux Sud-africains qui ont engrangé 8,5 milliards USD à l’issue des négociations pour le même objet.

Pour ces deux années qui restent, le président Tshisekedi devrait beaucoup plus axer ces voyages à l’intérieur du pays pour s’assurer de la réussite du programme de développement à la base des 245 territoires de la RDC, d’une part et d’autre part d’impulser un développement endogène, en mobilisant les intelligences locales.  La RDC a tous les atouts pour se développer avec ou sans l’aide des occidentaux.  Il faut seulement croire à l’élite locale, mettre des moyens conséquents avec une volonté politique affirmée à tous les degrés d’exercice du pouvoir.  Rocco NKANGA

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