Le recrutement des magistrats, une urgence !

Au cours du dernier Conseil des ministres, le gouvernement a décidé entre autres le recrutement des magistrats. L’option a été bien appréciée et s’avère une urgence, d’autant qu’il y a une carence de magistrats dont le dernier recrutement remontre à plus de dix ans.

Ce corps a besoin d’être régulièrement renouvelé. D’où la nécessité de mettre à la retraite ceux des magistrats qui ont déjà atteint la limite d’âge. C’est une opération qui se passe souvent dans la douleur, car ces professionnels de la justice ne disposent pas de fonds de pensions pour couvrir leur retraite et ils tombent dans l’indigence.

Il est ainsi courant de voir un haut magistrat faire des démarches et revenir prester.

Vers une retraite honorable !

Le Gouvernement est, dès lors, tenu de garantir la retraite des magistrats pour que cette retraite sans contrepartie financière ne soit pas considérée par les concernés comme une punition.

Comme on le voit, le recrutement des magistrats rime avec la retraite. Car, ce sont les anciens, plus expérimentés, qui encadrent les jeunes qui vont prendre la relève. Mais, ils ne peuvent réussir cette mission en redoutant la retraite.

Au fait, la carence de magistrats ne se fait pas sentir à Kinshasa ni dans les principales villes comme Lubumbashi, Goma, Matadi, Kisangani où il y a une forte concentration.

tendance à fuir les provinces

Pour les jeunes recrues, c’est Kinshasa ou rien, en tout cas pas à l’intérieur du pays. Rares sont les jeunes magistrats de tous les recrutements successifs, à avoir quitté Kinshasa. Ce qui aggrave la situation des magistrats à l’intérieur du pays. Ici, il est courant de trouver dans un office du Parquet, que le procureur est seul avec un seul substitut pour instruire des tonnes des dossiers qui tombent avec d’autres des prévenus en détention préventive.

Même chose côté siège, au Tribunal, il n’y a que deux juges, dont le juge président et un seul juge, cinq chambres pour traiter tous les dossiers fixés par le Parquet. Alors qu’aux mêmes moments, les jeunes magistrats se tournent les pouces à Kinshasa, où ils ont réussi à avoir des affectations, sans poste. Mais, ils peuvent  percevoir leurs salaires.

La ministre d’Etat en charge de la Justice est appelée à mettre fin à cette situation qui est préjudiciable à une bonne administration de la justice, avec un arrière-pays dégarni de magistrats, alors qu’il y a pléthore dans la capitale.

Quant à ces magistrats qui seront recrutés aujourd’hui ou demain, ils viendront s’ajouter à ceux qui constituent le Pouvoir judiciaire d’aujourd’hui, avec ses tares que ne cessait de dénoncer systématiquement Joseph Kabila, alors Président de la république, et aujourd’hui son successeur Félix Tshisekedi.

Des jugements négociés à coups de billets verts par l’entremise des avocats, cheville ouvrière de cette corruption qui fait rage dans les cours et tribunaux. C’est souvent le plus offrant qui gagne le procès.

Parfois, on peut dans une même juridiction rendre deux jugements contradictoires, l’un proclamant le déguerpissement d’une partie d’un bien querellé, comme un immeuble par exemple, et l’autre le réinstallant, sans autre forme de procès.

Côté parquet, la pratique des procureurs est connue. Dans les plaintes déposées, le réflexe du procureur, c’est d’envoyer les prévenus en détention préventive, en prison pour qu’il négocie sa sortie moyennant coupure de banque. On se retrouve alors en prison avec un nombre impressionnant de détention préventive même pour des faits mineurs qui pouvaient exiger juste  une amende du parquet.

Ce n’est pas par un coup de baguette magique qu’on peut tirer les cours et tribunaux de cette ornière. Car, le mal est très profond et est comme un cancer qui est dans un organisme. C’est donc dans le système qu’il faut poser la thérapeutique : réformer tout le système judiciaire. Cela ne concerne pas uniquement les organes du Pouvoir judiciaire qui n’est qu’un maillon du système sécuritaire.

Les observateurs lucides se posent la question de savoir si c’est au Pouvoir judiciaire, avec toutes ses tares décriées, que Félix Tshisekedi va réussir sa campagne de lutte contre la corruption.       KANDOLO M.

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