La Centrale de Busanga, un modèle de marché de l’hydroélectricité et des infrastructures en Afrique

La province minière du Haut – Katanga dispose maintenant d’une centrale hydro-électrique digne de ce nom, grâce à la coopération sino-congolaise, via le projet Sicomines.  Cette centrale est déjà opérationnelle, quand bien même elle attendrait son inauguration officielle par le chef de l’Etat.  Elle pourra ainsi  doubler la capacité de production de la Sicomines et contribuer efficacement à la construction des infrastructures de base en RDC.

 «Ce projet est un appui au projet minier de Sicomines issu de la Convention de collaboration entre la RDC et la Chine pour réaliser les infrastructures pour un développement socio-économique de la RDC.  C’est également le premier grand projet d’infrastructure énergétique dans la région du Grand Katanga au Congo (RDC) depuis plus de 60 ans», relève-t-on du document intitulé « Un Projet Hydroélectrique Extrafin est réalisé : Une Coopération Gagnant-Gagnant Sino-congolaise»… 

Le document  souligne, au demeurant, :«que ce soit pour la conception, la construction, la fabrication d’équipements, l’installation et la réception de toute la chaîne, le projet a pleinement exploité les avantages techniques et les expériences de la construction d’infrastructures en Chine, peut effectivement promouvoir la construction de l’infrastructure au Congo (RDC) et favoriser le développement coordonné de l’économie régionale».

La même source précise que :«l’achèvement de la Centrale hydroélectrique de Busanga deviendra sûrement un modèle pour le marché de l’hydroélectricité et les infrastructures en Afrique, et deviendra un projet modèle international pour la coopération et l’intérêt commun  ’win-win’ entre la Chine et le Congo (RDC) ». 

Une œuvre d’envergure

Le Grand Katanga comptait jusque-là 4 barrages importants alimentant premièrement l’industrie minière et, secondement les cités environnementales, en l’occurrence les centres urbains, périurbains et ruraux. Il s’agit de Nseke, Nzilo, Mwadingusha et Koni. 

 Nseke avait été construit en 1957 avec une capacité de production de 260 MW réduite cependant à 195 MW. Nzilo en 1952 avec une capacité de production de 100 MW réduite toutefois à 75 MW. Mwadingusha en 1930 avec une capacité de production de 71 MW pour n’en livrer que 24. Koni en 1955 avec une capacité de production de 42 MW mais n’en livre que 14. 

 Aussi, bien que dernier-né, le barrage de Busanga a la capacité de 240 MW  en production et en fourniture.    Quoi de plus normal que dans son document, Sicomines S.A. affiche sa fierté et son optimisme en mettant en évidence le fait que « la Centrale hydroélectrique de Busanga étant d’envergure, la grande coentreprise sino-congolaise SICOHYDRO S.A. assume activement ses responsabilités sociales et applique le concept de ‘ concertation, co-construction, partage et développement coordonné ensemble’ », et cela avec pour conséquence de «promouvoir la modernisation du développement économique industriel régional». Cela en amont. 

Promouvoir l’augmentation des emplois locaux

 En aval, le barrage Busanga vise à « promouvoir l’augmentation des emplois locaux», d’autant plus que «le projet a activement encouragé la gestion de l’emploi localisé, résolu plus de 3.000 emplois, formé des compétences opérationnelles, augmenté les niveaux de revenu et amélioré les conditions de vie».

Mais l’essentiel pour la population locale est de voir son environnement amélioré : construction d’un nouveau village doté d’installations publiques comme une école, un hôpital, des routes, des puits d’eau potable etc. auxquels s’ajoutent des fonds d’indemnisation spéciaux ayant complètement modifié le cadre et les conditions de vie des habitants à délocaliser.

  Le lancement de ce projet permet aujourd’hui, renseigne la source, « de remédier efficacement à la pénurie d’électricité à la Sicomines dans sa phase II de son développement et les environs». 

 Chronologie des faits entre 2008 et 2021

L’intérêt de la lecture est la présentation chronologique entre 2008 et 2021.  Ainsi, en 2008, à la suite du refus poli des partenaires occidentaux d’accepter la formule proposée par les autorités congolaises « Infrastructures/Exploitation minère», la Chine approchée en second lieu accepte de relever le défi. D’où la signature, entre le gouvernement de la RDC et le Groupe d’entreprises chinoises, de la «Convention de collaboration relative au développement d’un projet minier et d’un projet d’infrastructures en République Démocratique du Congo ».

 Il se fait que le projet minier est confronté au déficit de fourniture en énergie électrique. Réaliser un barrage hydroélectrique capable de fournir et de garantir l’approvisionnement permanent de cette énergie devient un impératif. 

Aussi, en mars 2010, pendant que la RDC commence depuis 2008 à bénéficier du fruit des premières infrastructures avec les voies de communication, les écoles, les hôpitaux et que la Sicomines n’a encore rien produit, les parties concernées signent conjointement le protocole d’accord relatif à la construction du barrage de Busanga.

En 2015, après en avoir examiné le rapport de l’étude de faisabilité, les experts du ministère de l’Energie et Ressources hydrauliques de la RDC émettent le document dit d’approbation. 

 En février 2016, l’Agence congolaise de l’Environnement délivre le Certificat Environnement. 

D’ailleurs, 2016 est une année charnière en ce que la RDC, China Railway Resources Group Co. Ltd (CRR) et PowerChina Resources Limited (PCR) signent «l’Accord de Joint-venture relatif à la construction et à l’exploitation de la Centrale hydroélectrique de Busanga «, en même temps que naît la Sino-Congolaise Hydroélectrique de Busanga Société Anonyme (Sicohydro). 

En août de la même année est signée entre le ministère congolais de l’Energie et Ressources Hydrauliques et la Sicohydro «le Contrat de Concession relatif à la production de l’énergie électrique au site de Busanga sur la rivière Lualaba dans la Province du Lualaba».

En novembre 2017, alors que depuis 2008 la RDC continue de voir des infrastructures accroître en diversité, en quantité et en qualité, démarrent finalement les travaux de construction de Busanga avec sa puissance d’installation de 240 MW. 

Fiche technique et réalisations connexes

En 2021, les travaux s’achèvent sur un coût élevé à USD 656 millions, projet totalement financé par la partie chinoise, la fiche technique étant présentée dans le document cité ci-haut. Retenons au moins que la concession d’exploitation du projet est de 30 ans et que plusieurs ouvrages auxiliaires sont apprêtés : route d’accès, ligne électrique de construction combinée, route coté rive gauche et rive droite, usine de production de sables. 

«Depuis 2018, avec la mise en œuvre complète des quatre principaux projets de barrages, l’usine, tunnels de dérivation et installations d’équipements mécaniques et électriques, la construction du projet a progressé à pas de géant. Dans le but de construire une centrale électrique de classe mondiale offrant ‘ une sécurité, une qualité et une efficacité élevées’, le projet vise à obtenir le Prix Luban, la plus haute distinction du secteur de la construction en Chine, ainsi que des prix de renommée internationale», souligne le document.

Une fierté pour le quinquennat du président Tshisekedi

Fait essentiel à retenir : le projet étant achevé et dès sa mise en production, la garantie de voir le barrage fournir de l’électricité Sicomines à toutes les provinces et villes environnantes. «Il  deviendra le moteur du développement durable de l’économie régionale», signale le document. 

 Il est indiqué pour l’heure de rappeler que le 18 décembre 2021, lors de la cérémonie de clôture de la 5ème conférence nationale sur l’énergie organisée par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à Lubumbashi, la Sicohydro a été primée  » Société de développement exceptionnelle 2021″ pour la construction de la Centrale moderne hydroélectrique Busanga. 

 Busanga demeure un premier grand projet depuis 65 ans dans l’histoire du Katanga.   Le Président Félix Tshisekedi y attache une importance méritée parce qu’en prévision de son inauguration, il y a détaché un de ses conseillers pour suivre de près l’évolution des préparatifs. Busanga, c’est tout à fait normal, est le premier mégaprojet hydroélectrique à entrer en production sous son mandat.                                 Rocco NKANGA

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